Sorti il y a déjà 15 ans, avec le succès que l’on sait, C.R.A.Z.Y. est toujours absent des plateformes de visionnement en ligne. La seule façon qu’ont aujourd’hui les cinéphiles pour revoir ce film tant aimé est de ressortir leur lecteur DVD et d’aller chercher l’exemplaire qu’ils ont acheté dans les années 2000, désormais introuvable chez les détaillants.

Marc-André Lussier Marc-André Lussier
La Presse

Le film de Jean-Marc Vallée, rappelons-le, a obtenu 15 trophées Jutra, un record absolu. Il a connu un très beau succès international et a fait de Marc-André Grondin une vedette de cinéma. Qu’un film aussi important dans la cinématographique québécoise soit complètement absent des plateformes de visionnement en ligne est un peu surprenant. Mais tout le monde y travaille. Le producteur Pierre Even indique qu’en principe, C.R.A.Z.Y. devrait être relancé sur les plateformes dans quelques mois.

« Nous y travaillons depuis longtemps, a-t-il expliqué cette semaine à La Presse. Le processus est toutefois long et difficile, car il faut renégocier les droits musicaux à la pièce avec chaque ayant droit. Qui ne sont pas toujours les mêmes qu’il y a 15 ans. La bonne nouvelle, c’est que nous en sommes maintenant à la dernière phase de ce processus. Autant Jean-Marc [Vallée] que moi, on souhaite vraiment rendre le film de nouveau disponible au public. »

L’un des grands plaisirs de C.R.A.Z.Y. réside justement dans la trame musicale, très riche, composée de plusieurs standards d’ici et d’ailleurs. De Crazy, de Patsy Cline, à Emmenez-moi, de Charles Aznavour, en passant par des pièces de Pink Floyd, The Rolling Stones, David Bowie, Robert Charlebois, Jefferson Airplane, The Cure et quelques autres, jamais n’avions-nous entendu jusqu’alors une telle collection dans un film québécois. À l’époque, la somme consacrée aux droits musicaux – 600 000 $ – a d’ailleurs grugé une bonne partie du budget total du film (6,5 millions). On raconte que Jean-Marc Vallée, dont la passion pour la musique est bien connue, avait investi lui-même une partie de son cachet afin de pouvoir utiliser les pièces qu’il avait choisies.

On peut maintenant imaginer le casse-tête que constitue la renégociation de tous ces droits.

« C’est un travail colossal, mais nous y arriverons !  », promet Pierre Even.