Sur le site internet du Cinéma Beaubien, du Cinéma du Parc et du Cinéma du Musée, les onglets « Prochainement à l’affiche » ont soudainement été garnis cette semaine de titres et de dates de sortie : 26 juin dans le cas du Cinéma du Musée, 3 juillet dans le cas des deux autres. Alors, ça y est ? Les cinéphiles pourront bientôt reprendre le chemin des salles de cinéma ? Vraiment ?

Marc-André Lussier Marc-André Lussier
La Presse

Il n’y a pas lieu de se réjouir trop vite, prévient Mario Fortin, président-directeur général de ces trois établissements. Le gouvernement n’ayant pas encore donné son aval pour la réouverture des salles de cinéma, les propriétaires sont actuellement en mode préparatoire, afin d’être fin prêts le jour où ils auront enfin le feu vert pour reprendre leurs activités. Ainsi, les dates de sortie indiquées demeurent sous réserve.

« C’est une question d’ordre pratique, indique Mario Fortin. Pour entrer les films dans notre système, nous avons besoin d’inscrire une date de sortie, sinon ils n’existent pas. Nous ne les mettrons évidemment pas tous à l’affiche le 3 juillet, mais il fallait choisir une date fantôme pour repartir la machine. »

Nous sommes en mode de préparation intense parce que le jour où le gouvernement nous donnera le feu vert, le délai risque d’être assez court. Il faudra être prêts !

Mario Fortin, propriétaire de salles de cinéma

Et à quel genre d’expérience devra s’attendre le spectateur quand il se présentera au cinéma le jour où les portes seront de nouveau ouvertes ?

« À l’heure où l’on se parle, il faut mettre beaucoup de “si”, beaucoup de “peut-être”, et parler uniquement en utilisant le conditionnel, insiste Mario Fortin. Tout dépendra du maintien de la courbe et des normes, mais les mesures déposées par les associations de propriétaires de salles de cinéma sont celles qui s’appliquent actuellement à n’importe quel commerce de détail. Il s’agit du même modèle. »

« Quand il arrivera, poursuit-il, le spectateur se fera poser les questions d’usage [symptômes, voyage], il devra se laver les mains et respecter la distanciation de deux mètres, tant dans les files d’attente qu’à l’intérieur des salles. Comment ça se traduira dans la pratique ? Un siège sur deux, sur trois, sur quatre ? Ça dépendra des configurations des salles. Et si jamais la distanciation est réduite à un mètre d’ici la réouverture, ce sera un autre calcul. »

Le port du couvre-visage sera aussi suggéré, comme partout ailleurs.

Mario Fortin, propriétaire de salles de cinéma

Le directeur se dit prêt à répondre aux exigences les plus strictes. Les employés de ses cinémas porteront masque et visière et seront protégés par du plexiglas.

Une programmation de transition

La programmation sera par ailleurs constituée de titres déjà offerts sur les plateformes (Bacurau, Les siffleurs, C’est ça le paradis ?), de films dont la carrière a été interrompue il y a trois mois (14 jours, 12 nuits, Les nôtres, Docteur ?) et de quelques primeurs (Le jeune Ahmed, 100 kilos d’étoiles, Perdrix, Au nom de la Terre).

IMAGE FOURNIE PAR MAISON 4:3

Le jeune Ahmed, plus récent film de Luc et Jean-Pierre Dardenne, fait partie des œuvres qui seront présentées en primeur lors de la réouverture des salles de cinéma.

Rappelons que le 1er juin, Nathalie Roy, ministre de la Culture et des Communications du Québec, a évoqué l’espoir d’obtenir le feu vert de la Santé publique pour une réouverture des cinémas, des théâtres et des salles de spectacle avant la fête nationale, le 24 juin. Aucune annonce concrète en ce sens n’a toutefois été faite depuis.

IMAGE FOURNIE PAR LES FILMS SÉVILLE

14 nuits, 12 jours, de Jean-Philippe Duval, avec Anne Dorval, fait partie des films dont la carrière en salle, interrompue il y a trois mois, pourra se poursuivre dès la reprise des activités.