(LOS ANGELES) Le premier ministre François Legault s’attend à conclure des ententes avec des grandes maisons de production d’Hollywood qui se traduiront par des investissements supplémentaires de centaines de millions de dollars au Québec dès l’an prochain.

Tommy Chouinard Tommy Chouinard
La Presse

Après une série de rencontres avec des gros noms de l’industrie, il a signalé que les retombées de sa mission seront importantes. Certes, aucun contrat n’a été signé lundi, mais il y en aura en 2020, selon M. Legault. « Des centaines de millions » de dollars s’ajouteront en dépenses de tournage au Québec l’an prochain, a-t-il déclaré au quartier général de Disney Studios.

En 2018, le Québec a obtenu 378 millions de dollars en dépenses de tournages étrangers, surtout américains. Mais on a déjà atteint 399  millions, en 2002-2003. La Presse rapportait en août que l’on s’attend à des dépenses de 340 millions pour cette année. Le Bureau du cinéma et de la télévision du Québec s’est donné comme objectif d’obtenir entre 600 et 700 millions d’ici trois à cinq ans.

M. Legault a eu des entretiens avec des hauts dirigeants de Netflix, Sony Pictures, Disney et NBC-Universal. Il se présentait chaque fois avec le même petit préambule : « Je vais vous faire une offre que vous ne pourrez refuser », un clin d’œil à une célèbre réplique du Parrain.

« Je suis confiant qu’on va être capable de convaincre certains d’entre eux de signer des ententes sur trois ou cinq ans pour faire plus de productions au Québec et aussi accepter plus de productions du Québec dans ceux qui font des diffusions » en continu, a-t-il affirmé après ces rencontres.

Selon lui, ces producteurs d’Hollywood « sont très très très intéressés » par sa proposition d’entente de financement. Le premier ministre souhaite leur donner des avantages financiers supplémentaires en échange d’un engagement à produire des films ou des séries télévisées au Québec sur une période de trois à cinq ans.

PHOTO PASCAL RATTHE, ARCHIVES LE SOLEIL

Le premier ministre, François Legault

« Je leur ai dit : "écoutez, en fonction des retombées, des vraies retombées, des vrais revenus additionnels qu’on a, on est prêts à vous en retourner une partie" », a-t-il relaté. Un prêt accordé par Investissement Québec à une maison de production pourrait ainsi être converti partiellement en subvention si la création d’emplois promise est au rendez-vous durant la période de trois à cinq ans, par exemple.

François Legault estime que sa proposition constitue une première. La plupart des juridictions offrent une aide essentiellement sous forme de crédits d’impôt – il en existe déjà au Québec pouvant atteindre jusqu’à 26 %.

Les maisons de production ont formulé des demandes diverses au premier ministre. « Il y en a qui veulent qu’on rembourse une partie de la formation des employés. Dans d’autres cas, ils voudraient qu’on améliore certains studios et qu’on en paie une partie. Dans d’autres cas, c’est directement des incitatifs en fonction des salaires. » Certains veulent que le gouvernement retourne une partie de la retenue qu’applique Ottawa sur le salaire « des gros acteurs qui sont payés 20 millions par film ». De cette façon, selon eux, « on amène des artistes qui sont mieux payés dans des gros films », a relaté M. Legault.