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Incendies

Incendies

Incendies

Résumé

Sa fidèle employée Nawal Marwan ayant rendu l'âme, le notaire montréalais Jean Lebel convoque à son bureau les enfants de la défunte, les jumeaux Jeanne et Simon, qu'il considère presque comme des membres de sa propre famille. Après la lecture du testament, maître Lebel remet à Jeanne une lettre adressée à son père, qu'elle croyait mort; puis à Simon une missive destinée à son frère, dont il ignorait l'existence. Dans ses dernières volontés, Nawal précise qu'elle refusera toute sépulture tant que ces lettres n'auront pas été délivrées à leurs destinataires. Suspendant sa formation de professeur en mathématiques, Jeanne s'envole pour le pays du Moyen-Orient où sa mère a vu le jour, à la recherche de son véritable géniteur. Son enquête l'amène à découvrir des pans insoupçonnés de la jeunesse de Nawal, alors que la guerre civile faisait rage dans le pays. Malgré sa colère envers la disparue, à qui il a toujours reproché une grande froideur, Simon rejoint sa soeur en compagnie de maître Lebel. Lequel a obtenu d'un confrère local des renseignements qui permettront au jeune homme de retrouver la trace de son mystérieux frère.

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Légende

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DÉTAILS

Date de sortie : 2010-09-17

Classement : 13 ans +

Pays : Canada

Distributeur : Les Films Séville

Date de sortie en DVD : 2011-03-15

Genre : Drame

Durée : 131 min.

Année : 2010

Site officiel

GÉNÉRIQUE

Réalisation : Denis Villeneuve

Montage : Monique Dartonne

Scénario : Denis Villeneuve

Photographie : André Turpin

Musique : Grégoire Hetzel

D'après la pièce de : Wajdi Mouawad

ACTEURS

Mélissa Désormeaux-PoulinRémy GirardLubna AzabalMaxim GaudetteAbdelghafour ElaazizAllen AltmanMohamed Majd

Critique

Incendies : d'une maîtrise remarquable

Marc 
Marc Cassivi

Le défi était de taille: adapter au cinéma la pièce Incendies de Wajdi Mouawad. Denis Villeneuve l'a relevé avec maestria. Son film transcende la pièce que Mouawad lui a confiée si généreusement. Le cinéaste en a extrait l'essence, au profit d'un percutant objet de cinéma.

Villeneuve signe un scénario d'une grande finesse, d'une étonnante économie de mots, magnifié par la charge poétique des images, d'une âpreté de circonstance. En résulte un réquisitoire tout aussi puissant contre la guerre, s'appuyant sur des silences éloquents et cette phrase charnière de l'oeuvre de Mouawad: «L'enfance est un couteau planté dans la gorge. On ne le retire pas facilement.» Le fil de violence doit être rompu, pour que la violence n'engendre plus la violence.

Le ton général d'Incendies, le film, est plus sombre que celui de la pièce, allégée par le personnage, presque loufoque, du notaire Lebel. Celui incarné, avec grande justesse, par Rémy Girard est plus sobre, porteur de secrets, transmetteur d'héritages.

L'héritage, notamment, de Jeanne et Simon Marwan (Mélissa Désormeaux-Poulin et Maxim Gaudette, aussi très justes), jumeaux qui apprennent, à la lecture du testament de leur mère, que leur père est toujours vivant et qu'ils ont un frère aîné. Ils seront chargés de remettre une lettre à chacun, afin de respecter les dernières volontés de Nawal, femme mystérieuse venue du Moyen-Orient, morte subitement.

De tous les écueils, Denis Villeneuve a évité le plus évident: celui d'offrir des images de cartes postales du pays imaginé - qui pourrait bien sûr être le Liban; une partie du tournage a eu lieu en Jordanie - où se déroule la quête des jumeaux et où l'on découvre, par strates narratives, les secrets douloureux de Nawal (magnifique Lubna Azabal).

Chaque plan est étudié, parfaitement intégré, cohérent, sans être esthétisant (grâce à la direction photo du collaborateur des premiers jours, André Turpin). À l'image de la séquence d'ouverture, d'une grande beauté formelle, culminant avec ces enfants de la guerre, préparés au combat, sur fond sonore de You And Whose Army? de Radiohead.

Denis Villeneuve fait preuve dans sa mise en scène de force subtilité. L'utilisation harmonieuse des ellipses est particulièrement remarquable, modelant ingénieusement le récit entre le passé et le présent. Comme cette manière de mettre en parallèle, en un plan évocateur, le Moyen-Orient, terre d'origine, et le Québec, terre d'asile.

Incendies compte bien sûr quelques couacs. Le film, qui n'est pas complètement libéré de son carcan théâtral, cède parfois à des dialogues plus littéraires, surlignés par un jeu emphatique (le professeur de mathématiques, notamment). Peu importe les calculs, on n'arrive pas vraiment à expliquer la différence d'âge entre certains personnages...

Malgré ces invraisemblances plus aisément admises au théâtre, ainsi qu'un certain flottement dans le récit au moment où Simon rejoint sa soeur, Incendies fait preuve d'une réelle cohésion, d'un équilibre cinématographique.

Un équilibre ayant comme pivot une scène d'anthologie, un morceau de bravoure, fulgurant, poignant, bouleversant, déchirant de douleur et de déréliction. Cette image d'une femme insoumise, pleurant devant un autobus en flammes au milieu du désert, restera, j'en suis convaincu, parmi les plus marquantes de notre cinéma.

Imparfait parce que navigant entre deux genres, Incendies témoigne néanmoins d'une maîtrise remarquable. Denis Villeneuve est devenu le cinéaste que son talent, immense, laissait présager. Et Incendies, pour paraphraser un célèbre homme politique, est peut-être quelque chose comme un grand film québécois.

_____________________________________________________________________
* * * *
INCENDIES. Drame de Denis Villeneuve, d'après la pièce de Wajdi Mouawad. Avec Lubna Azabal, Mélissa Désormeaux-Poulin, Maxim Gaudette et Rémy Girard.


Des jumeaux apprennent, à la lecture du testament de leur mère, que leur père est toujours vivant et qu'ils ont un frère aîné. Ils seront chargés de remettre une lettre à chacun.

Un film percutant et bouleversant.

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Commentaires (11)

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  • Les jumeaux ont l'air d'avoir été adoptés!!!!!!!!!! Quel casting de comédiens terrible! Frère et soeur n'ont aucun trait arabe! AUCUN! Quelle mauvaise décision! Et on décerne des prix de meilleurs réalisateur! VOYONS DONC!!!!!!!!!! Le vieillissement de la mère complètement raté (Adrien Morot devait être booké.....) L'ouverture Radiohead TRÈS complaisante.

  • ACCABLANT ! Étouffant ! Je suis sorti de la salle au bout d'une heure, j'étouffais dans ce misérabilisme. Cette présentation des Arabes comme des barbares cruels m'a aussi écoueré. Non je n'ai pas embarqué du tout.

  • Ce n'est pas un mauvais film, bien que les histoires de cette partie de la planète encore à l'époque féodale avec toute sa violente n'est pas de mes sujets préférés.
    Le commentaire que je veux faire est que le film que j'ai visionné est trop sombre même en plein soleil ce n'est pas trop éclairé... soit que la lampe au xénon du cinéma Beloeil manque de puissance ou que D Villeneuve a fait et copié ce film sombre avec éclairage atténué , ce n'est pas un cadeau de toujours bien voir ce qui se passe et j'étais bien placé dans la salle. On verra quand on aura la copie en dvd...

  • J'ai eu du mal à me laisser toucher par le destin des personnages. Peut-être que Villeneuve, très habile scribe du langage cinématographique, n'est pas totalement à son aise à l'écriture des dialogues et à la direction des acteurs. Simple impression.

    J'y ai remarqué également le penchant formaliste du cinéaste, préconisant un cinéma tout en image et en son visant à en extraire l'essence même du vécu. Bien, mais le film ressemble parfois davantage un assemblage de plans soignés dont on perçoit la manière plutôt qu'un véritable espace en continuum, enrichi par la dynamique des trames du présent et du passé, dans lequel se joue le destin tragique des personnages.

    Le film est certes très bon dans son ensemble, mais je ne me risquerais pas, pour l'instant du moins, à parler d'un chef-d'oeuvre ou d'un très grand film. Chose certaine, c'est un film à voir.

  • C'est un bon film... avec quelques petites réserves: le jeu un peu appuyé de Mélissa Désormeaux-Poulin (par contre Maxim Gaudette est excellent...). Deuxième bémol (souligné par M. Cassivi : la différence d'âge entre certains personnages qui m'a posé problème). Ceci dit, il faut saluer le scénario écrit par un jeune cinéaste québécois prometteur qui ne connait ni de près ni de loin cette partie du monde (et Dieu sait combien elle est compliquée...) et qui a su ressortir l'âme de ces gens sans tomber ni dans les clichés ni dans un discours moralisateur. BRAVO !!!

  • Un très beau et grand film. Villeneuve (grâce à Turpin aussi) démontre un talent é-nor-me. C'est très impressionnant. Bref, ce film n'est pas seulement à voir, il est à admirer. Que vous ayiez vu ou lu la pièce avant ou pas.
    Mention plus que honorable à Lubna Azabal.

  • Pour moi, l'histoire comme une quête du Saint-Graal. Un parcours au travers la dévastation d'un être à la suite d'un accroc à son code d'honneur et un autre au travers la route qui conduira au respect de ses dernières volontés. La société reflétée dans ce pays lointain, est-ce la réalité ou naviguons-nous dans un monde en partie fictif? Des images et comportements qui parfois vont au-delà de notre entendement. Ce film dépayse.

  • Ouf. Quel film. Je l'ai vu pour la première fois hier et je suis encore sous le choc.

  • Mon dieu, mon dieu! Entre l'encens de Marc Cassivi et le purin de nic-olas, je demeure coi, quoique le nez bouché.
    Ne me reste qu'à aller constater moi-même. Chef-d'oeuvre ou série B?

  • Vileneuve rate encore la cible avec son manque d'éthique flagrant. La première scène du film, un vidéoclip de Radiohead où l'on voit des enfants soldats se faire raser la tête, est un moment de cinéma honteusement condescendants et inconscient. Le bonhomme veut encore donner l'illusion de sobriété et de justesse face aux horreurs de la violence, mais ne peut s'empêcher de tout rendre spectaculaire avec des images léchées et prétentieuses à souhait. Décidément un film qui s'enligne vers un avenir très surestimé (il est surprenant de voir à quel point le 'critique' La Pressien ne semble pas tenir compte du pouvoir des images). Avec les 7 jours du talion, on a rarement vu aussi malhonnête.

  • Très hâte de voir ce film cette fin de semaine, avec tous les commentaires entendus. Surtout que Mediafilm lui accorde une cote 2 à sa sortie, fait très rarissime pour un film québécois. À suivre.

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