Lorsqu'il a tenu le scénario du film Barrymore dans ses mains, tous les souvenirs d'enfance du réalisateur Érik Canuel sont remontés à la surface. La vie sur les planches, les grands auteurs, la direction d'acteurs, les mises en scène, la camaraderie. Normal, quand on est le fils d'Yvan Canuel et de Lucille Papineau, tous deux comédiens.

André Duchesne LA PRESSE



«Ce film est un hommage à mon père», dira le réalisateur (Bon cop, Bad cop et La loi du cochon) avant la projection médiatique de son film, plus tôt cette semaine.

John Barrymore, acteur américain auquel est consacré ce film, a eu de graves problèmes d'alcool qui ont miné toute la fin de sa carrière. «Ce n'était pas le cas de mon père, dit le réalisateur. Mais il a mis en scène de grands classiques au Québec.»

Mettant en vedette l'acteur canadien Christopher Plummer, récemment oscarisé pour son rôle de Hal, père de famille sorti du placard à l'aube de la vieillesse dans Beginners, Barrymore est une adaptation cinématographique de la pièce de théâtre du même nom.

Depuis plusieurs années, M. Plummer interprète l'acteur John Barrymore sur les planches, que ce soit à Broadway ou au théâtre Elgin de Toronto. La pièce nous ramène en 1942, à quelques mois de la mort de Barrymore. Ce dernier, dans une ultime tentative de relancer sa carrière, loue une salle de théâtre pour répéter son rôle dans Richard III de Shakespeare. Le jour (unique) de la répétition, Barrymore, qui ne peut s'empêcher de boire, sombre dans un soliloque entrecoupé de quelques échanges, tantôt tendres, tantôt acerbes, avec un directeur de scène fidèle, bienveillant et restant toujours dans l'ombre.

«Ce n'est pas une captation de la pièce, prévient M. Canuel. Mais le grand défi était de rendre cela intéressant, car le film ne se joue pratiquement qu'avec un seul personnage. C'est pour cela que nous avons ajouté plusieurs éléments qui ne sont pas dans la pièce, comme la vue sur Florence ou l'escalier de la grand-mère de Barrymore. Il fallait ajouter cette dimension cinématographique.»

Le réalisateur partait aussi gagnant avec un acteur qui propose une performance sans faille. «Avant de tourner, j'ai vu la pièce une vingtaine de fois, indique M. Canuel. Christopher et moi avons eu plusieurs rencontres au cours desquelles nous avons discuté d'ajustement de tons, d'attitudes, etc., pour l'adaptation à la caméra. Il a été d'une grande générosité, nous parlions en français [M. Plummer a grandi à Montréal], c'était très agréable de travailler avec lui.»

Le tournage s'est fait en sept jours au théâtre Elgin de Toronto. William Luce, qui avait signé la pièce, a coscénarisé le texte du film avec M. Canuel.




___________________________________________________________________Barrymore sera présenté dans quelques salles à compter du 23 mai.