Annoncée pour 2023, la réédition du célèbre modèle sera 100 % électrique. Que gardera-t-elle du modèle d’origine ? Retour vers le futur pour Renault.

Jean-Christophe Laurence Jean-Christophe Laurence
La Presse

Le constructeur français a annoncé, à la mi-janvier, une version électrique de sa mythique Renault 5, qui a notamment connu beaucoup de succès au Québec dans les années 1970 et 1980.

La « Renault 5 Prototype » sera l’un des sept nouveaux modèles 100 % électriques que l’entreprise doit mettre sur le marché d’ici 2025.

Que restera-t-il de la Renault 5 d’origine ? Telle est la question.

PHOTO FOURNIE PAR LE GROUPE RENAULT-DIRECTION DESIGN

Renault parle d’un « côté fun et espiègle », avec une carrosserie jaune « très pop ».

Selon le communiqué auquel nous a renvoyé l’équipe de presse de Renault, cette réédition reprendra les grandes lignes du design et de l’esprit d’origine.

On y parle d’un « côté fun et espiègle », avec une carrosserie jaune « très pop ». D’un look « immédiatement reconnaissable ». De « clins d’œil » au modèle originel « au niveau de la grille latérale, des roues et du logo arrière ».

Cet hommage aux racines de la marque vise à « retrouver l’esprit des temps glorieux », souligne le constructeur... tout en insistant sur le côté très actuel de l’opération.

Si la Renault 5 Prototype s’inspire d’un modèle culte de son patrimoine, Renault voulait en effet un véhicule « ancré dans son temps », d’où cette version électrique et ce design actualisé aux formes plus robustes.

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La nouvelle R5 inclura une trappe de recharge cachée sous la prise d’air du capot.

Outre les éléments de style, la nouvelle R5 inclura une trappe de recharge cachée sous la prise d’air du capot, des phares DEL, du tout-électronique et quelques « gimmicks » du type « French touch » (c’est eux qui le disent), avec toit en tissu « inspiré du mobilier à la française » et drapeaux bleu-blanc-rouge sur les rétroviseurs.

Renault puise donc dans son passé pour se projeter dans l’avenir. Ce nouveau modèle, axé sur la nostalgie et les nouvelles préoccupations environnementales, rejoint ainsi la Fiat 500 et la Beetle de Volskwagen sur le terrain des voitures néo-rétro.

Pas un hasard : c’est Luca de Meo, nouveau PDG de Renault, qui a eu l’idée de faire du neuf avec du vieux. Cet homme d’affaires italien, qui a remplacé Carlos Ghosn à la tête de l’entreprise, est un habitué du concept néo-rétro, puisqu’on lui doit aussi le retour de la Fiat 500 en 2007.

Les « vintage » peu enthousiastes

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La page Facebook Renault 5 Une belle histoire consacrée à l’achat et à la vente de Renault 5 d’origine regorge de commentaires sur la nouvelle-venue.

Chez les amateurs de R5 « vintage », ce nouveau modèle récolte néanmoins des avis partagés, comme en témoignent les commentaires recueillis sur Renault 5 Une belle histoire, page Facebook consacrée à l’achat et à la vente de Renault 5 d’origine.

« Il faut savoir vivre avec son époque ! Cela peut être une belle expérience du tout-électrique. Et puis, elle a les gènes de la Renault 5, avec certains beaux détails. Pour ma part, je trouve ça plutôt réussi », souligne notamment Jonathan.

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La Renault 5 Prototype doit prendre la route en 2023.

Patrick, en revanche, n’y voit qu’une approche « purement marketing », qui a perdu l’esprit populaire et abordable de la R5 d’origine.

« La conception de la R5 était novatrice, mais imaginée avec une logique de prix contenu pour être accessible au pouvoir d’achat des foyers plus modestes. Aujourd’hui, cette nouvelle R5 semble destinée à une clientèle argentée à la mode, encline à s’enthousiasmer pour des références vintage et s’afficher écolo, à condition de disposer des gadgets connectés du moment. En fait, je m’interroge quant au réel impact écologique de ces versions électriques dont le recyclage et l’entretien seront bien plus coûteux que pour la R5 des années 1970. »

Une petite voiture populaire

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Renault 5 Type 1, 1972-1985

Créée en 1972, la Renault 5 fut la voiture la plus vendue de France de 1974 à 1983. Elle se déclinera en différents modèles, de la GTA à la GTL, en passant par la Turbo, l’Alpine et la Supercinq. Un modèle électrique, pouvant aller jusqu’à 80 km/h, sera même à l’essai en 1971.

La R5 laisse aussi des souvenirs mitigés au Québec, où elle sera vendue de 1976 à 1986.

La mini de Renault était si populaire chez nous qu’elle atteindra 50 % du marché de la petite voiture dans la province. Un succès en partie attribuable aux campagnes de publicité comme « J’ai attrapé le chnac » (avec feu Ghyslain Tremblay) ou celle du « chameau », avec Robert Charlebois.

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Comme toutes les Renault, la 5 n’était cependant pas faite pour nos hivers rigoureux. Ses propriétaires se souviendront peut-être de ses problèmes de corrosion et de ses chaufferettes inadéquates, qui feront parfois tourner l’expérience au cauchemar.

Les Renault cesseront d’être vendues au Québec à la fin des années 1980.

La Renault 5 Prototype doit prendre la route en 2023. Selon Renault, elle devrait coûter moins de 20 000 euros (30 000 $ CAN). À noter que l’entreprise produit des voitures électriques depuis le lancement de la Zoe, en 2012.