Ce film d’animation franco-italien adapté d’un conte de Dino Buzzati – écrit en 1945 – ne s’est pas fait remarquer à Cannes (dans la section Un certain regard) pour rien.

Jean Siag Jean Siag
La Presse

D’abord, le scénario, original, destiné à un jeune public, est fort bien écrit, faisant référence de manière indirecte à la guerre et à la dictature. Une fable dans laquelle le monde des ours, pacifique, se heurte violemment à celui des hommes, tyrannique.

Le roi des ours, Léonce, décide en effet de mener sa tribu en Sicile, sur des terres habitées par les hommes, afin de retrouver son fils Tonio, capturé par des chasseurs.

Mais les ours, qui arrivent « en amis », se feront aussitôt attaquer par l’armée d’un Grand-Duc tyrannique, conseillé par un magicien (qui finira par retourner sa veste). La résistance des ours s’organise donc, mais toujours avec cette main tendue – dénigrée par le Grand-Duc.

Tout ceci est raconté par un troubadour et sa fille pour amadouer un ours rencontré malencontreusement dans une caverne.

IMAGE FOURNIE PAR MAISON 4:3

Affiche du film La fameuse invasion des ours en Sicile

L’histoire ne s’arrête pas là, car le règne despotique du Grand-Duc ne durera pas. Et bientôt, Léonce gouvernera cette société mixte où ours et hommes cohabiteront pacifiquement… Jusqu’à ce que la baguette du magicien soit volée par un « traître », qui voudra le renverser.

Plusieurs thèmes sont abordés dans ce conte familial brillant, qui ne se gêne pas pour basculer dans le fantastique. Quant aux ours, qui représentent-ils au juste ? Des autochtones ? Des communistes ? Des migrants ? Des minorités ? La multitude d’interprétations est l’une des grandes forces de ce conte, qui se boit comme du petit-lait.

Animation, La fameuse invasion des ours en Sicile, de Lorenzo Mattoti, avec les voix de Leila Bekhti, Thomas Bidegain, Jean-Claude Carrière, Thierry Haancisse, 1h22.

★★★½

> Consultez l'horaire du film