Cette semaine, notre expert répond à quelques-unes de vos questions au sujet de l’avenir de l’industrie de l’automobile.

Publié le 29 janv. 2021
Éric LeFrançois
Éric LeFrançois Collaboration spéciale

Le retour des chevrons

La fusion entre le groupe français PSA et le consortium italo-américain FCA pourrait-elle se traduire par le retour d’une marque française (Peugeot ou Citroën) au Canada ? Si mon souvenir est bon, Citroën devait revenir au Canada en 2018. — Félix V.

Au cours des 20 dernières années, plusieurs rumeurs ont circulé sur le retour de Citroën au Canada. Aucune ne s’est avérée fondée. La fusion conclue la semaine dernière entre PSA et FCA pourrait laisser croire au retour de la marque aux chevrons sur nos terres. Cette hypothèse est peu probable. La direction du nouveau groupe Stellentis a d’autres préoccupations à l’heure actuelle. L’une d’elles consiste justement à établir quelles marques seront conservées. Cela dit, il n’est pas interdit de penser que des architectures et autres composantes élaborées par PSA (Peugeot-Citroën) se retrouveront sur des véhicules vendus en Amérique du Nord.

Une bonne nouvelle ?

PHOTO JIM WATSON, ARCHIVES AGENCE FRANCE-PRESSE

Joe Biden s’adressant à des membres du syndicat United Auto Workers (UAW) à Warren, au Michigan, en septembre 2020

L’élection de Joe Biden aux États-Unis va-t-elle inciter les constructeurs automobiles à accélérer la transition vers les véhicules électriques ? — Marie-Ève J.

Le nouveau président des États-Unis a déjà clairement exprimé sa position en faveur des véhicules électriques. Au cours de sa campagne, Joe Biden a notamment promis de réinstaurer le programme de crédit d’impôt pour l’achat d’un véhicule électrique, mais à deux conditions. Que la classe moyenne profite en priorité de ce crédit et qu’elle arrête son choix sur un véhicule assemblé aux États-Unis. Enfin, le nouveau président a également promis l’installation de 500 000 stations de recharge électrique d’ici à 2030. On en compte 90 000 actuellement.

L’hydrogène, c’est électrique aussi ?

PHOTO KIM HONG-JI, ARCHIVES REUTERS

Une station de recharge d’hydrogène à Séoul, en Corée du Sud

Face à la déferlante des véhicules électriques, l’hydrogène a-t-il encore sa place dans l’industrie automobile ? À Québec, nous avons une station de recharge pour l’hydrogène, mais celle-ci ne m’apparaît pas très courue. — Pierre L.

Il y a longtemps que l’on en discute, l’heure de choisir entre une voiture dont il faudra recharger la batterie ou celle dont il faudra faire le plein d’hydrogène semble encore lointaine. Pour plusieurs acteurs du milieu automobile, à l’exception de certains constructeurs asiatiques, l’hydrogène ressemble plus que jamais à un plan B. Cette technologie se heurte, dans un premier temps, aux sommes colossales requises pour mettre en place un réseau de ravitaillement. Et dans un deuxième temps, à la source d’énergie utilisée pour produire, en amont, l’hydrogène nécessaire au fonctionnement de cette pile à combustible.

La fin des salons

PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, ARCHIVES LA PRESSE

Dévoilement d’une voiture McLaren au Salon de l’auto de Montréal le 16 janvier 2020

Est-ce la fin des salons automobiles ? Je lis à gauche et à droite que cette formule est périmée et que l’industrie automobile songe à une autre formule. Est-ce vrai et quelle manifestation est envisagée pour l’avenir ? — Claude B.

Il serait prématuré d’annoncer la fin des salons automobiles en général et celui de Montréal en particulier. À l’heure actuelle, tout le monde réfléchit. Aussi bien les promoteurs de ces manifestations que les constructeurs. Ces derniers, et ce, bien avant la pandémie, s’interrogeaient déjà au sujet des retombées (commerciales et médiatiques) et du coût des salons. Plusieurs constructeurs souhaitent aujourd’hui communiquer en dehors de ces évènements, où leur message se trouve noyé dans la masse et leurs communications deviennent inaudibles.