(Los Angeles) Angelina Jolie a repris avec grand plaisir le rôle le plus populaire de sa carrière. Entourée de Michelle Pfeiffer et d’Elle Fanning, l’actrice a donné à son personnage de « vilaine » une dimension qui rappelle à ses yeux l’importance de la diversité et du vivre-ensemble.

Marc-André Lussier Marc-André Lussier
La Presse

Quand le projet d’ajouter un nouveau volet à Maleficent a été évoqué, personne n’en fut surpris. Non seulement le film, construit autour du personnage de la sorcière maléfique de La belle au bois dormant, a obtenu un très grand succès lors de sa sortie il y a cinq ans, mais il a aussi entraîné à sa suite toute cette série d’adaptations en prises de vues réelles de grands classiques d’animation du studio Disney. Maleficent : The Mistress of Evil, est d’ailleurs la quatrième du genre à sortir cette année (après Dumbo, Aladdin et The Lion King).

Encore fallait-il attendre quelques années dans ce cas-ci, histoire de laisser la fille de la sorcière du Mal, la princesse Aurora (Elle Fanning), grandir un peu. L’entrée dans l’âge adulte de cette dernière amène évidemment d’autres enjeux, lesquels, dans ce cas-ci, se transportent même dans le champ politique et social. L’amour qu’Aurora éprouve pour le prince Phillip (Harris Dickinson), fils de la reine Ingrith (Michelle Pfeiffer), force les deux royaumes voisins – et rivaux – à « entrer en relation », en quelque sorte. Pour le meilleur ou pour le pire ?

Des femmes fortes

Au cœur de l’intrigue, trois femmes. Michelle Pfeiffer, qui fait ici son entrée dans l’univers de Maleficent, et Angelina Jolie étaient ravies à l’idée d’en découdre. Si les deux vedettes ont les rôles les plus spectaculaires, elles estiment néanmoins que le personnage qui tire le mieux son épingle du jeu dans cette histoire reste la jeune princesse. Qui sait tenir tête à celles qui l’entourent.

Ce que j’aime de Maleficent et d’Aurora, c’est qu’elles restent fidèles à leur nature profonde tout en acceptant leurs différences, a déclaré Angelina Jolie au cours d’une conférence de presse tenue récemment à Los Angeles. La vie est courte. Peu importe ce que les gens pensent ou disent, il faut rester soi-même.

Angelina Jolie

Réalisé par Joachim Rønning, un cinéaste norvégien qui a fait sa marque grâce à Kon-Tiki (finaliste aux Oscars en 2013 dans la catégorie du meilleur film en langue étrangère) avant d’être recruté par Hollywood (Pirates of the Caribbean : Dead Men Tell No Tales), Maleficent : The Mistress of Evil est avant tout une immense fantaisie disnéenne, mais Angelina Jolie estime que des thèmes importants, très contemporains, y sont abordés.

« Même si rien n’est trop appuyé, il y a quand même dans cette histoire une belle métaphore à propos de ce qu’est la notion de famille, observe Angelina Jolie. Des personnes différentes peuvent très bien en former une. Et le fait que Maleficent ne pourrait pas vraiment être considérée comme la mère d’Aurora parce qu’elle ne lui ressemble pas, d’évidence, ça m’interpelle. À un moment de leur vie, elles ressentent le besoin de s’éloigner l’une de l’autre pour se définir, mais se rendent bien compte que cela n’est pas dans l’ordre des choses. On a souvent tendance à se concentrer sur ce qui nous différencie plutôt que sur ce qui nous rassemble. Or, la diversité nous rend tellement plus forts. Il vaut mieux progresser ensemble et dire : voici le monde dans lequel on veut vivre. »

PHOTO MARIO ANZUONI, REUTERS

Angelina Jolie lors de la première de Maleficent: The Mistress of Evil

Des similitudes

L’actrice, qui n’avait pas été vue sur un écran de cinéma depuis By the Sea, un film dont elle signait aussi la réalisation, fut pratiquement la seule surprise quand le rôle de Maleficent lui a été offert.

« Ça fait bizarre de constater à quel point la perception qu’on a de soi-même ne correspond pas du tout à celle que les autres peuvent avoir, fait-elle remarquer. Je me souviens qu’on m’avait dit à l’époque que j’étais la seule qui pouvait jouer Maleficent, que ça relevait vraiment de l’évidence. Ah bon ? Je n’ai pas trop su comment interpréter ça ! Cela dit, j’adore ce personnage. Et maintenant, alors que j’ai l’impression d’être au meilleur de ma forme, je m’amuse et je suis fière de le jouer. »

Elle ne cache pas non plus sa joie d’avoir eu à donner la réplique à Michelle Pfeiffer, une actrice qui, à ses yeux, a incarné la meilleure « vilaine » de l’histoire du cinéma en se glissant dans le costume de Catwoman, version Batman Returns (Tim Burton, 1992).

Au cours de la conférence de presse, Angelina Jolie a aussi tracé des similitudes entre le récit du film et son propre parcours de mère, dans la mesure où le thème de la séparation – c’est-à-dire le moment où un parent doit laisser son enfant vivre sa propre vie – est évoqué. Son fils Maddox, l’aîné de ses six enfants, a en effet quitté le nid familial pour entreprendre des études à Séoul.

PHOTO VALERIE MACON, AGENCE FRANCE-PRESSE

Angelina Jolie et ses enfants Pax Thien Jolie-Pitt, Shiloh Nouvel Jolie-Pitt, Vivienne Marcheline Jolie-Pitt, Zahara Marley Jolie-Pitt, et Knox Leon Jolie-Pitt à la première de Maleficent : The Mistress of Evil

« Avant son départ, j’ai passé des jours à le préparer, à choisir ses vêtements. Là, tu crois que tu es vraiment en train de l’aider parce que le moment où il devra partir s’en vient et tu veux que ce passage soit le plus harmonieux possible. À l’aéroport, je voyais bien qu’il tenait à rester avec moi le plus longtemps possible – je me disais : “ oh, c’est mignon ! ” – et à un moment, il se tourne vers moi, me regarde et il me demande si je vais bien. C’est là que j’ai réalisé que tout ce que nous avions fait ensemble pendant la semaine, c’était en réalité pour me préparer, moi. Il avait bien compris ça. Il y a une scène dans le film où Maleficent doit laisser partir Aurora, mais elle fait quand même un geste pour la retenir. Ça ne figurait pas dans le scénario… »

Maleficent : The Mistress of Evil (Maléfique – Maîtresse du Mal en version française) prendra l’affiche le 17 octobre.

Les frais de voyage ont été payés par Disney Pictures.