Une trentaine de longs métrages québécois prendront l’affiche sur grand écran au cours des prochains mois. Quelques films très attendus, parmi lesquels Souterrain, de Sophie Dupuis, seront offerts cet automne, mais il faudra quand même attendre l’hiver et le printemps pour voir enfin certains gros canons dont les sorties étaient prévues plus tôt cette année.

Marc-André Lussier Marc-André Lussier
La Presse

À l’initiative d’Aime ton cinéma, un programme mis en place par le Regroupement des distributeurs indépendants de films du Québec, on a fait le point jeudi sur les prochaines sorties de films québécois, dans un contexte de relance.

Parmi les productions attendues de l’automne figure bien entendu Nadia, Butterfly. Le deuxième long métrage de Pascal Plante (Les faux tatouages), dont la sortie est prévue le 18 septembre, fait partie de sélection officielle du Festival de Cannes. Une semaine plus tard, La déesse des mouches à feu, d’Anaïs Barbeau-Lavalette, sera lancé au Québec, plusieurs mois après avoir été présenté au festival de Berlin, tout juste avant la pandémie. Souterrain, le deuxième long métrage de Sophie Dupuis, fait aussi partie des morceaux de choix de l’automne. Le nouveau film de la réalisatrice de Chien de garde, à l’affiche le 9 octobre, aura en outre l’honneur d’ouvrir le Festival du nouveau cinéma de Montréal. La bande-annonce vient tout juste d’être lancée.

« Dans cette bande-annonce, on voulait surtout montrer l’énergie du film, plutôt que de donner des indices quant au récit, indique Sophie Dupuis. Le dernier tiers devient vraiment un film d’action, qui, je l’espère, tiendra le spectateur sur le bout de son siège. » L’intrigue se déroulant dans un cadre minier, une présentation spéciale sera organisée en Abitibi afin d’honorer les participants du film.

Des dates de sortie annoncées

My Salinger Year, de Philippe Falardeau, sortira le 23 octobre après avoir clôturé le Festival du nouveau cinéma. Rappelons que ce film, dont les têtes d’affiche sont Margaret Qualley et Sigourney Weaver, a ouvert au mois de février le 70e Festival de Berlin, l’un des quatre grands festivals de cinéma du monde. Enfin, le 11 décembre, Sébastien Pilote (La disparition des lucioles) offrira sa vision de Maria Chapdelaine, dont le tournage vient tout juste de prendre fin.

PHOTO ALAIN ROBERGE, ARCHIVES LA PRESSE

Les comédiens Robert Naylor, Émile Schneider, Sarah Montpetit et Antoine-Olivier Pilon seront de la distribution du film Maria Chapdelaine de Sébastien Pilote.

L’évènement de jeudi nous a aussi appris les dates de sortie de quelques autres films de fiction québécois : La contemplation du mystère, film d’Albéric Aurtenèche avec Emmanuel Schwartz (16 octobre), Nulle trace, de Simon Lavoie (30 octobre), Les vieux chums, film de Claude Gagnon (Kenny, Karakara) avec Patrick Labbé et Paul Doucet (6 novembre), La face cachée du baklava, de Marianne Zéhil (27 novembre), et Le meilleur pays du monde, de Ky Nam Le Duc (novembre).

De gros canons pour plus tard

Dans le document remis aux journalistes jeudi, on aura tôt fait de remarquer que trois titres phares des Films Opale, qui auraient dû sortir il y a des mois, ne prendront pas l’affiche en 2020. Le club Vinland, de Benoît Pilon, sortira en février, Tu te souviendras de moi, d’Éric Tessier, en mars, et Le guide de la famille parfaite, de Ricardo Trogi, au printemps.

Joint aux Îles-de-la-Madeleine, où il travaille à la préparation d’Au revoir le bonheur, film que tournera bientôt Ken Scott, Christian Larouche, directeur des Films Opale, a cependant précisé que rien n’est encore coulé dans le béton.

C’est ça en ce moment, mais il n’est pas dit que je ne changerai pas d’idée et que je ne sortirai pas l’un d’entre eux cet automne. Je regarde les chiffres de fréquentation et j’y vois quand même des signes encourageants. La seule chose qui me fait encore peur est l’arrivée d’une deuxième vague qu’on ne pourrait pas contrôler.

Christian Larouche, directeur des Films Opale

Le distributeur indique aussi tenir compte de la présence des autres. Si la période des Fêtes constituerait sans doute un bon moment pour mettre à l’affiche une comédie à vocation populaire comme Le guide de la famille parfaite, dont le scénario est écrit par Louis Morissette, François Avard et Jean-François Léger, l’idée de faire concurrence à Maria Chapdelaine, aussi appelé à connaître un grand succès, ne semble pas la meilleure aux yeux de Christian Larouche.

« La date de sortie de Maria Chapdelaine a été annoncée bien avant que nous prenions une décision à propos du Guide de la famille parfaite, fait-il remarquer. Et je n’irai certainement pas me battre contre un autre film québécois. C’est d’ailleurs ce que j’ai dit à Pierre [Even, producteur de Maria Chapdelaine]. Les temps sont déjà assez durs, il ne faudrait qu’on se mette à se faire concurrence entre nous en plus. Mais si, pour une raison ou une autre, son film ne prenait pas l’affiche à la date prévue, j’étudierais alors très sérieusement cette possibilité. »