(Marrakech) L’actrice écossaise Tilda Swinton a rendu un hommage vibrant à la magie du cinéma, «enchantement» qui permet de «partager les rêves les plus fous», vendredi soir, à l’ouverture du festival international de Marrakech dont elle préside le jury.

Agence France-Presse

Le cinéma «suspend le temps et l’espace, célèbre nos différences et reconnait nos points communs», a-t-elle lancé avec enthousiasme lors de la cérémonie d’ouverture.

Pour cette 18e édition, les femmes sont particulièrement à l’honneur, avec plusieurs réalisatrices et une programmation de films engagés comme Noura rêve (2019), évoquant les injustices du système patriarcal en Tunisie.

Le jury présidé par Tilda Swinton comprend notamment la réalisatrice française Rebecca Zlotowski, qui milite activement pour la parité dans le monde du cinéma et de l’audiovisuel. Avec elle, siègent la réalisatrice britannique Andrea Arnold, l’actrice franco-italienne Chiara Mastroianni, l’acteur suédois Mikael Persbrandt ainsi que les cinéastes australien David Michôd, afghan Atiq Rahimi, brésilien Kleber Mendonça Filho et marocain Ali Essafi.

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De gauche à droite : Ali Essafi, Chiara Mastroianni, Rebecca Zlotowski, Mikael Persbrandt, Atiq Rahimi, Andrea Arnold, Tilda Swinton, David Michod et Kleber Mendonca Filho.

Ce jury très mixte doit départager les 14 longs métrages en compétition pour le grand prix de l’Étoile d’or qui sera décerné le 7 décembre.

L’année dernière, la réalisatrice autrichienne Sudabeh Mortezai avait été couronnée pour Joy, un film retraçant l’histoire d’une jeune nigériane victime de trafic sexuel à Vienne.

Les cérémonies d’hommage de l’édition 2019 distinguent dans la parité quatre célébrités de quatre continents, l’Américain Robert Redford, le Français Bertrand Tavernier, l’Indienne Priyanka Chopra et la Marocaine Mouna Fettou. 

Une grande place est donnée aux échanges avec le public, avec des «conversations» quotidiennes avec les artistes de renom, à commencer par la Française Marion Cotillard ou la Tunisienne Hend Sabry, étoile consacrée dans le monde arabe.

Présente à l’ouverture vendredi soir, Naomi Watts a salué le «souffle extraordinaire» du cinéma australien, auquel le festival rend hommage spécial cette année.  

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Naomi Watts

L’actrice britannique qui a grandi en Australie a récemment interprété la journaliste américaine Gretchen Carlson, à l’avant garde du mouvement #metoo avec son combat contre l’ancien patron de Fox News, Roger Ailes.

Le programme comprend des films grand public anciens comme le Mad Max de George Miller (1979), ou plus récents comme The Irishman de Martin Scorsese, avec Robert De Niro - duo légendaire qui avait tenu l’affiche lors de l’édition 2018 du festival.  

The Irishman est produit et diffusé par la plateforme Netflix qui soutient les ateliers de l’Atlas, des rencontres professionnelles destinées à développer et promouvoir les films d’Afrique et du Moyen-Orient. 

Plusieurs films seront diffusés gratuitement sur écran géant sur la grande place touristique Jemaa El Fna, cœur battant de la ville, pendant le festival.