• Accueil > 
  • Cinéma 
  • > Les maux de l'Amérique latine décortiqués à Cannes 
Source ID:23f57c6b3b2538b2a7901b01867aa8b0; App Source:StoryBuilder

Les maux de l'Amérique latine décortiqués à Cannes

Le réalisateur César Diaz a présenté son premier... (PHOTO ESTHER SANCHEZ, AFP)

Agrandir

Le réalisateur César Diaz a présenté son premier film, Nuestras madres, à la Semaine de la critique.

PHOTO ESTHER SANCHEZ, AFP

ANNA PELEGRI, ESTHER SANCHEZ
Agence France-Presse
Cannes

Enlèvement d'enfants, disparus de la dictature, machisme de la société... À Cannes, de nombreux films explorent les maux de l'Amérique latine et revisitent son passé douloureux, avec des coups de projecteur sur des pays jusqu'ici peu visibles sur la carte du cinéma mondial.

C'est le cas du Guatemala, avec le premier film de César Diaz, Nuestras madres, sur les disparus pendant les 30 ans de guerre civile qui a fait 200 000 morts ou disparus entre 1960 et 1996, principalement au sein de la population maya soupçonnée de soutenir la guérilla de gauche.

« On parle beaucoup de la dictature au Chili, en Argentine, mais la dictature au Guatemala, on ne connait pas », affirme le réalisateur, lui-même fils de disparu. Il est le premier réalisateur du Guatemala sur la Croisette.

Présenté à la Semaine de la critique, son film suit les traces d'Ernesto, un jeune anthropologue chargé de l'identification des disparus à partir d'ossements. Un jour, il croit retrouver la trace de son père, guérillero disparu pendant la guerre. Si le film n'est pas aussi fort que son sujet, il met en évidence la profusion de thèmes liés à l'histoire récente de cette région du monde.

C'est ce que fait aussi la Péruvienne Mélina Leon, première femme de son pays à être à Cannes (Quinzaine des réalisateurs), avec Cancion sin nombre, un beau film en noir et blanc, faisant immanquablement penser à Roma d'Alfonso Cuaron, récompensé du Lion d'or à Venise et par trois Oscars.

La réalisatrice Mélina Leon a présenté Cancion sin... (PHOTO ANNA PELEGRI, AFP) - image 2.0

Agrandir

La réalisatrice Mélina Leon a présenté Cancion sin nombre à la Quinzaine des réalisateurs.

PHOTO ANNA PELEGRI, AFP

Le titre du film fait référence à la berceuse que Georgina (Pamela Mendoza) ne pourra pas chanter à son bébé, enlevé par l'hôpital privé où elle a accouché. Isolée, face à une administration corrompue, elle pourra seulement compter sur l'aide d'un journaliste.

Un premier film, qui brosse un tableau sans concession du Pérou dans les années 80, entre les attaques du Sentier lumineux, les enlèvements de nouveau-nés et la répression des homosexuels.

Inspiré de faits réels, il n'en oublie pas pour autant une certaine poésie et filme le personnage de Georgina marchant tous les matins, dans le brouillard, pour rejoindre la capitale et vendre des pommes de terre. « Le brouillard est quelque chose de typique à Lima, mais c'est aussi l'idée que ce sont des gens que l'on ne voit pas », souligne la réalisatrice.

Poches de résistance

Le réalisateur brésilien Karim Ainouz a présenté La... (PHOTO LOIC VENANCE, AFP) - image 3.0

Agrandir

Le réalisateur brésilien Karim Ainouz a présenté La vie invisible de Euridice Gusmao dans la section Un certain regard.

PHOTO LOIC VENANCE, AFP

Un thème qui fait écho au film du Brésilien Karim Ainouz, La vie invisible de Euridice Gusmao (Un certain regard). Une évocation du machisme à travers le destin de deux soeurs qui ne peuvent pas vivre leurs rêves, à cause du poids de la société. Dans les années 50, dans le Rio d'Ainouz, une mère célibataire ne pouvait quitter le pays avec son enfant, faute d'autorisation du père.

« J'avais l'impression que les choses avaient changé pour les femmes au cours des 30 dernières, mais avec ce qui se passe sur le plan politique dans le monde et au Brésil, je vois un retour en arrière », estime le cinéaste qui n'a pas voulu faire de ses personnages « des victimes ».

« Je veux explorer les possibilités de résistance. C'est le plus important dans le cinéma d'aujourd'hui : montrer qu'il faut résister et donner de l'espoir », dit-il, sur la même ligne qu'un autre cinéaste brésilien à Cannes : Kleber Mendonça Filho, en compétition avec Bacurau.

Plus connus de la planète cinéma, le Chilien Patricio Guzman et l'Argentin Juan Solanas ont eux aussi choisi de réveiller les consciences, en optant pour le documentaire.

Le cinéaste argentin Juan Solanas a présenté Que... (PHOTO LOIC VENANCE, AFP) - image 4.0

Agrandir

Le cinéaste argentin Juan Solanas a présenté Que sea ley hors compétition.

PHOTO LOIC VENANCE, AFP

Le premier en filmant l'exploitation minière d'une partie de la cordillère des Andes, manière de revenir sur l'époque de la dictature de Pinochet (1973-1990) dans La cordillère des songes (séance spéciale). Le second a parcouru pendant huit mois l'Argentine pour Que sea ley (hors compétition) sur l'élan brisé des Argentines en 2018, réclamant le droit à l'IVG.

La projection a donné lieu samedi à une mobilisation en vert sur les marches du Palais des festivals, la couleur de la lutte pour la légalisation de l'avortement en Argentine.




la boite: 1977421:box; tpl: 300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Cinéma

Tous les plus populaires de la section Cinéma
sur Lapresse.ca
»

Autres contenus populaires

La liste:-1:liste; la boite:219:box; tpl:html.tpl:file
image title
Fermer