Les participants au salon automobile de Los Angeles ont tenté sans grand succès de faire bonne figure mercredi, alors qu'à l'autre bout du pays, à Washington, les «trois grands» constructeurs américains essayaient de convaincre le Congrès de les sauver de la faillite.

Tangi Quemener AGENCE FRANCE-PRESSE

«C'est très important pour nous d'être là et de communiquer sur le fait que nous n'avons pas seulement de très bons produits dans nos concessions, mais aussi de très bons produits qui vont arriver», a déclaré Mark Fields, président pour les Etats-Unis de Ford, le seul des principaux fabricants américains à avoir organisé une conférence de presse à Los Angeles.

Lors de la première des deux journées du salon réservées à la presse, Ford présentait une version restylée de sa berline Fusion, équipée de moteurs plus économiques.

Mais une fois la démonstration terminée, M. Fields a été bombardé de questions sur le sauvetage que l'industrie automobile réclame à Washington.

«De notre point de vue, nous avons effectué d'énormes progrès pour restructurer ces deux dernières années. Il est clair que l'économie est sous pression à l'heure actuelle, mais c'est avec des produits comme ceux-là que nous allons continuer à traverser cette période pour croître et progresser pendant que l'économie se rétablit», a affirmé ce dirigeant.

Ford, GM et Chrysler tentent d'obtenir du Congrès qu'il approuve un plan de 25 milliards de dollars, qui leur permettrait selon eux de se restructurer pour répondre aux nouvelles conditions du marché nées de l'amorce d'une récession, du resserrement du crédit et de la hausse du prix du baril de brut l'été dernier.

Ford, qui mettait l'accent sur son stand sur les voitures moyennes au détriment des gros 4x4 qui ont été les vaches à lait des constructeurs américains entre 1995 et 2005, semble en un peu meilleure position financière que GM et Chrysler, qui pourraient devoir déposer leur bilan dans les prochains mois.

«Nous avons des liquidités au moins jusqu'à fin 2009, mais nous ne savons pas ce qui va se passer du point de vue économique. Donc nous sommes à Washington maintenant pour demander, en tant qu'entreprise et industrie, d'avoir accès au capital, si nécessaire», a insisté M. Fields.

Malgré ces déclarations volontaristes, le salon présentait plusieurs signes évidents de déprime: peu enthousiastes à l'idée de devoir répondre à des questions sur un éventuel dépôt de bilan, ni General Motors ni Chrysler n'ont organisé de conférences de presse.

Autre signe révélateur, la désaffection des politiques. Le maire n'a pas participé à la cérémonie d'ouverture, tandis que le gouverneur de Californie Arnold Schwarzenegger, qui saisit d'habitude l'occasion de la deuxième journée de presse pour vanter les véhicules «verts», ne devait pas faire le déplacement jeudi, selon son bureau de presse.

Inaugurant cette manifestation mercredi matin, le PDG de Renault-Nissan, Carlos Ghosn, ne s'est pas voilé la face: «les États-Unis et le reste du monde sont, et il n'y a aucun doute à ce sujet, dans une situation (économique) très grave et inquiétante», a-t-il dit.

«Tout le monde va être affecté» par la crise, a ajouté le dirigeant, en rappelant que le mois d'octobre avait été le pire pour les ventes de voitures aux Etats-Unis depuis un quart de siècle.

«Il va falloir s'adapter, innover pour sortir de la tempête», a ajouté M. Ghosn. Il a estimé que le paysage automobile mondial allait être bouleversé par la crise, aboutissant à la disparition d'acteurs et au regroupement d'autres.