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1987

1987

1987

Résumé

Ricardo dresse une liste de choses à accomplir avant son entrée imminente au cégep: perdre sa virginité dans les bras de sa petite amie Marie-Josée, faire des virées en bagnole avec ses vieux copains et ouvrir une discothèque sans alcool destinée aux mineurs comme lui. Estimant à cinq mille dollars la mise de fonds pour démarrer son entreprise, l'adolescent de Québec frappe un mur à la banque, qui rejette sa demande de prêt au motif qu'il est sans emploi. Pour y remédier, son père, exaspéré de le voir traîner toute la journée, lui trouve un boulot de valet au restaurant italien où lui-même joue de l'accordéon. Or, l'adolescent est forcé de travailler le soir où il prévoyait faire l'amour pour la première fois avec Marie-Josée. Renvoyé prestement ce même soir pour avoir abîmé la BMW d'un client, Ricardo, de retour à la case départ, pense avoir trouvé le moyen d'amasser les cinq mille dollars.

Cote La Presse

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Légende

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DÉTAILS

Date de sortie : 2014-08-06

Classement : Général (déconseillé aux jeunes enfants)

Pays : Canada

Distributeur : Les Films Séville

Date de sortie en DVD : 2014-12-02

Genre : Comédie

Durée : 105 min.

Année : 2013

Site officiel

GÉNÉRIQUE

Réalisation : Ricardo Trogi

Montage : Yvann Thibaudeau

Scénario : Ricardo Trogi

Production : Nicole Robert

Photographie : Steve Asselin

ACTEURS

Pier-Luc FunkClaudio ColangeloJean-Carl BoucherSandrine BissonSimon PigeonLaurent-Christophe de RuelleRose AdamAlyssa LabelleÉléonore Lamothe

Critique

1987: sympathique retour en arrière

Marc-André 
Marc-André Lussier

On serait presque tenté de laisser échapper un «Ouf»! Après la contre-performance du film d'Émile Gaudreault Le vrai du faux et l'absence de productions québécoises à vocation résolument populaire à l'horizon, voilà que Ricardo Trogi s'amène avec un film qui pourrait peut-être enfin rallier tout le monde. Cinq ans après avoir raconté ses souvenirs de préadolescent dans 1981, le cinéaste replonge aujourd'hui - non sans délice - dans l'été de ses 17 ans.

La formule n'a rien de bien original, convenons-en, mais elle se révèle diablement efficace. D'autant que le monde en général, et celui dans lequel évoluait Trogi en particulier, était pour le moins coloré. À ce chapitre, le spectateur ayant connu l'époque prendra plaisir à retrouver le «style» de la fin des années 80. La direction artistique de Patrice Vermette, qui a beaucoup travaillé avec Jean-Marc Vallée au fil des ans, ne laisse d'ailleurs rien au hasard sur le plan de la reconstitution. Pour un peu, on pourrait même parfois y trouver des relents de C.R.A.Z.Y.

De l'autodérision

Mais au-delà de cet aspect, il y a surtout la manière. Ne se donnant pas le beau rôle, Ricardo Trogi revisite son adolescence avec l'humour bon enfant qu'on lui connaît. Il saupoudre aussi son récit d'une bonne dose d'autodérision. L'ensemble a du rythme et les souvenirs défilent au gré des tubes de l'époque (judicieusement choisis), des amours espérés, des amis, des conflits. Avec l'inconscience et le sentiment d'invincibilité propre à cet âge.

On retrouve donc l'ado Ricardo (excellent Jean-Carl Boucher) en train de tenter de se frayer un chemin jusque dans le monde des adultes alors que s'achèvent les études secondaires. Même si les nouvelles normes du ministère de l'Éducation exigent des jeunes qu'ils fixent leur orientation professionnelle avant l'âge de la maturité, tout le champ des expériences que vivent les adultes reste quand même fermé à celui qui n'a pas encore atteint l'âge magique de 18 ans. Une injustice.

Constamment refoulé avec ses trois copains à la porte du bar Dagobert parce qu'il n'a pas encore l'âge de consommer de l'alcool, Ricardo rêve au jour où il pourra enfin voler de ses propres ailes et se lancer en affaires. L'appel est vif. Au point même où la tentation de verser dans la petite délinquance pour parvenir à ses fins se révèle irrésistible. Les remparts familiaux se révèlent toutefois redoutables. La mère Claudette (formidable Sandrine Bisson!), barmaid vieillissante, mène sa maisonnée en vociférant ses frustrations du fond de ses tripes; le père Benito (touchant Claudio Colangelo), un immigré italien qui tente de joindre les deux bouts grâce à de petits boulots, encaisse dignement les turpitudes des siens.

Un regard juste

Trogi, qui, à l'instar de 1981, assure lui-même la narration de son film, aborde des thèmes qui, sans trop en avoir l'air, atteignent une certaine profondeur. Le regard posé sur l'amour, l'éveil à la sexualité (la perte de la virginité emprunte ici les allures d'une obsession), mais aussi sur la nature des liens familiaux (et la condition de fils d'immigré), se révèle très juste. Et sans complaisance. Si la scène pendant laquelle Claudette confrontait son fils «ingrat» constituait l'un des moments-clés du premier volet, l'adolescent se mesure cette fois à son père dans une scène aussi cruelle que touchante.

Là réside probablement d'ailleurs l'une des raisons qui expliquent le succès de cette série (un troisième épisode serait envisagé). Même si, clairement, l'intention est de faire sourire, il reste que, sous les répliques cinglantes, l'humour et la multitude de clins d'oeil, il émane du portrait que brosse Ricardo Trogi une infinie tendresse pour les personnages. Avec leurs qualités et leurs défauts. De l'amour pour le genre humain en somme. Et pour la ville de Québec.

* * * 1/2

1987. Comédie réalisée par Ricardo Trogi. Avec Jean-Carl Boucher, Sandrine Bisson, Claudio Colangelo, Simon Pigeon. 1h45.

1987 est un grand cru

Roger 
Roger Blackburn

Le film 1987 de Ricardo Trogi met en lumière l'été mémorable du cinéaste alors qu'il avait 17 ans à Québec. Réalisé dans la foulée du film 1981 (sortie en 2009) le réalisateur nous transporte dans son univers alors qu'il vient de terminer son secondaire V. Ricardo Trogi (Jean-Carl Boucher) veut profiter de son été pour perdre sa virginité, entrer à la discothèque le Dagobert sans se faire «carter» par le portier, faire de l'argent pour ouvrir une discothèque 14-18 ans et surtout faire la fête avec ses trois amis Boivin (Laurent-Christophe de Ruelle), Dallaire (Pier-Luc Funk) et Caron (Simon Pigeon).

Le cinéaste fait la narration pour nous raconter ce qui se passe dans la tête de cet ado imprégné d'une joie de vivre incroyable, mais qui n'a aucun sens des responsabilités. Son père Benito (Claudio Colangelo) a décidé que son fils ne passerait pas l'été à faire la fête avec ses amis et lui trouve un emploi de valet de parking dans un restaurant du Vieux-Québec alors que Ricardo a plutôt décidé le voler des radios d'auto pour les revendre sur le marché noir pour faire du fric.

Les personnages sont savoureux, les quatre ados sont cons au maximum et ne savent plus quoi inventer pour entrer dans la discothèque le Dagobert qui est réservée aux 18 ans et plus.

Jean-Carl Boucher joue un Ricardo très éclaté (comme il l'a fait dans 1981) qui a hâte de perdre sa virginité au lit de sa copine Marie-Josée (Éléonore Lamothe) qui a décidé de prendre son temps avant de le faire pour la première fois.

Le réalisateur nous plonge dans les années 1980 avec des décors et des costumes de cette époque. La trame sonore joue à tue-tête les Quiet Riot, The Pet Shop Boys et Martine St-Clair, cette dernière nous laisse avec le vers d'oreille L'amour est dans tes yeux que les jeunes entonnent dans la voiture.

La mère de Ricardo, Claudette (Sandrine Bisson), est un personnage majeur dans le film et ses crises d'hystérie, quand elle débarque sur la tête de Ricardo, sont mémorables et ne laissent pas le spectateur indifférent. Ses «pétages de coche» provoquent un rire immédiat.

Le réalisateur se permet quelques coups de gueule à l'égard des réformes du ministère de l'Éducation du Québec et un petit clin d'oeil à la Lada, cette voiture soviétique qui a marqué l'imaginaire de l'époque.

Les jeunes qui ont connu des malchances avec le bien d'autrui vont souffrir un brin dans l'épisode de la BMW quand Ricardo occupe un emploi de «valet de parking». La séquence est souffrante. Le film 1987 prendra l'affiche le 6 août et vous assure d'un bon moment devant le grand écran.

1987: l'été de tous les dangers

Éric 
Éric Moreault

Il y a un petit bout que le cinéma québécois espérait une comédie estivale capable de drainer les foules. Ne cherchez plus, c'est 1987. Avec son humour bon enfant, ses personnages savoureux et son portrait très réussi du Québec de l'époque, Ricardo Trogi signe un film divertissant, mais également touchant sur les joies et les peines, les excès aussi, des années où on n'est plus adolescent mais pas encore adulte.

Ah! l'été entre le secondaire et le cégep. Tout le monde en garde des souvenirs forts: émois, frasques, initiations... Et c'est exactement sur ce sentiment d'identification que joue ce long métrage autobiographique, comme son précédent, 1981.

En 1987, Ricardo (Jean-Carl Boucher) a 17 ans et il veut perdre sa virginité, aller à son bal, se lancer en affaires et voler des radios d'auto - tous des échecs lamentables. Son père Benito (Claudio Colangelo) et sa mère Claudette (Sandrine Bisson) y jouent évidemment un rôle central de trouble-fêtes. Ne serait-ce que parce que le premier s'obstine à vouloir lui trouver un travail dans la restauration...

Heureusement que Ricardo peut compter sur sa gang de chums... pour le mettre dans le trouble! Ces liens d'amitié indéfectibles sont le moteur du film et de son humour. Ricardo et ses trois mousquetaires ne sont en rien les rois de l'école. Ils sont «normaux». Mais là, ils vont essayer de s'en faire accroire et clairement jouer en dehors de leur zone de confort.

Ce qui sert le propos comique. Il y a quelques gags récurrents assez réussis comme l'attendrissement de l'escalope à la bouteille ou les répliques de la soeur de Ricardo, enfermée dans sa chambre et qu'on ne voit jamais.

Ricardo Trogi assure lui-même la narration en voix hors champ, ce qui accentue le naturalisme du film, tout en teintant son sujet d'une certaine nostalgie. Ce sont ses souvenirs qui sont mis en scène à l'écran. Bien sûr, embellis par la fiction. Mais sa franchise suscite l'adhésion. Difficile de ne pas aimer ce maladroit sympathique, plus doué pour les gaffes que pour la réussite.

Film sans prétention et... assumé

Reste que 1987 est un film sans prétention qui s'assume comme tel. Mine de rien, il aborde néanmoins des thèmes importants: l'amour, la rupture, l'éveil à la sexualité, les liens familiaux, la pression sociale, la différence, le statut d'immigrant... Trogi n'insiste pas. S'en apercevront ceux qui veulent bien y voir un autre niveau de lecture.

On sent une réflexion plus assumée, plus mature (eh oui!) du réalisateur même s'il s'éloigne de ces thèmes dès que ça devient trop sérieux. Dommage. 1987 aurait pu être une grande comédie dramatique. Par ailleurs, les scènes imaginaires avec les fonctionnaires sont totalement inutiles et en rupture de ton avec le reste. Ce qui n'enlève rien à son charme.

Il y a aussi une cinématographie beaucoup plus assumée de Trogi avec ses ralentis, ses arrêts sur image, ses longs plans... Son oeil et sa pratique se sont aiguisés. Son plan-séquence dans le restaurant, alors que Ricardo est renvoyé d'un personnage à l'autre, est parfaitement réussi. Jean-Carl Boucher y démontre d'ailleurs beaucoup de naturel, comme dans le reste du film. Son plaisir est manifeste, tout comme celui de ses compères Laurent-Christophe de Ruelle (Boivin), Pier-Luc Funk (Dallaire) et Simon Pigeon (Caron).

Le film repose évidemment sur la recréation de l'époque et, à ce propos, la direction artistique de Patrice Vermette est fabuleuse, jusque dans les moindres détails (notamment les affiches de groupes dans les chambres).

Au bout du compte, 1987 est un moment de cinéma jubilatoire et authentique. Mais aussi le regard tendre et un hommage touchant d'un fils imparfait à son père et à sa mère, tout aussi imparfaits. Comme nous tous.

* * * 1/2

Titre: 1987. Genre: comédie. Réalisateur: Ricardo Trogi. Acteurs: Jean-Carl Boucher, Claudio Colangelo et Sandrine Bisson. Classement: général. Durée: 1h45.

On aime: le ton familier et décomplexé, l'humour fou raide, la réalisation maîtrisée, les acteurs.

On n'aime pas: quelques longueurs, le manque d'épaisseur dramatique, des scènes inutiles.

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Commentaires (5)

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  • La force de ce film est l'excellent jeu des acteurs qui sont authentiques et crédibles. On peut ressentir leurs émotions à fleur de peau, on a l'impression de revivre notre propre jeunesse dans toute sa naïveté et son intensité. Par contre, il y avait un peu trop de "sacres" à mon goût, la mère criait beaucoup trop (ça finissait par taper sur les nerfs), propos trop crus (référence de la mère à sa fille qui ferait "des pipes à tout le monde")....Le film est peut-être autobiographique, mais un peu de censure n'aurait pas fait de tort, je crois....C'est mon opinion.

  • Franchement déçue du film 1987.
    J'étais pourtant conquise d'avance...
    Les parents sont devenus une caricature d'eux-mêmes. L'excellente Sandrine bisson est confinée dans un texte d'une hystérie sans nom. On passe de nombreuses scènes à nous illustrer que le jeune Ricardo tient absoluement à entrer au fameux bar le Dagobert avant l'age l'égal de 18 ans. Son expérience comme que valet de restaurant est étirée et parsemée de cabotinage. En revanche, la recherche de costumes et coiffures est tout à fait dans le ton. 1981 m'a fait faire un voyage dans le temps; À aucun moment, 1987 ne m'a fait revivre cette nostalgie. Dommage.

  • J'ai vu le film en avant avant première il y a 3 semaines à Québec. Encore meilleur que le premier. Ca touche tout le monde, ca fait rire, ca nous ressemble. Réécouter le premier avant pour encore mieux savourer les personnages.

  • Je viens de commettre une erreur dans le Temps...une erreur de 20 ans...j'ai confondu ma jeunesse avec celle de Ricardo Trogi !
    La mienne se passait autour des années 1967, celle de Ricardo en 1987 !
    Sacre bleu...ce matin, je n'avais pas les yeux vis à vis des trous !
    Quoi qu'il en soit...je vais me rendre au cinoche dès que le film sera à l'affiche !

  • J'ai fait partie de la figuration de ce film, lors du tournage à Longueuil.
    C'est toujours un véritable plaisir d'être sur les plateaux de Ricardo Trogi.
    Il y règne une ambiance positive à nulle autre pareille. Et que dire des pauses goûters...les meilleures au Québec !
    Je m'apprête à me rendre au cinéma pour voir 1967. À cette époque je me souviens arpenté, d'un bout à l'autre, l'Exposition universelle de Montréal, au bras de la belle Marjolaine.
    Que de souvenirs !

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