Qui suis-je ? C’est un peu la question que se pose Eva, jeune vingtaine, à la fois mannequin, travailleuse du sexe, féministe, anarchiste et ex-toxico très active sur les réseaux sociaux, tout au long de Searching Eva, de Pia Hellenthal.

Silvia Galipeau Silvia Galipeau
La Presse

Présenté ces jours-ci dans le cadre des Rencontres internationales du documentaire de Montréal (RIDM), ce film qui nous vient d’Allemagne s’apparente davantage au portrait qu’au documentaire, soyez-en avertis. 

Si la prémisse n’est pas inintéressante (qui sommes-nous en effet, à l’heure de la fluidité des genres, des identités, entre virtuel et réalité ?), le scénario s’étire en longueur malgré quelques commentaires, ici et là, qui portent certes à réflexion. « J’ai consacré ma vie à montrer à la planète entière qu’on peut faire semblant d’être qui on veut », écrit-elle à un fan sur Instagram, Twitter ou autre, bref, là où sa vie se joue, surtout. 

C’est ainsi qu’on la voit beaucoup se prendre en photo, notamment nue, sous une montagne de billets, après avoir passé un client, par exemple. « Ça ne te dérange pas d’exposer toute ta vie en ligne ? », lui demande-t-on. « Non. » On comprendra qu’elle essaye d’effacer son passé (une enfance trouble, notamment) à travers un présent qu’elle s’invente virtuellement. 

Tiens : Eva n’est même pas son vrai nom. « Pourquoi est-ce que quelqu’un d’autre devrait avoir le droit de choisir le prénom que je vais porter toute ma vie ? » La question se pose. Ou pas.

À la Cinémathèque québécoise (salle Fernand-Seguin), mercredi à 20 h 30, et au Cinéma du Parc (salle 2), dimanche à 18 h 15, avec sous-titres en anglais

Consultez le site des RIDM : https://ridm.ca/fr/films/searching-eva