La société Netflix a acquis les droits mondiaux de distribution du long métrage The Power of the Dog (Le pouvoir du chien) de Jane Campion, adaptation du roman éponyme de Thomas Savage dont la maison montréalaise Max Films (Roger Frappier) avait acquis les droits.

André Duchesne André Duchesne
La Presse

On savait déjà que les comédiens Benedict Cumberbatch et Elisabeth Moss étaient associés au projet. Le processus d’attribution du troisième rôle important du film est en train de se finaliser.

PHOTO ARTHUR MOLA, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS

L’actrice Elisabeth Moss incarnera Rose dans The Power of the Dog
de Jane Campion.

Joint par La Presse hier soir, le producteur Roger Frappier ne pouvait être plus heureux de la tournure des événements. « J’avais rencontré Jane Campion à Cannes pour en discuter il y a deux ans, et Simon Gillis de See-Saw Productions l’an dernier. Je disais alors à Simon que ce serait formidable si nous pouvions avoir rapidement le scénario, un casting et le financement. Avec l’arrivée de Netflix, les trois éléments sont réunis. »

Campé dans les années 20 dans le Montana, le film raconte l’histoire de deux frères, Phil (Cumberbatch) et George Burbank, propriétaires de la plus grosse ferme de leur vallée, très proches, mais ayant des caractères fortement opposés. Leurs liens seront mis à rude épreuve le jour où George épouse en secret Rose (Moss), une jeune veuve. En colère, Phil va tout faire pour détruire Rose, notamment en se servant de Peter, fils de la veuve ayant une grande sensibilité.

« J’ai lu ce livre par une nuit d’insomnie à Paris il y a plusieurs années et je savais que c’était pour moi. » — Roger Frappier, producteur, à propos du roman The Power of the Dog

« J’ai négocié avec un éditeur de New York pour en acheter les droits d’adaptation. Ce qui m’a attiré est autant le scénario que le fait qu’il y a trois personnages fantastiques. On pouvait aisément voir que plusieurs acteurs voudraient les interpréter », explique-t-il.

Sur Netflix et en salle

M. Frappier s’est d’abord trouvé un partenaire (l’australienne See-Saw) pour produire le film. Cross City Films, filiale de vente de See-Saw, a récemment vendu les droits de distribution à Netflix.

« Trois studios américains étaient intéressés et la meilleure offre venait de Netflix, qui accepte de sortir le film en salle avant de le mettre sur sa plateforme, indique M. Frappier. Ça touchera aussi le Canada, en sortie limitée. Netflix veut suivre l’expérience faite avec Roma [d’Alfonso Cuarón], qui a bénéficié d’une campagne phénoménale et qui a aussi été projeté en salle. »

Le producteur de La grande séduction, Dédé, à travers les brumes et Hochelaga, terre des âmes n’a pas l’impression, en s’associant avec Netflix, de signer un pacte avec le diable. « Je suis un partisan du cinéma en salle, dit-il. Mais récemment, je suis revenu de Cannes avec Air Transat dans un avion où il n’y avait pas d’écrans devant nous. Or, en revenant des toilettes, j’ai été estomaqué de voir autant de passagers en train de regarder un film sur leur tablette ou leur téléphone intelligent. En ajoutant de nouvelles technologies, on multiplie les possibilités de voir les films au lieu de les limiter. »

Jane Campion est la seule femme, avec La leçon de piano, à avoir obtenu une Palme d’or à Cannes. Elle amorcera la préproduction du film à l’automne et le tournage doit se faire en janvier et février en Nouvelle-Zélande. « La similitude des paysages avec le Montana est incroyable », assure Roger Frappier.

Le projet est doté d’un budget oscillant entre 20 et 25 millions. Les droits mondiaux acquis par Netflix excluent ceux de la télévision traditionnelle au Royaume-Uni, que détient déjà BBC Films. Deux autres partenaires, Big Shell Films et Brightstar, sont associés au projet.