Francfort, Tokyo ou Los Angeles. Partout où elle tient salon, l'automobile klaxonne ses pseudo-nouveautés (elles s'affichent régulièrement sur l'internet avant la présentation), ses préoccupations environnementales. Oui, l'automobile promet beaucoup. Mais à la réflexion, elle offre encore trop peu.

Éric Lefrançois LA PRESSE

Au salon de Los Angeles, l'automobile s'affiche - naturellement - en vert. Comme à tous les autres salons. La limitation des émissions de CO2, l'économie de carburant et la mise au point de technologies permettant de construire des voitures plus «propres» sont au coeur de toutes les communications. Ça donne bonne conscience à l'industrie; ça rassure aussi les législateurs, disent les mauvaises langues. Et le consommateur? Il s'en fout un peu.

Voilà bien l'ennui avec l'industrie automobile: elle nous titille avec de nouvelles avancées techniques. Hélas, ce ne sont que des promesses pour demain. Prenez le cas de la voiture électrique, par exemple. Les RAV4 Electric de Toyota, 500e de Fiat et Fit Electric de Honda ne font carrière qu'en Californie.

De vieilles idées ressassées

Hormis le lancement nord-américain de l'i3, une voiture électrique, Los Angeles a été le théâtre de la «renaissance» de la pile combustible avec Honda et Hyundai. Voilà une - autre - idée qui va mettre du temps à se concrétiser et dont l'impact positif pour l'environnement ne se fera sans doute pas sentir avant une bonne dizaine d'années.

L'industrie automobile n'est visiblement pas à court de solutions, mais il y a tout lieu de se demander si les règles imposées et fixées par les législateurs ne sont pas trop bornées. Cette quête du «zéro émission» polluante doit certes demeurer l'objectif central, mais d'ici son atteinte, il y a d'autres astuces qui existent pour diminuer la pollution. Déjà, plusieurs constructeurs appliquent ces solutions. Par exemple, l'utilisation d'une assistance électrique de la direction ou encore d'un système de freinage à récupération d'énergie. Ces deux technologies permettent toutes deux de réduire la consommation de carburant.

Il en va de même pour la coupure automatique du moteur à l'arrêt qui, comme son nom l'indique, permet de couper l'arrivée d'essence lorsque le véhicule est immobilisé dans la circulation. Une brillante idée, mais «les consommateurs américains n'aiment pas cette solution», me souffle à l'oreille un représentant de Mercedes-Benz. «D'ailleurs, ajoute-t-il, ce n'est pas pour rien qu'il existe un commutateur qui permet de le désactiver.»

Et si on imposait aux constructeurs de retirer ce bouton, la planète ne s'en porterait que mieux, non? Alors pourquoi les législateurs n'exigent-ils pas de l'industrie qu'elle munisse l'ensemble de ses produits d'un pareil dispositif? Et pendant que nous sommes sous le capot, pourquoi aussi serait-il impensable de doter tous les moteurs d'un système de désactivation des cylindres?

Ces deux technologies existent. Pourquoi barder les modèles actuels de choses parfois futiles et ne pas concentrer les efforts sur la réduction de la consommation et des émissions? Et, un coup parti, pourquoi ne pas augmenter le prix du gallon d'essence? Celui-ci s'affichait à 3,54 $ à Los Angeles la semaine dernière.