Des opéras et même des pièces de théâtre sont présentés régulièrement dans les cinémas depuis longtemps. Les amateurs de rock et de musique pop ne sont pas en reste. Plusieurs fois par année, Cineplex propose de voir ou de revoir des films musicaux marquants ou de revivre des concerts événementiels sur grand écran.

Alexandre Vigneault Alexandre Vigneault
La Presse

Juste cette semaine, il y en aura deux au Quartier latin : INXS au Wembley Stadium (mardi, 19 h 15) et un documentaire sur le groupe virtuel Gorillaz intitulé Reject False Icons (mercredi à 16 h 30 et à 19 h).

PHOTO DENHOLM HEWLETT, FOURNIE PAR LA PRODUCTION

Extrait du film Reject False Icons

Moins connues et moins structurées que les séries consacrées à l’opéra, les projections de films portant sur la musique populaire existent néanmoins depuis plusieurs années. En octobre dernier, Cineplex a projeté Us & Them, qui relate la tournée du même nom de Roger Waters. En janvier, c’est un concert de Lomepal capté à l’AccorHotels Arena de Paris (anciennement Palais omnisports de Paris-Bercy) qui sera présenté.

Brad LaDouceur, vice-président du volet Event Cinema chez Cineplex, explique que sa division doit rester à l’affût pour saisir les occasions. « INXS, on en a entendu parler seulement trois semaines avant la mise en vente des billets, explique-t-il. Parfois, ça se fait en très peu de temps. »

INXS : Live Baby Live, capté au stade Wembley de Londres en 1991, montre Michael Hutchence et INXS au faîte de leur popularité, dans la foulée des albums Kick et X, sur lesquels on retrouve Suicide Blonde, New Sensation et Need You Tonight. Reject False Icons propose quant à lui une immersion dans l’univers de Gorillaz, du studio d’enregistrement aux grandes scènes du monde.

PHOTO FOURNIE PAR LA PRODUCTION

Extrait du concert vidéo INXS : Live Baby Live

La présentation d’un film musical ou d’un concert sur grand écran s’inscrit parfois dans une stratégie plus globale accompagnant la réédition d’un disque ou d’un DVD. « On a parfois l’occasion de présenter des concerts qui sont devenus des classiques, précise toutefois Brad LaDouceur. L’un de nos événements signature est le concert Stop Making Sense de Talking Heads, qu’on programme tous les trois ou quatre ans. »

Stop Making Sense, capté en 1984 par Jonathan Demme (Silence of the Lambs, Philadelphia, etc.), reviendra cet automne. Tout comme Rattle & Hum, documentaire montrant la folie U2 à l’époque de The Joshua Tree et le pèlerinage américain du groupe irlandais. « Les concerts tournés sur pellicule, en particulier, qui datent d’avant l’ère numérique, sont ceux qui sortent du lot, selon Brad LaDouceur. Comme celui d’INXS, qui était absolument fabuleux. »

On a vu dans le passé des concerts rock retransmis en direct au cinéma : Radiohead, en juin 2003, et David Bowie, quelques mois plus tard. Il s’agissait, dans les deux cas, de prestations qui marquaient la sortie d’un disque (Hail to the Thief pour Radiohead et Reality pour Bowie). Dans le cas du groupe de Thom Yorke, ç’avait été époustouflant. Moins dans le cas du Thin White Duke, où les nombreux plans tournés depuis la foule, sans doute censés créer un effet de proximité, agaçaient.

On a pu croire pendant un moment que ce genre d’événement, qui donne le sentiment de partager un moment unique, deviendrait plus courant. Ce ne fut pas le cas. « Il demeure rare qu’un concert [au cinéma] soit live. Les artistes sont trop perfectionnistes, croit Brad LaDouceur. Ils s’assurent que si quelque chose se rend au cinéma, ce sera spectaculaire. »

En plus de Lomepal, ces prochains mois, Cineplex présentera le documentaire parodique Popstar : Never Stop Never Stopping, Porgy and Bess (d’Ira et George Gershwin), It Might Get Loud  (documentaire sur la guitare rock avec The Edge, Jimmy Page et Jack White) et le documentaire sur la courte et tragique carrière d’Amy Winehouse. L’automne prochain, on pourra revoir Help des Beatles, Rattle & Hum de U2 et Stop Making Sense de Talking Heads.