(Toronto) Le cinéma québécois sera à l’honneur en fin de semaine dans un cinéma de Toronto.

Victoria Ahearn
La Presse canadienne

Le distributeur torontois Game Theory Films présentera deux fois, au Royal Cinema, les trois films qui ont pratiquement tout raflé lors du dernier gala du cinéma canadien. Les réalisateurs de ces films seront aussi présents pour répondre aux questions lors de certaines séances.

On présentera ainsi au Royal le film Une colonie, écrit et réalisé par Geneviève Dulude-De Celles. Le film a remporté trois prix Écrans canadiens cette année, dont celui du meilleur premier film, mais aussi celui du meilleur film de l’année. La jeune vedette d’Une colonie, Émilie Bierre, a remporté le prix d’interprétation féminine dans un premier rôle.

Les Torontois pourront aussi voir en fin de semaine La grande noirceur, réalisé et coécrit par Maxime Giroux, qui a remporté cinq prix Écrans canadiens, ainsi que le film Genèse, écrit et réalisé par Philippe Lesage.

« C’est bizarre, parce que nos films parcourent le monde dans les festivals — mon film sera présenté en Suède dans une vingtaine de salles. Alors comment se fait-il qu’il ne soit pas vu au Canada anglais, dans mon propre pays ? », demande Geneviève Dulude-De Celles, en entrevue vendredi à Toronto. « Je crois donc qu’il est important de susciter la curiosité et de présenter le cinéma québécois au public (du Canada anglais). »

Le cinéma québécois a volé la vedette cette année au gala des prix Écrans canadiens — tous les finalistes dans la catégorie du meilleur film provenaient du Québec et parlaient français. La grande noirceur et le suspense franco-québécois Dans la brume, de Daniel Roby, avec Romain Duris, étaient finalistes dans huit catégories.

Le réalisateur montréalais Philippe Lesage admet que s’il est difficile de convaincre le public québécois de voir ses films, ce manque de curiosité est encore pire au Canada anglais, même pour le cinéma anglo-canadien.