Impossible dans les conditions climatiques actuelles de goûter aux charmes de la conduite plein air de ce coupé-cabriolet. Il fait froid et les nombreux craquements émanant du toit se multiplient pour nous le rappeler.

Éric Lefrançois
Éric Lefrançois COLLABORATION SPéCIALE

Impossible dans les conditions climatiques actuelles de goûter aux charmes de la conduite plein air de ce coupé-cabriolet. Il fait froid et les nombreux craquements émanant du toit se multiplient pour nous le rappeler.

Dotée d'une direction douce et précise, d'un châssis sain et équilibré (train avant et empattement de Rabbit et essieu arrière de Passat), l'Eos fait preuve d'un comportement équilibré. Bien amorti, rassurant avant tout, relativement confortable en suspension, malgré sa suspension sport (une option incluse dans un groupe vendu 3855 $). Sur mauvaise route, seules quelques remontées parasites viennent secouer la colonne de direction qui autrement permet de ciseler avec précision les trajectoires, mais sans plus.

Efficace en virages et peu sujette au roulis, l'Eos paraît en ville, surtout, plus maniable que ne laisse entendre certaines données du constructeur. Elle vire court et se gare aisément. Il n'y a que les manoeuvres en marche arrière qui peuvent poser problème en raison de la protubérance de la partie arrière, mais VW a tout prévu. Une aide électronique au stationnement est proposée moyennant supplément (350 $).

Contrairement à nos voisins du sud qui peuvent bénéficier d'une mécanique six-cylindres, l'Eos est vendue au Canada avec le seul quatre-cylindres 2 litres suralimenté par turbocompresseur. Robuste, extrêmement souple à bas régime, nerveux tout en étant progressif, ce moteur ne manque pas de coeur, mais de jambes pour se mettre en train. Par chance, l'excellente transmission semi-automatique à six rapports à double embrayage sauve la mise surtout au chapitre des reprises et donne à cette voiture un peu de tonus. En fait, même équipée de pneus d'hiver, l'Eos se «relance», selon nos mesures, plus rapidement que la Pontiac G6 GTP coupé-cabriolet essayée dans ces pages à la fin de l'été dernier.

Rayon de soleil dans une gamme appelée à se métamorphoser au cours des prochains mois (arrivée d'une fourgonnette issue d'une collaboration avec DaimlerChrysler, d'un utilitaire compact et d'un coupé), l'Eos marquera-t-elle le début d'un temps nouveau chez le constructeur allemand? Et le magistral ballet de son toit nous fera-t-il oublier la fiabilité parfois douteuse des créations antérieures de Volkswagen?

Courriel: Pour joindre notre collaborateur : eric.lefrancois@lapresse.ca

Une autre année de plus à attendre avant de voir débarquer cette calandre en V et ces yeux de chouette dans nos parages. Et maintenant? Reste à attendre l'été pour goûter pleinement à ses charmes.

Volkswagen ose. Jamais constructeur automobile n'avait jusqu'ici accompli une cinématique aussi compliquée. Pour se démarquer des autres, le système d'ouverture, développé chez le spécialiste Webasto, divise le toit en cinq parties. Et plier en sandwich de grands morceaux de tôles et de verre dans le coffre à bagages représente une prouesse technique plus complexe qu'elle n'y parait et requiert une machinerie de moteurs électriques et de vérins qui, on le souhaite, résisteront à l'épreuve du temps.

Pourquoi cinq et non pas trois comme les autres? Pour ne pas compromettre l'élégance de la ligne et offrir, en configuration coupé, un grand toit vitré. Un cas unique et assurément l'un des principaux atouts de cette allemande dans la mesure que l'on peut occulter la lumière au besoin par un velum, et aérer l'habitacle sans nécessairement rouler décapoté. Un atout, et ce n'est pas le seul : une fois découverte, la Volkswagen se distingue par son pare-brise plus court et moins arqué que sur les autres cabriolets à toit dur. L'accès à bord est grandement facilité.

Il faut trente secondes pour que le toit vienne se ranger automatiquement dans le coffre. Une manoeuvre spectaculaire qui ne s'apprécie que par température clémente. En effet, dès que la température extérieure affiche -5C, un capteur refuse au toit le droit de se couvrir ou de se découvrir. En revanche, peu importe les conditions climatiques, le toit ouvrant, lui, fonctionne.

C'est donc à l'intérieur d'un garage que nous avons pu observer le bon fonctionnement de la cinématique de toit et du coffre. Le couvercle de ce dernier s'ouvre de façon classique pour les bagages, mais aussi de l'avant vers l'arrière pour y replier le toit. Tout cela fonctionne électriquement, ce qui risque fort d'attirer des regards étonnés au premier rayon de soleil. Ou aux premières gouttes de pluie, avec, en prime pour les occupants, la satisfaction d'être mieux abrités encore.

Un petit déflecteur intégré au sommet du pare-brise permet, toit ouvert, de limiter les remous d'air. Superbe. Mais cette architecture se paie dans l'habitacle : comme les arches viennent s'encastrer dans les flancs, juste derrière les portes avant, les places arrière sont pénalisées en largeur. Là où une Pontiac G6 coupé-cabriolet offre 1137 mm, l'Eos n'affiche que 1055 mm. En plus, les occupants de la -symbolique - banquette se trouvent décalés par rapport aux baquets avant : pas facile de glisser ses pieds. En outre, l'Eos propose moins d'espace aux jambes que l'américaine (-43 mm), mais des dossiers plus confortables grâce à une posture moins verticale. On comprend pourquoi lorsque le toit se remet en place (configuration coupé), les passagers arrière, même de taille moyenne, voyagent la tête appuyée contre le pavillon... À l'avant, on dispose sensiblement du même espace vital qu'à bord de sa concurrente américaine. En revanche, à notre grand étonnement, le volume du coffre n'est nullement handicapé par les dimensions plutôt compactes de cette Volkswagen. Selon les données du constructeur, une fois le toit en place, on dispose de l'équivalent de 187 litres de volume utile. À titre de comparaison, une Pontiac G6 dotée d'un toit rétractable n'offre que 63 litres. La largeur est tout de même plutôt réduite à l'intérieur du coffre de l'allemande. Pas facile non plus d'y accéder car lorsque le couvre-chef occupe une partie de l'espace (lire en configuration cabriolet), l'ouverture n'excède pas 200 mm de haut. Il est possible de transporter de longs objets (une paire ou deux de skis par exemple), mais il faut préalablement débourser 250 $ pour qu'une ouverture soit pratiquée entre les deux baquets arrière.

L'Eos séduit davantage par le soin apporté à sa présentation qui, hélas, est aussi fade qu'une pluie de novembre. Ce n'est pas la grande émotion, mais la sensation dominante est celle d'un grand sérieux. Comme ses concurrents, Volkswagen se contente de puiser dans le réservoir de pièces existantes. L'allemande consent toutefois à de petits efforts. On reconnaît bien le tableau de bord de la Rabbit, mais les aérateurs enrobés de chrome, sont nouveaux, tandis que les contre-portes sont redessinées. La finition rassure, l'ergonomie s'avère satisfaisante et les baquets avant, quoique fermes, soutiennent bien le corps et sont réglables en hauteur comme en appui lombaire. De quoi parachever une position de conduite ajustée aux petits oignons.

L'équipement pour sa part, apparaît satisfaisant. Le changeur de CD loge dans l'accoudoir avant et un bouton permet d'avancer ou de reculer les sièges avant pour faciliter l'accès ou la sortie des occupants des places arrière.

Où est le soleil?