En parallèle aux œuvres africaines ou internationales, le festival Vues d’Afrique compte une section de films québécois et canadiens regroupés sous le nom de Regards d’ici. La Presse a visionné trois de ces œuvres offertes pendant 48 heures sur le site tv5unis.ca.

André Duchesne André Duchesne
La Presse

Pour ne plus mourir, de Simon Plante

Au Bénin, pays d’Afrique de l’Ouest, le deuil est une facette importante de la vie. Les habitants, peu importe leur croyance ou leur religion, font le pont entre les vivants et les morts. Comme dit l’un d’eux dans ce documentaire : « On a la mort dans notre poche et on bouge avec elle. » Après un départ un peu bancal, ce beau film nous fait découvrir, sans juger ou s’interposer, les témoignages riches de personnes endeuillées et résilientes et des éléments de la culture béninoise liés à la mort, notamment le vaudou. Ce qui nous a le plus touchés est la sincérité de la démarche. Peut-être que la raison de cette sincérité s’explique dans la dédicace du générique de sortie.

En ligne les 17 et 18 avril.

Myopia, de Sana Akroud

Avec peu de moyens, mais un sens juste du cinéma, la comédienne et cinéaste d’origine marocaine Sana Akroud, établie au Québec, raconte ici une histoire à vous arracher le cœur. Celle de Fatem (Akroud), une femme enceinte de six mois qui quitte son village haut perché dans les montagnes du Maroc dans le but de rapporter une nouvelle paire de lunettes à l’iman, seul habitant qui sait lire. Son périple vire au cauchemar kafkaïen lorsqu’elle arrive en ville. Ce film qui porte de belles qualités d’image et de lumière parle de pauvreté, de condition féminine et d’un bonheur si simple qu’on a peine à en saisir le sens de nos jours.

En ligne les 17 et 18 avril.

Qu’ils partent tous, de Sara Nacer

Le 22 février 2019, les rues d’Alger explosent. La population, complètement excédée de voir le président Abdelaziz Bouteflika tenter de se maintenir au pouvoir pour un cinquième mandat, descend dans la rue et manifeste vivement son mécontentement. Au cœur de ce qu’on a appelé « Hirak », un jeune homme, Soufiane, interrompt le reportage d’une journaliste en criant : « Qu’ils partent tous. On remplace un pion avec un autre pion. » Interpellée par cet épisode dans l’histoire du pays, la documentariste Sara Nacer est allée interviewer les jeunes représentants de ce peuple en ébullition. Un travail de terrain classique dans sa forme, mais qui donne un sens aigu au ras le bol d’un peuple en quête de justice.

En ligne les 23 et 24 avril.

Les films peuvent être visionnés sur le site de TV5 Unis