(Venise) La réalisatrice saoudienne Haifaa Al-Mansour a ému la Mostra de Venise jeudi en versant des larmes à l’évocation des obstacles que rencontrent les femmes dans le monde, espérant un avenir meilleur pour sa fille.

Agence France-Presse

« Je pense que nous les femmes, nous rencontrons certainement partout dans le monde des résistances très similaires », a déclaré Haifaa Al-Mansour, la première femme à être devenue cinéaste dans son pays, au cours de la conférence de presse de son film The Perfect Candidate.

The Perfect Candidate, l’un des deux seuls films réalisés par des femmes en compétition à la Mostra cette année, marque le retour de la réalisatrice à Venise après y avoir présenté en 2012 son premier long métrage Wadjda dans la section parallèle Orizzonti.

Ce nouveau long métrage de la cinéaste décrit les barrières rencontrées par une jeune femme médecin en Arabie saoudite lorsqu’elle décide de se présenter aux élections municipales, confrontée à une société conservatrice dominée par les hommes.

Évoquant les difficultés que rencontrent les femmes pour s’imposer professionnellement dans le monde, au-delà de l’Arabie saoudite, la cinéaste de 45 ans, qui a également travaillé aux États-Unis, a affirmé qu’elles devaient « vraiment se battre pour être à des postes de responsabilité », tandis que les hommes « n’avaient pas à mener ce combat ».

« Nous devons nous unir en tant que femmes, et vraiment nous soutenir, croire les unes dans les autres, croire en nos succès », a-t-elle poursuivi.

Elle a estimé que « cultiver cette sororité était au cœur d’un nouveau mouvement féministe, grâce auquel nous pourrons responsabiliser les jeunes générations, pour qu’elles n’aient pas besoin de lutter comme nous pour s’affirmer ».

« Je veux que ma fille puisse connaître un monde comme ça dans le futur », a-t-elle ajouté, la voix étranglée par l’émotion, ne pouvant retenir ses larmes, sous des applaudissements nourris.

La réalisatrice a ensuite estimé que « les festivals devraient sans aucun doute soutenir les réalisatrices », alors que la Mostra est critiquée pour n’avoir sélectionné cette année que deux films de femmes sur 21, après un seul l’an dernier.

Mais, a-t-elle ajouté, « cela doit vraiment commencer avec le financement, avec l’ouverture des studios à plus de femmes et de diversité ».

« Il y a une brèche qui s’ouvre maintenant, ça y est, et nous voyons les choses changer. Mais ça devrait commencer dès les étapes antérieures », a-t-elle insisté. « Il ne s’agit pas que des festivals ».