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La petite reine

La petite reine

La petite reine

Résumé

Grande vedette du cyclisme québécois, Julie Arseneau a de bonnes chances de remporter la coupe du monde. Mais tous ignorent que la jeune femme s'injecte depuis l'âge de quatorze ans des produits dopants fournis par le docteur Paul Henri. Du reste, elle et JP, son entraîneur et amant, ont développé diverses tactiques ingénieuses pour déjouer les tests antidopages. La situation se complique lorsque le docteur Henri, dénoncé par un collègue, fournit aux autorités la liste de ses clientes. Malgré les démentis officiels de la cycliste, le doute s'installe au sein de la presse et du public. Subissant une pression terrible de la part du tyrannique JP, de son père, qui la voit déjà championne du monde, et de son généreux commanditaire, Julie se remet en question lors de la course ultime en Belgique.

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DÉTAILS

Date de sortie : 2014-06-13

Classement : Général (déconseillé aux jeunes enfants)

Pays : Canada

Distributeur : Les Films Séville

Date de sortie en DVD : 2014-09-30

Genre : Drame

Durée : 108 min.

Année : 2014

Site officiel

GÉNÉRIQUE

Réalisation : Alexis Durand-Brault

Montage : Louis-Philippe Rathé

Scénario : Sophie Lorain,Catherine Léger

Production : Richard Lalonde

Photographie : Yves Bélanger

ACTEURS

Patrice RobitailleLaurence LeboeufDenis BouchardJosée DeschênesJeff BoudreaultJudith BaribeauMélanie PilonVirginie Ranger-BeauregardSébastien Delorme

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Critique

La petite reine : redoutablement efficace, mais...

Marc-André 
Marc-André Lussier

Ainsi donc, La petite reine serait un film «librement inspiré» de la vie de Geneviève Jeanson. Il y a pourtant tout lieu de croire que la notion de licence artistique se situe plutôt ici dans la dramatisation de faits déjà établis. L'athlète déchue a en effet été consultée par la production. Plus tôt cette semaine, elle a même gratifié de sa présence la grande première médiatique du long métrage inspiré de sa vie.

De facture classique, le drame biographique d'Alexis Durand Brault (Ma fille, mon ange) n'en reste pas moins efficace pour autant. Dès le départ, le spectateur est captivé grâce à une scène haletante qui installe immédiatement le niveau de tension auquel se maintiendra cette histoire. Julie Arseneau (formidable Laurence Leboeuf) est une cycliste de pointe, prête à tout pour se hisser en tête d'une compétition mondiale. Depuis l'âge de 14 ans, grâce à la complicité d'un orthopédiste (René-Daniel Dubois) et sous la supervision d'un coach qui occupe toute la place dans sa vie, elle s'injecte des substances dopantes interdites. Ayant toujours réussi à déjouer les tests, l'athlète voit son stratagème s'écrouler le jour où son médecin pusher, pris de panique lors d'un contrôle, déballe tout.

La grande réussite de La petite reine est d'entraîner le spectateur dans l'état d'esprit d'une athlète pour qui rien d'autre ne compte que la victoire, quitte à mentir à tout un entourage qui n'y voit que du feu. Du moins, au départ. Aveuglés par les succès de leur fille, les parents (Josée Deschênes et Denis Bouchard) préfèrent visiblement ne pas trop se poser de questions.

Aussi, la dimension la plus intéressante du récit, et la mieux traitée, reste la relation malsaine qu'entretient Julie avec son entraîneur (Patrice Robitaille, remarquable dans un rôle ingrat). La façon dont ce dernier s'incruste dans les moindres aspects de la vie de sa protégée (y compris sa vie sexuelle) est au coeur de cette histoire. Comme une relation toxique qui, inévitablement, vient contaminer tout le reste et isoler l'athlète. Cela dit, le récit mise beaucoup sur la victimisation d'une jeune femme qui s'est laissé entraîner dans un engrenage implacable.

Un trait parfois grossier

On laissera évidemment aux experts du domaine le soin d'évaluer l'authenticité des scènes de course. Sur le plan cinématographique, il émane de celles-ci un dynamisme certain. Mais l'essentiel du film est ailleurs. Sur le plan narratif, il est clair que cette histoire a fait l'objet d'une «dramatisation». La trame musicale - efficace dans les scènes de tension - se fait parfois un peu trop grandiloquente.

On pourra aussi déplorer la grossièreté du trait avec lequel les personnages périphériques ont été dessinés, particulièrement les coéquipières et les adversaires de Julie. À ce chapitre, il aurait en outre été intéressant de creuser davantage. D'autant que la réalité - la rivalité avec Lyne Bessette - aurait sans doute pu mieux inspirer les scénaristes Sophie Lorain et Catherine Léger à cet égard.

Malgré ces écueils, et un certain malaise à l'idée de glorifier un personnage «victime de ses mauvais choix», La petite reine demeure un film efficace, qui happe le spectateur dès le départ pour ne plus le lâcher par la suite.

* * *

La petite reine. Drame biographique d'Alexis Durand Brault. Avec Laurence Leboeuf, Patrice Robitaille, Denis Bouchard, Josée Deschênes. 1h48.

La petite reine: engrenage infernal

Éric 
Éric Moreault

Un film basé sur des événements réels est un exercice périlleux. Surtout s'ils ont été amplement médiatisés comme le furent l'ascension et la chute de Geneviève Jeanson. Alexis Durand Brault a évité (presque) tous les pièges avec La petite reine. Son long métrage poignant, monté comme un suspense psychologique, montre l'envers de la médaille dans la quête d'une jeune femme prête à tout pour devenir championne, même au sacrifice de sa santé physique et mentale.

Le réalisateur signe une séquence d'anthologie en ouverture. Après quelques coups de pédale dans un décor idyllique, on retrouve Julie Arseneau (Laurence Leboeuf) en train de se piquer, machinalement, en discutant au téléphone. L'agence antidopage débarque. Son entraîneur et elle doivent tout faire pour éliminer les traces de dopage, y compris perfuser la cycliste d'élite. Avec un montage nerveux et des gros plans, il traduit la tension de la dissimulation. Le spectateur sait immédiatement de quoi il en retourne.

À partir de là, le film va nous entraîner dans l'engrenage qui broie de plus en plus la jeune femme. Aux prises avec un mentor manipulateur et abusif qui l'isole, elle devient un être désincarné, solitaire, qui souffre en silence et qui ne pense qu'à gagner en Coupe du monde pour satisfaire tout le monde et son père. Surtout son père.

Le scénario subtil de Sophie Lorain et Catherine Léger décrit avec soin la dynamique tordue entre Julie Arseneau et son entraîneur JP (Patrice Robitaille), qui n'est ni tout à fait noire, ni tout à fait blanche, de part et d'autre. Il évite aussi le mélo grossier et joue la carte du drame sportif le temps de quelques courses, mettant plutôt l'accent sur le drame psychologique.

La petite reine peut compter sur la remarquable interprétation, juste et nuancée, de Laurence Leboeuf dans le rôle-titre. En voilà une qui rayonne intérieurement et que la caméra aime, même dans les moments moins avantageux. Patrice Robitaille est aussi plus que convaincant.

Malheureusement, on ne peut en dire autant des personnages secondaires, mal développés, voire caricaturaux (ses parents). La relation de Julie avec ses coéquipières, notamment celle qui veut prendre son trône, n'est pas assez étoffée et manque de crédibilité. Surtout quand on compare le soin apporté aux deux personnages principaux.

Un des plus gros pièges qui guettaient Alexis Durand Brault était celui de tomber dans un aspect trop documentaire. Mais l'ex-directeur photo a les sens cinématographiques bien affûtés - on l'avait déjà vu avec Ma fille, mon ange (2007), malgré ses défauts. Ses plans des courses à vélo, notamment à Montréal et en Belgique, plongent le spectateur au coeur de l'action. Ils sont suffisamment crédibles pour la très grande majorité des spectateurs et ils n'occultent pas la trame de fond.

Par contre, le traitement du réalisateur est un peu sec. Il a privilégié l'efficacité plutôt que le lyrisme. Ça se défend : en montant La petite reine comme un suspense, il traduit la tension de la situation. Mais le film aurait gagné en impact émotionnel avec une plus grande poésie visuelle.

De même, le clin d'oeil à la Hitchcock avec la scène de la douche s'avère inutile - on a depuis longtemps compris que l'entraîneur va jusqu'à envahir l'intimité de sa «protégée».

Dans l'ensemble, La petite reine s'avère terriblement efficace. En cherchant, et en trouvant, souvent, l'impact émotionnel dévastateur de cette quête plutôt que la vérité dans le détail, Alexis Durand Brault signe un bon film, qui explore les zones d'ombre de son héroïne et nous laisse avec des images persistantes. Celles d'une femme-enfant, à la fois forte et fragile, prise au piège qu'elle a contribué à tisser pour l'amour d'un homme: son père...

* * *

La petite reine. Genre: drame. Réalisateur: Alexis Durand Brault. Acteurs: Laurence Leboeuf, Patrice Robitaille. Classement: général. Durée: 1h48.

On aime: la séquence d'ouverture, le récit prenant, l'intensité.

On n'aime pas : quelques clichés, le manque d'étoffe des personnages secondaires.

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Commentaires (2)

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  • J'ai vraiment aimé ce film. Aucuns temps morts, la scéance s'est déroulée pleine vitesse, même que j'en aurais voulu plus. Laurence est meilleure que jamais et ses yeux expriment toute la gamme d'émotions que Julie vit au quotidien. Patrice campe tellement bien son rôle qu'on a le goût de le dénoncer, voire de le remettre à sa place. Et pourtant, JP est sincère, il se croit et est entièrement dévoué à la cause. Quant aux parents, je crois qu'ils représentent très bien ce que pourraient être certains parents d'athlètes de chez nous. Avis à ceux qui voudraient critiquer le physique en apparence frêle de Laurence. Les top cyclistes sont ultra minces et relativement de petite taille. Laurence est assez proche de ce modèle. Et chapeau à Laurence qui a vraiment fait les scènes de vélo et a eu à s'entraîner fort pour y arriver.
    Un film à voir définitivement, sans retenue.

  • J'aurais préféré un film sur Lyne Bessette et de "sa" souffrance face à la situation, soit de savoir que l'autre se dopait et qu'elle devait lutter contre ça. Une mise en scène plus difficile mais d'autant plus intéressante. Glorifier le crime fait parti de notre génération semble-t-il.

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