Malgré les rappels des dernières années, la notoriété de Toyota demeure immense. La fiabilité, le faible coût d'entretien, sans oublier la valeur de revente de ses produits sur le marché de l'occasion ne sont plus à faire.

Éric Lefrançois LA PRESSE

Mais la réputation du géant de l'industrie automobile ne fait pas que des envieux. Le renouvellement de ses modèles les plus «jeunes» ressemble plus à une opération maquillage qu'à une refonte complète. En fait, hormis quelques coups de crayon pour masquer le poids des années et dynamiser leur aspect, les Toyota les plus récentes innovent (très) peu, alors que la concurrence se lance dans une surenchère technologique - parfois discutable, doit-on reconnaître - pour compenser sa renommée souvent plus modeste.

Le sur-place technique de Toyota s'explique. Le constructeur japonais a longtemps préféré être en retard d'un train que de servir une technologie qu'il jugeait insuffisamment au point, voire perfectible, pour s'assurer du bonheur de ses clients. Une approche conservatrice, frileuse même, mais qui a largement contribué aux succès de la marque dans les enquêtes de satisfaction et de fiabilité.

Comme pour toute règle, on trouve une exception chez Toyota: la technologie hybride. Une innovation longtemps ridiculisée par la concurrence - on se rappellera qu'un dirigeant américain d'Audi l'avait étiquetée de «gimmick de marketing» - avant de faire l'unanimité comme l'une des avancées les plus efficaces pour réduire la consommation et la pollution. Depuis ce tour de force, rien. Toyota prépare pour les années à venir une offensive technologique musclée sur plusieurs fronts, dont celui du moteur à essence.

Soucieuse de réduire l'écart avec ses concurrents dont les motorisations thermiques affichent de meilleurs rendements, Toyota peaufine ses recettes. Au menu, réduction de la cylindrée, injection directe d'essence, suralimentation par turbocompresseur, dispositif de coupure automatique à l'arrêt, boîtes de vitesses comptant un plus grand nombre de rapports et allègement des châssis. Rien de révolutionnaire en soi, mais dans tous ces domaines, Toyota se trouvait à la remorque de - pratiquement - tous ses concurrents.

Parallèlement à ce déploiement, Toyota poursuit la mise au point et ses travaux dans le secteur de l'hydrogène, tâte aussi - sans grande conviction toutefois - de la voiture tout électrique. D'ailleurs, dans ce domaine, Toyota a récemment développé un moteur à essence dépourvu de vilebrequin susceptible d'agir comme un prolongateur d'autonomie des véhicules électriques, comme les dispositifs élaborés par GM (Volt, ELR), BMW (i3) ou encore Audi (A1). Bref, on ne réinvente rien, on peaufine.

VW sous les projecteurs

On parle beaucoup ces jours-ci de la fragilité du groupe Volkswagen en dehors de la Chine (le tiers de ses ventes est réalisé dans ce pays), de son ambition affichée de devenir le numéro un mondial de l'automobile en 2018 et aussi de son désir d'implanter une enseigne à bas prix.

Cette dernière ne sera probablement pas créée de toutes pièces (VW en détient déjà 12), mais plutôt en modifiant la vocation d'une filiale existante, en l'occurrence Seat. La marque espagnole représente - et de loin - le canard boiteux du groupe.