La Fédération américaine a tenu une conférence sur le sujet l'automne dernier, où elle a proposé que les jantes ou les essieux des voitures hybrides soient équipées d'une structure émettant un bruit éolien de niveau comparable à celui d'un moteur à essence. Cette semaine, le Wall Street Journal a calculé qu'une hybride accélérant grâce à son moteur électrique peut faire seulement 53 décibels, à peine plus qu'une conversation à la maison. En comparaison, le bruit dans une rue achalandée atteint généralement 90 décibels.

Mathieu Perreault
Mathieu Perreault

La Fédération américaine a tenu une conférence sur le sujet l'automne dernier, où elle a proposé que les jantes ou les essieux des voitures hybrides soient équipées d'une structure émettant un bruit éolien de niveau comparable à celui d'un moteur à essence. Cette semaine, le Wall Street Journal a calculé qu'une hybride accélérant grâce à son moteur électrique peut faire seulement 53 décibels, à peine plus qu'une conversation à la maison. En comparaison, le bruit dans une rue achalandée atteint généralement 90 décibels.

«Nous avons reçu plusieurs rapports d'aveugles qui ont failli se faire écraser par des voitures hybrides, parce qu'ils ne les avaient pas entendues», explique Chris Danielsen, de la Fédération américaine. «Dans un cas, c'est le chien de l'aveugle qui l'a tiré hors de la rue à la dernière minute. Heureusement, personne ne semble être mort pour le moment. Mais les hybrides ne constituent que 1% des automobiles. Le risque sera beaucoup plus grand quand la moitié des voitures seront hybrides.»

M. Danielsen a lui-même participé à un test durant la conférence de l'automne dernier. «Nous devions lever la main quand nous entendions les voitures.

Avec une Toyota Prius, quand j'ai levé la main, elle se trouvait au même niveau que moi. Si j'avais été dans son chemin, je me serais fait écraser.»

Les constructeurs automobiles ne sont pas au courant du problème, selon le Wall Street Journal, qui a contacté des porte-parole de Toyota et de l'Alliance des fabricants d'automobiles. Le président d'un club californien de propriétaires de Prius a quant à lui expliqué au quotidien new-yorkais que les aveugles ne couraient aucun risque: les conducteurs d'hybrides sont généralement écolos, et donc plus sensibles que la moyenne envers autrui, y compris envers les piétons aveugles.

«Nous voulons que les constructeurs trouvent leurs propres solutions, indique M. Danielsen. Nous ne sommes pas des ingénieurs. Les mécanismes que nous avons proposés servaient simplement à montrer que les solutions ne seront pas coûteuses. Si rien n'est fait, il faudra peut-être que les aveugles se promènent avec des détecteurs de mouvements calibrés sur les gros objets comme les voitures. Mais ça serait une solution qui ferait porter l'essentiel du coût aux aveugles. Ça ne serait pas juste.»

Au Regroupement des aveugles et amblyopes du Montréal métropolitain, le responsable des communications Serge Poulin a pris connaissance de ce problème dans une revue spécialisée. Mais il n'a pas entendu parler de cas québécois.

«C'est sûr que le bruit des voitures est très important pour les aveugles, dit M. Poulin. On se fie à cet indice à chaque fois qu'on traverse. Déjà, il y a des problèmes avec les skate-boards et les patins à roulettes. Avec les hybrides en plus, ça complique les choses.»