La voiture ancienne suscite un engouement croissant. Les expositions consacrées à ces belles d'autrefois qui se déroulent un peu partout au Québec cet été en témoignent.

Publié le 27 juill. 2015
Éric LeFrançois LA PRESSE

D'ailleurs, si vous êtes de passage dans la région de Granby le week-end prochain pour la 34e exposition annuelle de voitures anciennes, peut-être aurez-vous envie d'en retaper une « vieille » vous aussi. De sauver du naufrage un « chef-d'oeuvre » de l'automobile qui ne vaut rien ou dont personne ne veut. Mais tous les modèles se collectionnent.

Attention toutefois de ne pas confondre ces modèles anciens avec certaines voitures récentes pouvant se prévaloir de l'étiquette « collection » en raison de leur rareté, de la personnalité de leur propriétaire ou de leur palmarès en compétition.

À l'acheteur potentiel, il faut conseiller de choisir une voiture en bon état et, surtout, dont la restauration est à sa portée. Croyez-en mon expérience personnelle et fuyez le véhicule vendu pour une bouchée de pain, mais sur lequel tout est à faire. Vous débourserez le double ou le triple de ce que vous coûterait le même modèle en bon état et sa valeur ne sera pas plus grande.

De même, un séduisant spécimen signalé « en cours de restauration » est bien souvent un leurre. Sachez qu'il manquera toujours des pièces introuvables ou vendues à prix d'or ! Pour ne pas tomber dans le piège, deux conseils.

Offrez-vous une visite sur le site Hagerty pour évaluer la valeur marchande du véhicule convoité. Ce site n'est pas parfait, mais vous indique à tout le moins si ce véhicule mérite une restauration complète et dans les règles de l'art.

Ensuite, effectuez une recherche sur les fournisseurs de pièces (ne négligez pas de visiter les sites spécialisés des amateurs de ce modèle). Vous serez alors à même d'évaluer en partie le coût de la restauration.

Mais, au fait, pourquoi restaurer de vieilles voitures? Les raisons profondes sont extrêmement compliquées et leurs origines, souvent mal définies par le collectionneur lui-même. Il peut s'agir d'un amour de jeunesse. Ou d'un coup de foudre.

Mais quel que soit le motif, il y aura des heures passées à se contorsionner sous la carrosserie, à se salir bien plus que les mains. La seule satisfaction - et elle mettra sans doute du temps à venir - arrive le jour où on oublie peines et déceptions. Ralenti parfaitement réglé, moteur qui ronronne d'aise, premiers tours de roues...

Celle à qui la vie a été rendue et son bienfaiteur vont désormais vivre ensemble. Il va écouter le rythme de son coeur, le grincement des pignons de sa boîte. Elle sera dorlotée avec une succession d'angoisse et de crainte, d'allégresse et de plaisir. En effet, prendre la route au volant d'une ancienne, c'est échapper à l'ennui, car elle éveille tous les sens et donne envie d'aventures. La tenue de cap est parfois approximative et réclame d'incessantes corrections du volant. Les freins, parfois à l'efficacité relative, requièrent anticipation et dosage approprié. Vous n'avez pas une minute de répit.

Le charme de la voiture ancienne procède également d'un plaisir esthétique, du retour dans le temps aussi. Difficile de ne pas s'extasier devant ces tôles taillées dans la masse, ces chromes clinquants, ces tableaux de bord bourrés de cadrans. Excitant, non?