La sécurité en toutes saisons. Voilà la raison principale qui incite le consommateur à préférer quatre roues motrices au lieu de deux. Mais est-ce bien nécessaire de débourser dans certains cas près de 3000 $ pour agrafer un tel dispositif sous votre véhicule ?

Éric LeFrançois Éric LeFrançois
Collaboration spéciale

La question mérite d’être posée depuis que le correcteur de stabilité électronique, par exemple, a été rendu obligatoire sur tous les véhicules vendus en Amérique du Nord. Ce système également connu sous le nom d’antidérapage comporte des capteurs capables eux aussi de détecter une perte de motricité et de corriger la trajectoire.

Concrètement, cela veut dire que même sans un rouage intégral, les véhicules qui circulent sur nos routes sont plus sûrs, peu importe le coefficient d’adhérence de la chaussée. 

Cela dit, il serait injuste de croire qu’un véhicule à deux roues motrices procure une motricité et une stabilité équivalentes à celles d’un véhicule à quatre roues motrices. En revanche, il est bon de savoir que les dispositifs à quatre roues motrices offerts sur le marché ne naissent pas tous égaux. Par exemple, celui qui équipe la Prius de Toyota ou encore le UX de Lexus entraîne les roues postérieures jusqu’à une vitesse de 70 km/h. Ensuite, seules les roues avant sont motrices.

D’autres fonctionnent peu importe la vitesse à laquelle vous circulez, mais les quatre roues ne deviennent motrices que lorsqu’une perte de motricité est détectée. Lorsque le coefficient d’adhérence est au beau fixe, seules les roues avant (ou arrière, selon la configuration du châssis) sont entraînées. Ce n’est que lorsqu’un capteur électronique détecte une perte d’adhérence que le couple est redirigé vers les autres roues. Ce type de dispositif, largement répandu dans l’industrie, est communément appelé intégral à prise temporaire. Son efficacité varie encore très grandement en fonction de la qualité des capteurs et de la vitesse à laquelle le processeur gère les informations. 

Il existe également un système à prise constante, plus efficace, mais son poids plus élevé entraîne une consommation d’essence généralement plus importante.

Conséquemment, même si les avantages d’un quatre roues motrices sont bien réels, il apparaît plus souvent superflu et onéreux sur un véhicule à traction (roues avant motrices). En revanche, il prend tout son sens sur les véhicules utilitaires qui se revendent plus facilement lorsqu’ils comptent quatre roues motrices plutôt que deux.

Un effet parfois pernicieux

Les spécialistes de la conduite automobile et les forces de l’ordre ne manquent jamais de rappeler que la plus grande inquiétude avec un véhicule à quatre roues motrices, c’est qu’il procure trop souvent à celui ou celle qui se trouve au volant une fausse impression de sécurité. D’ailleurs, dès la première chute de neige, les premiers à perdre la maîtrise de leur véhicule sont généralement les nouveaux propriétaires de véhicules à quatre roues motrices.

Nombre d’automobilistes comptent à ce point sur la motricité accrue de ce dispositif qu’ils en oublient les lois de la physique. Plusieurs d’entre eux croient à tort qu’avec un rouage à quatre roues motrices, on peut négocier une courbe enneigée plus rapidement qu’au volant d’un véhicule qui n’en a que deux. C’est ici que s’installe ce sentiment d’invulnérabilité chez de nombreux automobilistes. 

La traction intégrale ne permet pas d’aller plus vite, seulement d’offrir une marge de sécurité additionnelle lorsque les conditions de la route sont précaires.