La montre multifonctions d'Apple cause de l'inquiétude dans les milieux voués à la sécurité automobile. L'influent Institute for Advanced Motorists (IAM), un groupe d'intérêt public anglais, prévient que la montre Apple pourrait «réduire considérablement l'habileté des conducteurs» et être «une cause majeure» de distractions et d'accidents.

Publié le 30 sept. 2014
Denis Arcand LA PRESSE

La montre Apple, récemment dévoilée par la société mère de l'iPhone, permet de faire et de recevoir des appels téléphoniques, des courriels et des textos, et même de prendre ses signes vitaux.

«Des alertes incessantes solliciteront l'attention des conducteurs», a indiqué l'IAM. De plus, «contrairement aux appareils mains-libres permis par la loi, la montre Apple requiert l'usage des deux mains». L'IAM ajoute qu'en Grande-Bretagne, l'usage de cette montre sera pénalisé comme l'usage du téléphone au volant: trois points d'inaptitude, une amende de 100 livres (180$) et jusqu'à deux ans de prison s'il est prouvé en cour que la montre a contribué à un accident mortel.

Dans la plupart des provinces canadiennes, la loi donne à la police le pouvoir de saisir ces appareils et d'en extraire les données d'utilisation en cas d'accident grave. «L'appareil qui vous distrait a aussi le pouvoir de vous faire condamner», prévient le directeur de l'IAM, Neil Gregg.

Au Québec, les appareils portés au poignet du genre de la montre d'Apple ne sont pas spécifiquement interdits au volant, dit Audrey Chaput, de la SAAQ. Mais l'organisme a pris acte de l'apparition de ces nouveaux appareils et un examen en profondeur est en cours, souligne Mme Chaput. Actuellement, un policier pourrait utiliser l'article 439 qui interdit de conduire avec un écran pouvant afficher de l'information pouvant être vue par le conducteur. Mais la SAAQ pourrait recommander au gouvernement une interdiction spécifique sévère selon les conclusions de l'examen en cours à la SAAQ.