Le célèbre logo de l’Office national du film du Canada (ONF) a été décroché du bâtiment de briques chamois du chemin de la Côte-de-Liesse ce matin.

Jean Siag Jean Siag
La Presse

L’homme qui voit, composé de trois pièces en aluminium, sera nettoyé, puis réinstallé à l’intérieur du nouveau siège social de l’ONF à l’Îlot Balmoral, dans le Quartier des spectacles. Le déménagement du producteur public, qui se trouvait dans l’arrondissement de Saint-Laurent depuis 1956, est prévu en septembre.

Le retrait du logo, qui a été hissé sur le bâtiment principal de l’ONF il y a 50 ans, a été précédé d’une courte cérémonie en présence du commissaire actuel Claude Joli-Cœur et de nombreux artisans et ex-artisans, parmi lesquels Robert Verrall, ex-directeur du Programme anglais, et Marcel Carrière, ex-ingénieur de son, qui a travaillé sur plusieurs films de Michel Brault et Fernand Dansereau.

L’homme qui voit a été conçu en 1968 par Georges Beaupré, qui était le directeur artistique du service de la publicité de l’ONF. Son dessin représente un homme aux bras levés et les mains jointes, tandis que sa tête évoque l’iris de l’œil. « C’est l’homme visionnaire, l’homme animé et peut-être même l’homme mis à nu » écrivait le commissaire Hugo McPherson dans une note de service publiée à l’été 1970.

Le fils de Georges Beaupré, Alain, était présent. Il a salué la créativité de son père, décédé il y a plus de 30 ans (en 1986).

PHOTO MARTIN TREMBLAY, LA PRESSE

Afin de souligner le retrait du logo et le déménagement à l'automne de l'ONF au Quartier des spectacles de Montréal, de nombreux employés reproduisaient L’homme qui voit.

« On dit que les coups de génie sont le résultat d’une intuition instantanée, a-t-il indiqué, mais c’est aussi un travail bien planifié. On a d’ailleurs retrouvé plein d’images qui illustrent toute la démarche de la création du logo et où l’on voit apparaître tranquillement ses signes distinctifs. Nous allons donner tous ces dessins à l’ONF, qui pourra les conserver dans ses archives. »

L’histoire de la création du logo a été racontée par le conservateur de collection à l’ONF, Marc St-Pierre. Après avoir rejeté les propositions de deux firmes de design graphique, le conservateur Hugo McPherson a décidé d’organiser un concours à l’interne. Il a reçu 53 dessins. Trois finalistes ont finalement été retenus : les cinéastes Sidney Goldsmith et Norman McLaren et… Georges Beaupré.

Le directeur général d’Héritage Montréal, Robert Turgeon, a salué les efforts de conservation de l’ONF.

« Les logos et les enseignes sont des emblèmes importants qu’il faut préserver, a-t-il confié à La Presse. Le projet a été bien lancé, croit-il, tout espérant que l’ensemble des six pavillons du bâtiment situé au 3155, chemin Côte-de-Liesse, classé patrimonial par le gouvernement fédéral et appartenant à Services Canada, soit aussi préservé.