À qui profite un salon automobile? La question n'a rien de saugrenu, bien au contraire. À quelques jours de l'ouverture du Mondial de l'automobile de Paris, il y a tout lieu de se demander si un événement de la sorte a toujours sa raison d'être.

Mis à jour le 29 sept. 2014
Éric Lefrançois LA PRESSE

À qui profite un salon automobile? De moins en moins à la presse chargée de le couvrir. Les portes de Versailles à Paris n'ouvriront que jeudi et déjà plusieurs nouveautés sont déjà connues du public. Les premières photos (et les caractéristiques techniques) des Mercedes-AMG GT, Audi TT Roadster, Jaguar XE ont déjà fait le tour de la planète. Et ce ne sont que trois exemples. En fait, la majorité des quelque 60 avant-premières dont se targue l'organisation de cet événement n'en sont pas ou ne méritent pas cette étiquette, comme c'est le cas par exemple du Volkswagen Touareg essayé dans nos pages cette semaine. Alors, à quoi bon se rendre dans la Ville Lumière? Voilà la question que plusieurs journalistes se posent. Pour y réaliser des entrevues avec les décideurs, très peu pour voir les nouveautés présentées.

À qui profite un salon automobile? Aux constructeurs? Oui, car il représente encore un fantastique levier pour le réseau de concessionnaires. Il permet également de véhiculer l'image de marque dans un environnement contrôlé et, surtout, très réceptif. Mais il coûte de plus en plus cher d'y participer et incite certaines marques à réévaluer leur implication.

C'est le cas notamment de Volvo, qui a déjà fait l'annonce qu'elle ne participera plus à aucun salon automobile international (pas même la Chine?) sur la planète à compter de janvier 2015. C'est donc dire que les salons qui se dérouleront à Paris et plus tard à l'automne à Los Angeles seront les derniers.

Le constructeur suédois compte désormais utiliser d'autres canaux - les réseaux sociaux particulièrement - pour communiquer avec sa clientèle actuelle et future. Cela ne veut pas dire que les produits Volvo ne seront pas visibles dans certains salons automobiles pour autant. Si le réseau de concessionnaires par exemple se mobilise, celui-ci peut très bien y participer. La sortie de Volvo en fait réfléchir (et sourire) plus d'un, mais il est peu probable que cette décision aura un effet domino sur les autres constructeurs à court ou moyen terme. D'ailleurs, plusieurs intervenants du milieu automobile interrogés par La Presse estiment que Volvo reviendra sur sa décision avant longtemps. À voir.

À qui profite un salon automobile? Aux consommateurs. Bien entendu. L'événement demeure une occasion unique pour comparer, sans pression aucune, la production actuelle dans un lieu unique. C'était vrai hier, mais est-ce encore le cas aujourd'hui? Comment un consommateur peut-il faire un choix éclairé s'il ne dispose pas de tous les éléments pour fixer son choix de façon définitive?

Par exemple, comment peut-il savoir que la marque Y commercialisera un modèle susceptible de l'intéresser dans quelques mois si celui-ci n'est pas exposé? Et pire encore, comment pouvait-il se douter que la nouveauté présentée fera l'objet d'une mise à niveau importante dans quelques mois à peine, comme GM qui ajoute deux rapports supplémentaires à la boîte de vitesse de ses gros utilitaires.

À qui profite un salon automobile?