(New York) Une soixantaine de femmes ont manifesté vendredi devant le tribunal de Manhattan où est jugé le producteur de cinéma Harvey Weinstein, dansant et chantant « Le violeur, c’est toi », la chorégraphie chilienne devenue hymne international contre les violences faites aux femmes.

Agence France-Presse

Depuis l’intérieur du tribunal, où a commencé mardi la sélection des jurés pour le procès du producteur accusé de multiples agressions sexuelles, on pouvait entendre les femmes chanter, selon plusieurs journalistes présents.

Devant les marches du tribunal, les manifestantes de tous âges, vêtues de noir avec foulards ou bonnets rouges, ont exécuté leur chorégraphie, en chantant d’abord en espagnol puis en anglais-des images vite reprises sur les réseaux sociaux.

« Et le coupable ce n’est pas moi, ni mes fringues, ni l’endroit… le violeur, c’est toi ! », ont-elles chanté, doigt accusateur tendu vers l’avant. « Ce sont les policiers, les juges, l’État, le président. L’État oppresseur est un macho violeur », ont-elles poursuivi, poings croisés au-dessus de la tête.

PHOTO CARLO ALLEGRI, REUTERS

« J’espère qu’il (Harvey Weinstein) écoute, et que justice sera faite pour les femmes victimes de sa conduite terrible », a déclaré au New York Daily News une des manifestantes, Sandy Nurse.

Cette chorégraphie a été créée par le collectif « LasTesis » et montrée pour la première fois le 20 novembre à Valparaiso, à 120 kilomètres de Santiago, la capitale chilienne. Elle s’inscrivait initialement dans le cadre d’un spectacle féministe plus large.  

Après l’éruption de protestations sociales au Chili et des informations faisant état d’agressions sexuelles perpétrées par des policiers contre les femmes, l’hymne est devenu viral, et la danse a été reprise à Paris, Londres, Bogota, Mexico ou encore Tunis.

Depuis octobre 2017, Harvey Weinstein, ancien tout-puissant producteur d’Hollywood, a été accusé de harcèlement ou d’agressions sexuelles par plus de 80 femmes.

Mais il ne sera jugé à New York que pour deux cas, un viol et une agression sexuelles, illustrant la difficulté à construire un dossier pénal sans preuve matérielle et sans témoin, autour d’allégations qui remontent souvent à plusieurs années.  

Il risque la perpétuité en cas de condamnation.