(Séoul) La joie, la fierté et une once d’incrédulité dominaient lundi en Corée du Sud après le triomphe aux Oscars du film sud-coréen Parasite, un cinéphile préconisant même de décréter un jour férié pour fêter cette moisson historique.

Agence France-Presse

Premier long métrage en langue étrangère à obtenir le prix du « meilleur film », récompense phare d’Hollywood, Parasite a aussi raflé la statuette du meilleur scénario original, tandis que Bong Joon-ho a été sacré « meilleur réalisateur ».

Même le président Moon Jae-in s’est réjoui de ce triomphe en forme de reconnaissance internationale pour le cinéma sud-coréen.

« Je fais part de ma gratitude (à M. Bong) en raison de cette fierté qui rejaillit sur la population (coréenne) », a déclaré M. Moon.

« Je suis très fier du réalisateur Bong Joon-ho et des acteurs, ainsi que de toute l’équipe. »

Parasite a ainsi déjoué tous les pronostics, notamment de ceux qui pensaient que l’Académie des Oscars, vivement critiquée pour le manque de diversité dans ses choix, jamais ne rendrait grâce à un film asiatique sous-titré en anglais.

« Je suis en pleurs », écrivait un cinéphile sur Twitter. « Je suis tellement fier de Bong Joon-ho. C’est extraordinaire d’entendre un discours de remerciement en coréen. »

« Ne devrait-on pas déclarer cette journée fériée », blaguait un autre.

« Wow ! Félicitations au réalisateur Bong, à l’équipe de #Parasite et au cinéma de la République de Corée », a tweeté de son côté l’ambassadeur des États-Unis à Séoul, Harry Harris, en joignant à son message une photo de jjapaguri, un plat de nouille instantanée qui apparait dans le film.

Darcy Paquet, critique de cinéma basé à Séoul qui a écrit les sous-titres en anglais de Parasite, a parlé d’un moment « irréel ».

« J’espère que tous les réalisateurs coréens partageront ce moment et seront fiers, parce que c’est le travail acharné et le professionnalisme de l’industrie du cinéma tout entière qui a permis que soit tourné un film comme Parasite. »

La réalisatrice Kim So-young, qui avait présenté le film Barking Dogs de M. Bong aux organisateurs du Festival du film de Saint Sébastien en 2000, a estimé que cette victoire était « amplement méritée ».

« Je suis son travail depuis 20 ans et je peux affirmer qu’il est un vrai artiste », a-t-elle dit à l’AFP.

« Je suis très heureuse en tant que réalisatrice sud-coréenne, car Bong a toujours été un collègue respecté qui n’a jamais cessé d’avoir une conscience sociale et d’être un citoyen engagé, même en dehors de l’industrie du cinéma. »