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Ce qu'il faut pour vivre

Ce qu'il faut pour vivre

Ce qu'il faut pour vivre

Résumé

En 1952, Tivii, chasseur inuit atteint de tuberculose, quitte la Terre de Baffin et sa famille pour aller se faire soigner dans un sanatorium de Québec. Sans repères, ne comprenant pas le français, l'autochtone fugue mais est bientôt retrouvé dans une cabane, épuisé. De retour à l'hôpital, il refuse de s'alimenter et exprime son désir de mourir, ce que son médecin ne peut accepter. Sommée de trouver un moyen de le faire manger, l'infirmière Carole décide de transférer au sanatorium Kaki, un orphelin inuit qui, ayant été élevé par des Blancs, peut servir d'interprète à Tivii. Au contact du jeune garçon, le chasseur reprend goût à la vie et guérit peu à peu. Il en vient alors à caresser le projet d'adopter Kaki, afin de lui redonner un foyer ancré dans sa culture d'origine.

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DÉTAILS

Date de sortie : 2008-08-29

Classement : Général

Pays : Canada

Distributeur : Les Films Séville

Date de sortie en DVD : 2009-06-16

Genre : Drame

Durée : 102 min.

Année : 2008

Site officiel

GÉNÉRIQUE

Réalisation : Benoît Pilon

Montage : Richard Comeau

Scénario : Benoît Pilon,Bernard Émond

Photographie : Michel La Veaux

Musique : Robert Marcel Lepage

ACTEURS

Antoine BertrandDenis BernardÉveline GélinasGuy ThauvetteLouise MarleauLuc ProulxNatar UngalaaqPaul-André BrasseurVincent-Guillaume Otis

Critique

Ce qu'il faut pour vivre: le conte réaliste***1/2

Marc-André 
Marc-André Lussier

Ce qu'il faut pour vivre (Jutra du meilleur film de l'année), le premier film de fiction de Benoît Pilon, cinéaste reconnu grâce à ses documentaires, s'inscrit dans la parfaite continuité d'une oeuvre axée sur l'évocation de la condition humaine.


Partageant d'évidence une communauté d'esprit avec Bernard Émond, qui signe le scénario du film, Pilon se distingue par cette attention méticuleuse à traquer les moindres parcelles de vérité d'une situation, tout en évitant les pièges du manichéisme. Ce qu'il faut pour vivre n'a strictement rien de l'effluve nostalgique, ni de la charge revendicatrice.


Il s'agit d'une histoire de déracinement, livrée sur le mode du conte réaliste. L'acteur inuit Natar Ungalaaq se glisse dans cet univers avec aisance, évoquant d'un simple geste ou d'un regard tout son héritage culturel. Et celui de Tivii, qui, atteint de tuberculose dans les années 50, quitte son village inuit pour être soigné à Québec.

______________

***1/2
Ce qu'il faut pour vivre

Drame de Benoît Pilon avec Natar Ungalaaq, Évelyne Gélinas, Louise Marleau.

Ce qu’il faut pour vivre: la maladie de l’exil

Normand 
Normand Provencher

La caméra de Benoît Pilon et la plume de Bernard Émond font de Ce qu’il faut pour vivre une œuvre qui va droit au cœur, judicieux mélange d’humanisme et de respect à l’égard de l’autre, cet étranger qui fait parfois si peur, surtout en ces temps d’accommodements raisonnables.

Terre de Baffin, 1952. Un Inuit dort paisiblement dans son campement, avec sa femme et ses deux fillettes, près d’une rivière. Instant de quiétude qui s’apprête à basculer dans l’inconnu et le drame. Atteint de tuberculose, Tivii, le père de ce clan (Natar Ungalaaq), est forcé d’aller se faire soigner dans un sanatorium de Québec.

Le choc culturel est immense. Tivii observe ahuri des lieux, des objets, des gens qu’il n’a jamais vus. Un extraterrestre tombé du ciel n’aurait pas été davantage décontenancé. Il s’étonne de ce drôle de siège blanc dans les toilettes, essaie de manger ses spaghettis avec une cuillère. Une infirmière (Éveline Gélinas) est la seule à lui démontrer un peu de compassion.

Loin des siens, incapable de communiquer, Tivii se sentira «plus seul au milieu des Blancs que perdu dans la toundra». Plutôt se laisser mourir, croit-il. L’arrivée d’un gamin inuit (Paul-André Brasseur), lui aussi tuberculeux, deviendra sa planche de salut, celui qui lui donnera une raison de s’accrocher pour qu’il puisse un jour retrouver sa famille.

Préservation des cultures

À l’ère de la mondialisation tous azimuts, Ce qu’il faut pour vivre se veut un plaidoyer pour la préservation des cultures. Créateurs sensibles, Pilon et Émond procèdent par petites touches, parfois avec un zeste d’humour (dialogue sur l’eau du robinet, les toilettes et les poissons) pour mieux faire passer leur message d’espoir. À ce récit bien huilé, il faut ajouter le rôle prépondérant joué par l’excellent Natar Ungalaaq. Une force tranquille, capable de faire passer l’émotion d’un seul regard.

Du cinéma intelligent, d’une sobriété efficace, qui constitue la première belle surprise de la rentrée automnale québécoise.

Ce qu'il faut pour vivre : belle entrée québécoise au FFM

Marc-André 
Marc-André Lussier

Le cinéma québécois est entré dans la mêlée du FFM avec Ce qu'il faut pour vivre, le premier film de fiction de Benoît Pilon, cinéaste avantageusement reconnu grâce à ses documentaires. Il est d'ailleurs assez remarquable de constater à quel point ce nouveau long métrage s'inscrit dans la parfaite continuité d'une oeuvre axée sur l'évocation de la condition humaine.

Partageant d'évidence une communauté d'esprit avec Bernard Émond, qui signe d'ailleurs le scénario, Pilon se distingue par cette attention méticuleuse à traquer les moindres parcelles de vérité d'une situation, tout en évitant les pièges du manichéisme.

Loin de la vision folklorique - ou même parfois idéalisée - de la société québécoise que charrient parfois les univers fictionnels, Ce qu'il faut pour vivre n'a strictement rien de l'effluve nostalgique, ni de la charge revendicatrice. Il s'agit plutôt d'une histoire de déracinement, livrée sur le mode du conte réaliste, où chaque personnage enrichit le récit de son humanité, avec ce que celle-ci comporte de nuances et de contradictions.

Natar Ungalaaq, d'emblée candidat au prix d'interprétation, se glisse dans cet univers avec aisance, évoquant d'un simple geste ou d'un regard tout son héritage culturel. Et la douleur de l'exil.

Le personnage qu'il incarne, Tivii, fait partie de ces nombreux Inuits qui, dans les années 50, ont été atteints par une épidémie de tuberculose. Les bateaux-cliniques de l'époque, qui ne pouvaient effectuer leur tournée médicale des communautés du Grand Nord que pendant le court été arctique, ramenaient ainsi vers les ville du Sud les cas les plus lourds.

Cette mise en place, relatée sobrement, est d'autant plus poignante qu'elle prend ici un caractère tragique. Comme plusieurs de ses compatriotes, Tivii a dû faire ses adieux à sa famille sur-le-champ dès le diagnostic annoncé, départ du bateau oblige.

Forcément, le séjour dans un sanatorium de Québec prend pour lui les allures d'un exil. Pilon fait d'ailleurs joliment écho à ce déracinement en misant sur l'évocation, aidé en cela par les superbes images de Michel La Veaux, son fidèle complice depuis 15 ans.

Tout en restant fidèle à l'esprit de l'époque duplessiste, le cinéaste se garde bien aussi de tomber dans le sectarisme ou le règlement de comptes.

Bien entendu, les incompréhensions, issues de l'ignorance, sont évoquées, mais le récit emprunte surtout ici un caractère solidaire. Et humaniste.

Aussi, l'arrivée de Kaki, un jeune garçon également atteint de la maladie (Paul-André Brasseur, très bon), relancera le récit, dans la mesure où Tivii trouve à travers cet enfant, d'origine inuite et québécoise, un moyen de faire honneur à sa propre culture, et d'assurer une filiation.

Prolongeant ainsi une démarche qui s'était jusqu'ici principalement exprimée à travers le film documentaire, Benoît Pilon vise à l'essentiel en soignant aussi ses personnages périphériques. Eveline Gélinas campe avec délicatesse le rôle de l'infirmière qui, tenue «personnellement responsable» de la guérison de son patient, provoque la rencontre entre Tivii et Kaki. Et assure ainsi le lien entre le «nous» et le «eux». Belles présences des autres acteurs aussi, dont Luc Proulx, Louise Marleau, Antoine Bertrand et Vincent-Guillaume Otis.

Cela dit, le film repose sur les épaules de Natar Ungalaaq. L'acteur inuit, révélé par Atanarjuat, affiche une vraie profondeur, tout autant qu'un charisme fou.

Compte tenu de toutes les qualités que réunit ce très beau film, on voit mal comment Ce qu'il faut pour vivre pourrait être écarté du palmarès, même si seulement six des vingt films en compétition ont été présentés.

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* * * 1/2
Ce qu'il faut pour vivre de Benoît Pilon. Aujourd'hui à 14 h au Cinéma Impérial. En salle dès vendredi.

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