La technologie Hybrid-Air croule sous les prix et les distinctions, mais Peugeot-Citroën hésite. Présenté il y un peu plus d'un an au grand public, ce concept jumelle un moteur à essence à un accumulateur hydraulique qui stocke son énergie sous forme d'air comprimé.

Éric LeFrançois LA PRESSE

Pour les chercheurs du groupe PSA, cette approche offre de multiples avantages par rapport à un moteur hybride classique qui, comme on le sait, fait appel à un moteur électrique et à une lourde et coûteuse batterie pour l'alimenter.

Moins coûteux à réaliser - PSA se garde toutefois de chiffrer cette affirmation -, plus efficace puisqu'il récupère plus rapidement et intégralement l'énergie cinétique disponible. Celle-ci est ensuite réinjectée dans le système de propulsion, interrompant du même coup le travail du moteur à essence. Sur papier et sur la route (PSA a invité quelques journalistes à en faire l'essai la semaine dernière à Paris), cette technologie représente une avancée des plus intéressantes.

D'autant que les ingénieurs français estiment que la consommation d'un véhicule équipé de ce système pourrait être inférieure à 2 L/100 km (cycle européen) si le véhicule intègre l'ensemble des technologies offertes quant à la réduction de poids et de l'aérodynamique.

Voilà pour les fleurs. Le pot maintenant.

La taille de l'accumulateur ne permet pas d'emmagasiner autant d'énergie qu'une batterie, conséquemment, le moteur à essence se met en marche plus tôt que sur un hybride classique (essence-électrique). En apparence, cela ne semble pas très contraignant, mais le constructeur français s'en inquiète tout de même. De ces législateurs qui brandissent aujourd'hui la menace de faire des centres-villes des zones zéro émission.

Pour PSA, c'est clair, Hybrid-Air va couler l'examen faute de pouvoir garantir que les embouts d'échappement ne fumeront pas par moments.

Autre problème, plus délicat encore, l'industrialisation de ce concept. PSA se trouve à l'heure actuelle en pleine restructuration et en pleine tourmente, disent des collègues français à la suite de l'éviction de Thierry Peugeot du conseil de surveillance.

Malgré l'injection d'argent frais de l'État français et du constructeur automobile chinois Dongfeng au capital de PSA, Carlos Tavares, son président, a laissé entendre que le groupe n'avait pas les ressources financières pour mener seul ce propulseur sur les chaînes de montage.

On sait déjà que l'équipementier Bosch explore aussi un concept similaire, mais aucun constructeur n'a encore manifesté publiquement son intention d'investir dans cette technologie.

Le groupe PSA exposera les dernières avancées de l'Hybrid-Air au Mondial de l'auto de Paris qui se déroulera en octobre.