Le profil du véhicule d’occasion parfait : joli, propre, bien entretenu et, surtout, fiable. Des conditions faciles à réunir ? Pas si vous vous précipitez sur la première occasion venue ou si vous prêtez foi au descriptif et aux photos que l’on retrouve sur les sites de petites annonces. Pour trouver la bonne affaire, il faut y mettre du temps.

Éric LeFrançois Éric LeFrançois
Collaboration spéciale

Votre jugement ne tient pas toujours la route ? Vous avez le coup de cœur facile ? Alors, n’hésitez pas à vous faire accompagner d’une connaissance qui saura voir l’absence de rainures sur les pneus ou encore la tache de rouille qui menace d’effeuiller le dessus du coffre.

Avant d’aller plus loin, un petit rappel : on ne part pas à la recherche de la perle rare quand tombe la nuit. Impossible dans ces conditions de vérifier l’état de la moquette ou du plancher, de s’assurer que les quatre pneus sont identiques ou de constater que le véhicule convoité, comme la tour de Pise, penche d’un côté.

Dites, elle roule ?

La calandre est un peu abîmée, le feu arrière droit est brisé, mais le véhicule semble pétant de santé : un essai sur route s’impose pour voir s’il tient ses promesses.

Pour en avoir le cœur net, il faudra parcourir un certain nombre de kilomètres (au minimum 10), histoire d’évaluer les performances routières. Avant de prendre la route, prenez le temps de vous familiariser avec les commandes du véhicule. Contact. Les jauges et témoins fonctionnent-ils tous ? Les essuie-glace ? Et les phares ? Ouvrez l’œil aussi sur la fumée qui se dégage du pot d’échappement. Elle est bleue ? Blanche ? Noire ? C’est mauvais signe !

Une petite promenade en ville vous permettra de vérifier que la direction est suffisamment légère pour faciliter les manœuvres à basse vitesse ou encore que la pédale de frein demeure ferme lorsque le véhicule est immobilisé à un feu rouge. Et qu’en est-il des performances quand le feu passe au vert ? L’accélération est-elle acceptable ? Le passage des rapports de transmission est-il sans accrocs ? Et la marche arrière ?

Tout en analysant mentalement vos premières impressions de conduite, empruntez la bretelle, là, à droite, pour prendre l’autoroute, où vous serez en mesure de juger de la stabilité du véhicule et de ressentir d’éventuelles vibrations (roues, direction, etc.).

Tendez également l’oreille aux bruits inhabituels (cliquetis, craquements, sifflements, etc.). Vous avez tout vérifié ? Empruntez maintenant la prochaine sortie, où vous serez en mesure de vérifier la qualité du freinage.

Expert recherché

Au terme d’un essai routier, plusieurs consommateurs s’interrogent et mettent en doute leur propre jugement. Si tel est le cas, le vendeur n’a pas à vous refuser une visite à l’atelier mécanique de votre choix pour confirmer ou infirmer vos impressions. Pourquoi ? Parce que la prudence vous aura incité à faire vérifier la condition mécanique du véhicule convoité par un atelier de confiance.

L’idée consiste à obtenir le point de vue d’une tierce personne neutre et compétente en la matière. Une telle inspection coûte une centaine de dollars. En retour, le technicien vous fournira un rapport écrit détaillé sur les petits secrets de votre future conquête. De l’état de la tuyauterie du système de refroidissement à l’étanchéité des soufflets de cardans en passant par l’usure des plaquettes de frein et la lecture du taux de compression de chaque cylindre. Le technicien pourrait en avoir long à vous raconter, surtout si celui-ci œuvre pour un concessionnaire de la marque qui détient toutes les informations sur les entretiens réalisés sur le véhicule.

Évaluation en main, vous saurez alors si vous faites une bonne affaire ou s’il vous faut aller voir ailleurs. Si le véhicule vous intéresse toujours, vous disposerez ainsi d’éléments d’information qui vous permettront de négocier le prix en fonction de l’état réel du véhicule.

Il arrive toutefois qu’une inspection mécanique avant l’achat ne permette pas de déceler la présence d’un vice caché. Qu’à cela ne tienne, le nouveau Code civil a prévu des recours. Mais ça, c’est une autre histoire…