Il faut faire le tri entre les idées reçues et les réalités. On peut déjà prendre de l’avance ici pour savoir « si le sac de golf dans le coffre améliore l’adhérence sur une chaussée glissante » ou « si l’air est plus corrosif que l’azote ».

Éric LeFrançois Éric LeFrançois
Collaboration spéciale

Le chiffre à retenir : 1

À partir du 1er décembre, tous les véhicules circulant sur les routes de la Belle Province devront obligatoirement chausser des pneus d’hiver. Québec devance ainsi de deux semaines la limite qui, depuis 2008, était fixée au 15 décembre. La date de retrait légal demeure pour sa part la même, soit le 15 mars.

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Il est obligatoire dès le 1er décembre.

Chute de pression

Le témoin de pression des pneumatiques illumine régulièrement le bloc d’instrumentation l’hiver. Si le mercure chute, la pression des pneumatiques dégringole également. Même s’ils sont gonflés à l’azote. Les propriétés particulières de ce gaz présentent cependant des avantages par rapport à l’air. D’une part, à cause de la taille de ses molécules, l’azote parvient plus difficilement à s’échapper d’une paroi solide. D’autre part, ce gaz oxyde moins les capteurs chargés d’observer la pression des pneus.

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Au froid, les gaz ont moins de volume. Ça peut faire allumer le témoin de pression pneumatique.

Fausse bonne idée No 1 : « réchauffer» le moteur

Faire tourner le véhicule au ralenti au cours de la saison froide ne prolonge en rien la durée de vie de ses composants. Cette pratique, encore trop répandue, contribue seulement à polluer davantage. Pour peu naturellement que votre véhicule carbure à l’essence. Cette idée, bien ancrée dans la tête de plusieurs générations d’automobilistes, avait sa raison d’être à l’époque où les moteurs s’abreuvaient à l’aide de carburateurs et baignaient dans des lubrifiants de moindre qualité. La seule règle qui tient toujours aujourd’hui sur ce sujet est de s’assurer que le niveau de température optimal du moteur a été atteint avant de le solliciter rudement.

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«Réchauffer le moteur» n'aide en rien le moteur. Ça fait juste polluer plus.

Fausse bonne idée No 2 : doucher le pare-brise

Pour accélérer le déglaçage des vitres, peut-on les arroser d’une bonne douche d’eau chaude ? Après tout, l’industrie automobile ne propose-t-elle pas déjà sur certains de ses modèles des gicleurs de lave-glace chauffants ? Vrai, mais la température n’est pas la même. Un seau d’eau chaude peut potentiellement fissurer un pare-brise, par exemple. Le même danger guette également celui ou celle qui applique ce même traitement-choc aux serrures des portières.

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Doucher son pare-brise à l'eau chaude pour le déglacer peut le fissurer.

Fausse bonne idée No 3 : alourdir le train arrière

À l’époque où la propulsion (roues arrière motrices) était la règle et non l’exception, plusieurs automobilistes s’assuraient de lester le coffre de sacs de sable ou autres objets lourds pour préserver la motricité des roues arrière. Une habitude que plusieurs appliquent aujourd’hui avec les véhicules tractés (roues avant motrices) dans le but d’équilibrer les masses pour mieux contenir de possibles errances du train arrière sur une chaussée à faible coefficient d’adhérence. Une (autre) vieille idée qui ne tient plus la route. D’abord en raison de l’obligation de chausser son véhicule de quatre pneus d’hiver, mais aussi de la présence d’un correcteur de stabilité électronique (désormais de série sur l’ensemble des véhicules vendus neufs au pays) qui contribue à rendre la conduite plus sûre. Gaver le coffre de votre véhicule d’objets lourds non seulement réduira sa contenance, mais augmentera aussi sa consommation d’essence.

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Avec les contrôles de stabilité électroniques, mettre ce sac de sable dans le coffre n'améliore pas la tenue de route. Encore moins si vous conduisez un véhicule à traction.