(New York) Les femmes ont réalisé en 2019 plus de films hollywoodiens que jamais — pensons à Queen & SlimHustlersThe Farewell ou Little Women. Sans compter Frozen II.

Jake Coyle
Associated Press

Grâce notamment à Melina Matsoukas, Lorene Scafaria, Lulu Wang et Greta Gerwig, les femmes ont réalisé 12 des 100 films qui ont le plus rapporté aux guichets en 2019, selon une étude publiée jeudi par l’organisme « USC Annenberg Inclusion Initiative ». Ce taux est supérieur à ce que les chercheurs enregistraient auparavant, ce qui suggère qu’un vent de changement commence à toucher cette industrie où les inégalités derrière la caméra persistent toujours — et depuis des lustres.

AP

De gauche à droite: Lulu Wang (The Farewell), Greta Gerwig, (Little Women) Lorene Scafaria (Hustlers) and Melina Matsoukas (Queen & Slim)

Il s’agit en fait de l’augmentation la plus significative depuis plusieurs décennies pour les femmes : le sommet précédent était de 8 %, atteint en 2008. Mais dix ans plus tard, seulement 4,5 % des 100 plus gros films hollywoodiens avaient été réalisés par des femmes.

« C’est la première fois en 13 ans que nous constatons un changement dans les pratiques d’embauche des réalisatrices », a déclaré la professeure de communications Stacy L. Smith, coautrice de l’étude. « Une des raisons notables de ce bond en 2019 : Universal Pictures avait cinq films réalisés par des femmes dans la liste des 100 gros films (hollywoodiens). Pourtant, il reste encore beaucoup de progrès à faire pour atteindre la parité derrière la caméra. »

Le succès retentissant de plusieurs films avait déjà fait de 2019 un événement historique pour les femmes. On pense notamment aux films The Farewell de Lulu Wang, l’une des sorties indépendantes les plus populaires de l’année, mais aussi Hustlers, de Lorene Scafaria, Queen & Slim de Melina Matsoukas et Little Women de Greta Gerwig, sorti en force la semaine dernière, qui a fait 29 millions en cinq jours. Mentionnons aussi Harriet de Kasi Lemmons, Little de Tina Gordon et Abominable de Jill Culton.

Par ailleurs, le deuxième volet de Frozen, avec 1,2 milliard de recettes dans le monde, est sur le point d’établir un nouveau record pour un film réalisé par une femme. Jennifer Lee, qui a coréalisé le film, avait déjà établi le record avec le premier volet. En 2018, elle est devenue directrice de la création aux studios d’animation de Disney.

Les chercheurs de l’USC ont salué les efforts particuliers des studios Universal, qui ont mis à l’affiche 26 % de films réalisés par des femmes. Universal est le seul grand studio qui soit dirigé par une femme — Donna Langley. À contrario, Paramount Pictures n’a sorti aucun film réalisé par une femme au cours des cinq dernières années. Netflix s’est également bien comporté, avec 20 % de ses films réalisés par des femmes en 2019.

Malgré un certain gain, les réalisatrices ont été largement boudées au cours de cette saison de récompenses. Ainsi, aucune femme n’est finaliste dans la catégorie « réalisation » aux Golden Globes, remis dimanche. Aucun des 10 finalistes pour le meilleur film n’a d’ailleurs été réalisé par une femme.

D’autre part, quatre femmes issues des minorités visibles ont réalisé l’un des 100 films de la liste en 2019, bien que ces statistiques globales des « réalisateurs sous-représentés » aient baissé. Ce taux était de 16,8 % en 2019, comparativement à 21,4 % l’année précédente — un record.