Profondément marquée par la priorité accordée à la circulation automobile dans l’aménagement urbain, la ville recouvre peu à peu ses espaces. Le salon de Munich, qui s’ouvrait la semaine dernière, témoigne de cette volonté d’asseoir l’auto sur la banquette arrière.

Éric LeFrançois
Éric LeFrançois Collaboration spéciale

(MUNICH, Allemagne) Audi GrandSphere Concept

PHOTO FOURNIE PAR AUDI

L’Audi GrandSphere Concept

Présenté dans l’espace public de l’évènement munichois, le GrandSphere Concept donne un avant-goût de la future A8 (2025-2026), bien sûr, mais surtout du projet Artemis sur lequel la marque aux anneaux planche depuis un bon moment déjà. Artemis est le nom donné à cette architecture innovante censée adopter des batteries sèches (ou à électrolyte solide, si vous préférez) particulièrement efficientes en matière de consommation. Outre une technologie fort différente de celle actuellement utilisée par Audi, ce projet aborde aussi l’intégration d’un dispositif de conduite autonome plus avancée (niveau 4). D’ailleurs, en mode autonome, le volant et le pédalier disparaissent pour mettre au premier plan un vaste écran panoramique incurvé dont l’image est projetée à travers le bois de Charme issu d’une culture durable et reproductible.

BMW i Vision Circular

PHOTO FOURNIE PAR BMW

Le BMW i Vision Circular

Dans la rue, cette étude occuperait sensiblement le même espace que l’i3. Ici s’arrête la comparaison. Le concept i Vision Circular de BMW ne verra jamais le jour. Du moins, sous cette forme. Cependant, plusieurs de ses codes esthétiques seront intégrés aux futures i1 et iX1 que concocte actuellement la marque munichoise. Mais l’i Vision Circular ne s’arrête pas là et veille surtout à introduire l’intégration de l’impression 3D dans la fabrication de pièces. Ce procédé permet, dans le cas présent, de réduire de quelque 80 % la quantité de pièces habituellement nécessaires à la fabrication d’un véhicule automobile. Outre une réduction importante de composants, ceux-ci ont la particularité d’être issus de matériaux 100 % recyclés. Il en est de même pour le dispositif de stockage d’énergie : la batterie entièrement solide de la BMW i Vision Circular est 100 % recyclable et fabriquée presque entièrement à partir de matériaux recyclés. Elle permettra d’atteindre une densité énergétique beaucoup plus élevée tout en réduisant considérablement l’utilisation des ressources les plus précieuses.

Mercedes EQ

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Mercedes a obtenu la certification officielle du gouvernement allemand pour commercialiser des véhicules dotés d’un dispositif de conduite semi-autonome de niveau 3.

La plus vieille marque automobile du monde relève non seulement le défi du tout-électrique, mais aussi celui de la conduite assistée. D’ailleurs, Mercedes a profité de cet évènement consacré à la mobilité pour annoncer qu’elle avait obtenu la certification officielle du gouvernement allemand pour commercialiser des véhicules dotés d’un dispositif de conduite semi-autonome de niveau 3, lequel permet à l’automobiliste de quitter — dans certaines circonstances — la route des yeux. Ce système appelé Drive Pilot permet de circuler à 60 km/h et est en mesure d’exécuter plusieurs manœuvres, dont des dépassements. Le Drive Pilot sera proposé, en option, sur les Classe S et EQS. Pour l’heure, ce dispositif est homologué par les autorités allemandes et par deux États américains (la Californie et le Nevada). Aucun échéancier quant à son offre sur le marché canadien n’a été annoncé.

Dans le cadre de ce salon de la mobilité, Mercedes a également présenté ses futurs EQB (un petit utilitaire sept places) et EQE (une berline de milieu de gamme). Deux modèles qui feront carrière au Canada au cours de l’année 2022 en compagnie du porte-étendard, l’EQS. La firme à l’étoile a également levé le voile sur une déclinaison utilitaire de l’EQS : la Maybach Concept EQS. Enfin, à l’instar de Renault (la 5) et de General Motors (Hummer EV), Mercedes revisite l’un de ses classiques avec une Classe G électrifiée. Celle-ci, dont la mise en marché est prévue pour 2025, compte pas moins de quatre moteurs électriques (un pour chaque roue).

Volkswagen ID. Life

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La Volkswagen ID. Life

Le prix des véhicules électriques est appelé à baisser et Volkswagen entend en faire la démonstration avec l’ID. Life. Ce véhicule que Volkswagen compte commercialiser d’ici deux ans sera proposé à un prix inférieur à 20 000 euros (29 000 $ CAN), et ce, avant les réductions gouvernementales. Pour réduire les coûts, le constructeur allemand adopte une batterie de 57 kWh (autonomie attendue de 400 km) et abandonne le coûteux écran d’infodivertissement. En lieu et place, Volkswagen entend proposer un petit support où l’automobiliste pourra consulter, par une application spécifique, l’écran de son téléphone portable pour manipuler les commandes. Quant au bloc d’instrumentation, il disparaît lui aussi au profit d’un dispositif tête haute.