(Los Angeles) Avec son nouveau film, Once Upon a Time in… Hollywood, Quentin Tarantino signe une lettre d’amour au cinéma américain d’antan et espère réussir ce qui serait dorénavant considéré comme un exploit : connaître le succès au box-office sans faire de énième film de superhéros ou de remake nostalgique.  

Andrew MARSZAL
Agence France-Presse

Son nouveau film se déroule en 1969, à une époque où le nouvel Hollywood, mouvement qui a révolutionné le cinéma américain, et la contre-culture symbolisée par Roman Polanski et Dennis Hopper bourgeonnent.

Ce monde d’auteurs idéalistes, de doublures fidèles, de westerns spaghettis et, plus tragiquement, de hippies meurtriers (Charles Manson et sa secte) a séduit les critiques, notamment grâce au duo Leonardo DiCaprio/Brad Pitt (qui incarnent respectivement un acteur célèbre et sa doublure).

Le film a notamment été présenté en mai au Festival de Cannes, où il a été chaleureusement accueilli.  

Mais vendredi, quand le film sortira aux États-Unis, c’est un autre défi qui l’attendra : tout rafler au box-office.  

Cette année aux États-Unis, les recettes de films sont en baisse de 7 % par rapport à 2019, malgré la réussite phénoménale de Avengers : Endgame, devenu le film le plus lucratif de tous les temps.  

Les grands succès ne sont que – et c’est le cas depuis plusieurs années maintenant – des adaptations, des suites, des remakesToy Story 4, Aladdin, Le Roi Lion, etc. Pas de scénario original, mais rien qui ne déplaise à Disney, qui a touché à lui tout seul 40 % des revenus du box-office nord-américain cette année grâce à ses franchises à succès.  

Charge à Quentin Tarantino de changer tout cela.

Hitchcock, Spielberg et Tarantino

Le réalisateur de 56 ans est un peu vu comme le dernier des Mohicans à Los Angeles : populaire aussi bien parmi les cinéphiles que le grand public et capable de connaître le succès en mettant en scène des œuvres reconnaissables et originales – même si son cinéma est rempli d’hommages et d’emprunts aux séries B populaires des années 1970.  

« C’est l’un des cinq réalisateurs dont tout le monde reconnaît automatiquement le nom. On a Alfred Hitchcock, Steven Spielberg, Francis Ford Coppola… Les gens qui ne sont pas dans le cinéma connaissent Tarantino », explique Paul Dergarabedian, expert de la société d’analyse Comscore.

Surtout que le réalisateur de Pulp Fiction peut ici compter sur deux des plus grosses stars de tous les temps : Brad Pitt et Leonardo DiCaprio, qui aurait accepté de baisser son cachet pour retravailler avec Tarantino après Django Unchained (2012).  

« Ça devient de plus en plus dur de produire des contenus originaux », a regretté Brad Pitt lundi lors de la clinquante avant-première du film au célèbre TCL Chinese Theater de Hollywood.

« Quoi que le public pense du film, ils savent qu’ils sont partis pour une expérience unique et incroyable », a pour sa part déclaré un DiCaprio forcément en mode promo.

« C’est pour ça que les gens reviennent », a-t-il assuré aux journalistes.  

Combien iront s’enfermer dans les salles obscures cette semaine ? Une chose est sûre : les 190 millions de dollars glanés par le Le Roi Lion le week-end dernier sont hors d’atteinte.

Cela devrait être l’avant-dernière fois de sa carrière que Tarantino scrutera les résultats d’un de ses films.  

Il a expliqué qu’il prendrait sa retraite après son 10e film. Once Upon a Time in… Hollywood est le neuvième d’entre eux.  

« Dieu merci, Tarantino en a encore un à faire », s’est réjoui Brad Pitt.