Convertir un véhicule à moteur thermique pour y installer un propulseur électrique, c’est possible. Le groupe St-Hubert en a récemment fait la démonstration en électrifiant le plus emblématique véhicule de livraison de son histoire, une Volkswagen Beetle 1967.

Éric LeFrançois
Éric LeFrançois Collaboration spéciale

Mais cette opération en apparence toute simple est beaucoup plus complexe et coûteuse qu’on le croit. Une métamorphose d’« une centaine de milliers de dollars », reconnaît Guillaume André, directeur général d’Ingenex, une firme de Trois-Rivières spécialisée entre autres dans la mobilité électrique. « Il y a peu de temps. un particulier voulait électrifier sa Porsche 912 sans compromettre la puissance, l’autonomie et le temps de recharge. Après avoir pris connaissance du prix et des embûches, il a fait demi-tour », explique-t-il.

Contrairement à certains marchés où la conversion est facilitée par les pouvoirs publics, au Québec, c’est plus compliqué. « Pour la seule Beetle, nous avons produit un rapport d’ingénieurs [environ 10 000 $] pour démontrer à la Société de l’assurance automobile du Québec [SAAQ] le sérieux de cette conversion. »

Plus complexe

En effet, il serait futile de croire que cette substitution de propulseurs se résume seulement à retirer le moteur, la transmission et l’échappement et à installer à la place un groupe électrique. « C’est beaucoup plus pointu que cela », explique M. André.

Nous devons nous assurer que les zones de déformation en cas d’impact sont préservées, que le poids techniquement admissible du véhicule ne surpasse pas la masse en charge.

Guillaume André, directeur général d’Ingenex

« Il y a aussi les charges maximales sur chacun des essieux à respecter. Celles-ci ne doivent pas être modifiées par la transformation. Bref, la conversion à l’électrique ne peut pas revisiter les caractéristiques fondamentales du véhicule.

« Le cahier de charges compte à lui seul plus d’une centaine de pages. Des calculs, des simulations et des tests auxquels ne se soumettent pas certains bricoleurs, reconnaît-il, mais tant que la SAAQ ne le sait pas… » Mais le risque existe.