(New York) À défaut de révolutionner la batterie, Tesla a annoncé mardi une série d’améliorations techniques censées lui permettre de diviser par deux son coût de production et de proposer un véhicule électrique à 25 000 dollars d’ici trois ans.

Juliette MICHEL
Agence France-Presse

« De combien d’années pouvons-nous accélérer l’adoption de l’énergie durable ? C’est la réelle mesure du succès », a martelé M. Musk.

Face au changement climatique, « nous devons agir », a-t-il affirmé.  

Dans cette optique, l’entrepreneur s’est dit « confiant » en la capacité du groupe à offrir rapidement une voiture électrique à 25 000 dollars, une réduction d’au moins 10 000 dollars par rapport au modèle de base qu’il propose actuellement à la vente.  

Y parvenir passe par une réduction du coût des batteries.  

Pour ce faire, Tesla a, lors d’une présentation assez technique, exposé plusieurs avancées à divers stades de la conception de la batterie : sur la conception des cellules, sur la chaîne de fabrication, sur l’utilisation du silicone, sur la fabrication de la cathode et les métaux utilisés, et sur l’intégration dans la voiture elle-même.  

Tout cela devrait au final permettre de diminuer de 56 % le coût de production d’un kilowattheure.  

Elon Musk « n’a pas révolutionné la nature de la batterie ou la façon dont elle fonctionne », remarque Karl Brauer, analyste pour le site spécialisé iSeeCars. « Mais une façon plus efficace de produire la batterie et de générer et conserver l’énergie à l’intérieur de la batterie. »

Sur un stationnement

Le groupe a présenté « une multitude de petites avancées sur la conception de la batterie ou de la voiture autour de la batterie, lui permettant de réduire son coût significativement, d’augmenter la vitesse de production et la distance qu’elle peut parcourir », souligne-t-il auprès de l’AFP.  

Les deux éléments les plus intéressants sont à ses yeux le recours accru au silicone, un matériau facilement disponible, et l’utilisation de la batterie comme un élément structurel de la voiture.  

Elon Musk a toujours eu en tête de convaincre le conducteur d’adopter en masse les véhicules électriques.

« Nous n’avons pas encore de voitures vraiment peu chères, mais nous y parviendrons », a-t-il affirmé mardi.  

Reste à savoir si le montant de 25 000 dollars suffira à convaincre autant de gens qu’ils le souhaitent.

L’évènement, retransmis en direct en ligne après l’assemblée générale annuelle de l’entreprise, a commencé par un petit couac : pas de son sur la vidéo présentant aux internautes les activités de l’entreprise.  

COVID-19 oblige, il se tenait à l’extérieur, les intervenants se succédant sur un podium devant les actionnaires qui avaient pu faire le déplacement, installés au volant d’un peu plus de 200 voitures de la marque nettement rangées sur un grand stationnement.  

« C’est un peu difficile de sentir l’ambiance de la salle », a ironisé le patron en arrivant sur la scène. Quelques coups de klaxons ont tout de même régulièrement salué ces annonces.  

Habitué des coups médiatiques, l’entrepreneur d’origine sud-africaine avait promis sur Twitter, le 11 septembre, qu’il lèverait le voile sur de « nombreuses choses passionnantes » lors de cet évènement déjà reporté plusieurs fois.

Tesla tient à jouer les premiers rôles dans les batteries, l’élément clé pour le futur des véhicules électriques, afin d’accentuer son avance sur les autres constructeurs automobiles, qui tirent encore la majeure partie de leurs revenus des véhicules à moteurs thermiques (diesel ou essence).

M. Musk avait toutefois calmé les ardeurs des plus enthousiastes lundi soir en soulignant que les innovations présentées n’atteindraient pas « une réelle production de masse avant 2022 ».  

Avant d’ajouter quelques heures plus tard : « Les gens ne comprennent pas bien l’extrême difficulté à produire en masse de nouvelles technologies ».  

Il a souligné lors de la présentation mardi que certaines des innovations présentées ne fonctionnaient pas encore, mais étaient « toutes proches » d’y parvenir.

À la Bourse de New York, l’action reculait de 7 % dans les échanges électroniques après l’évènement.