Antigone, le troisième film de fiction de Sophie Deraspe (Les signes vitauxLes loups) a obtenu le prix du meilleur long métrage canadien au Festival international du film de Toronto.  

Marc-André Lussier Marc-André Lussier
La Presse

Dans une sélection particulièrement relevée, la réalisatrice du Profil Amina s’est distinguée en proposant une adaptation contemporaine de la tragédie de Sophocle à travers l’histoire d’une adolescente brillante qui verse du côté de la criminalité en aidant son frère à s’évader de prison. 

Antigone est notamment marqué par une performance puissante de Nahéma Ricci, l’une des «étoiles montantes» qu’a choisies le TIFF cette année.

PC

Nahéma Ricci

«En abordant les réalités de l’immigration au Canada à travers la forme d’une tragédie grecque, Sophie Deraspe crée un humanisme magnifique sur grand écran. Il est aussi impératif de signaler la performance de Nahéma Ricci, qui rappelle celle de Renée Falconetti dans La Passion de Jeanne d’Arc», a noté le jury, formé de Magali Simard, Devyani Saltzman et Alicia Elliott.

Plusieurs autres productions québécoises se démarquent aussi dans la liste des prix remis par le TIFF, lequel, rappelons-le, ne comporte pas de compétition officielle.

Ainsi, The Twentieth Century, premier long métrage de Matthew Rankin, a aussi été primé à titre de meilleur premier long métrage canadien. Cette comédie satirique, campée en 1899, relate les jeunes années du premier ministre canadien Mackenzie King dans une allégorie aussi délirante que jouissive. Dan Beirne, Sarianne Cormier, Catherine St-Laurent et Mikhaïl Ahooja font notamment partie de la distribution de ce film dont la première québécoise aura lieu au Festival du nouveau cinéma de Montréal.

Le Québec se distingue aussi du côté des courts métrages. Delphine, qui a été présenté au TIFF après un passage à la Mostra de Venise, a valu à la réalisatrice Chloé Robichaud le prix du meilleur court métrage canadien. Le jury, composé cette fois de Chelsea McMullan, Léo Soesanto et Andrea Roa, a aussi tenu à gratifier d’une mention honorable Physique de la tristesse, très beau court métrage d’animation réalisé par Theodore Ushev (Vaysha l’aveugle).  

Jojo Rabbit, film le plus populaire 

PHOTO MARIO ANZUONI, REUTERS

Le réalisateur Taika Waititi lors de la première mondiale de Jojo Rabbit au Festival de Toronto dimanche dernier.

Par ailleurs, Jojo Rabbit, de Taika Waititi, a obtenu le très convoité prix du public. Ce laurier revêt son importance car il place d’emblée cette comédie satirique, dans laquelle un jeune garçon faisant partie des jeunesses hitlériennes découvre que sa mère cache une jeune fille juive à la maison, en bonne position pour la prochaine saison des récompenses.  

Rappelons que ce prix de popularité constitue la plus importante récompense du TIFF. Depuis l’attribution de cet honneur à American Beauty, en 2000, le festival de Toronto sert en effet de rampe de lancement à la prochaine course aux Oscars.

S’il est vrai que le trophée est souvent remis à l’un des plus sérieux candidats de la course, le lien direct entre le People’s Choice Award du TIFF et l’Oscar du meilleur film s’est établi seulement quatre fois depuis 2000 : Slumdog Millionaire en 2008, The King’s Speech en 2010, 12 Years a Slave en 2013, et, pas plus tard que l’an dernier, Green Book

Marriage Story, de Noah Baumbach (un film Netflix) est arrivé au second rang, et Parasite, de Bong Joon-ho, lauréat de la Palme d’or du Festival de Cannes plus tôt cette année, figure à la troisième position.

Joker, de Todd Phillips, et A Beautiful Day in the Neighborhood, de Marielle Heller, considérés favoris par bien des festivaliers, ont été écartés.