Nadia, Butterfly met en vedette la nageuse olympique Katerine Savard dans le rôle-titre. Une « non-actrice », comme le dit le réalisateur Pascal Plante (Les faux tatouages), qui a été le choix tout désigné pour dépeindre le tourbillon de confusion que peut provoquer une retraite sportive. La Presse a assisté à un après-midi de tournage. 

Marissa Groguhé Marissa Groguhé
La Presse

Le deuxième long métrage de Pascal Plante fait honneur à son côté « cinéaste de fiction aux tendances de documentariste ».

Sur fond de compétition internationale de natation (Jeux de Tokyo 2020), le réalisateur raconte une histoire inspirée de ce qu’il a vu et vécu, lui-même ayant nagé en compétition jusqu’à ses 19 ans.

« J’ai de bons amis dans le monde du sport, dit-il. Je les ai vus prendre leur retraite les uns après les autres. De plus ou moins bonne façon. »

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Nadia, elle, nage pour le Canada aux Jeux olympiques. Sa dernière compétition avant la retraite.

Nadia, elle, nage pour le Canada aux Jeux olympiques. Sa dernière compétition avant la retraite.

Le film montre ses dérapages, ses doutes, mais aussi une histoire d’amitié entre la protagoniste principale et sa plus proche amie dans le monde de la natation, Marie-Pierre (incarnée par la nageuse olympique Sandrine Mainville).

« C’est une étude au microscope d’un moment très court, trois jours durant la compétition pendant lesquels Nadia accumule les microdeuils. »

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« C’est une des meilleures au monde, mais c’est venu avec tellement de sacrifices qu’il faut qu’elle sorte de là », raconte Pascal Plante.

« C’est une des meilleures au monde, mais c’est venu avec tellement de sacrifices qu’il faut qu’elle sorte de là, raconte Pascal Plante.

« Une carrière de haut niveau, il faut la vivre à fond. Mais tu étires un élastique.

« Son rapport au sport est conflictuel, mais [Nadia] se demande aussi si elle pourra vivre ses études et sa future carrière avec autant de passion. »

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Les personnages principaux sont aussi, pour la plupart, des « non-acteurs ».

Les personnages principaux sont aussi, pour la plupart, des « non-acteurs ». Une décision que le scénariste et réalisateur a prise dès que l’idée de ce film lui est venue.

« Ce qui est super cool, c’est qu’elles sont aussi nos consultantes sur le set. Elles connaissent la réalité, je leur prête beaucoup la parole. »

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Si c’est un défi particulier de tourner avec des acteurs qui n’ont aucune expérience, Pascal Plante est certain que son film s’en porte mieux.

Si c’est un défi particulier de tourner avec des acteurs qui n’ont aucune expérience, Pascal Plante est certain que son film s’en porte mieux.

« Je ne leur demande pas un rôle de composition, dit-il. Elles parlent comme elles parlent, et de ce qu’elles connaissent. »

Les nageuses-comédiennes s’en sortent à merveille, assure-t-il.

« Et puis, c’est stimulant de voir des gens qui sont un peu impressionnés par cet univers. C’est beau de voir le tournage à travers leurs yeux, c’est beau à partager », dit-il.

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« La natation, j’ai l’impression que c’est plus difficile à simuler quand on est acteur », affirme Pascal Plante.

« La natation, j’ai l’impression que c’est plus difficile à simuler quand on est acteur », affirme Pascal Plante.

Avec de vraies athlètes, le réalisateur a pu mettre l’accent sur la performance sportive.

« Je peux me permettre des plans-séquences avec la nageuse, sans body double ou montage, dit-il. C’est un pari esthétique, mais je veux que l’on connecte avec ces personnages.

« Leur corps est leur outil de travail et en un coup d’œil, en les voyant nager, on voit ce que ça implique comme sacrifice. »

Rectificatif :
Dans le reportage « Sur le tournage de Nadia Butterfly », publié le 29 août dernier, nous avons écrit qu'Ariane Mainville est une nageuse olympique. Or Mme Mainville n'a jamais été sélectionnée dans l'équipe nationale pour les Jeux olympiques et n'a donc jamais pu participer à cette compétition. Nos excuses.