Cette tendance s'expliquerait ainsi : le nombre de baby-boomers qui vont passer l'hiver dans le Sud ne cesse de croître, et les retraités de longue date s'y rendent à un âge de plus en plus avancé. Mais surtout, parcourir 2500 km d'autoroute à travers sept ou huit États américains avant de pouvoir s'offrir le soleil de la péninsule floridienne intéresse de moins en moins les Québécois.

Stéphane Champagne
Stéphane Champagne COLLABORATION SPéCIALE

Cette tendance s'expliquerait ainsi : le nombre de baby-boomers qui vont passer l'hiver dans le Sud ne cesse de croître, et les retraités de longue date s'y rendent à un âge de plus en plus avancé. Mais surtout, parcourir 2500 km d'autoroute à travers sept ou huit États américains avant de pouvoir s'offrir le soleil de la péninsule floridienne intéresse de moins en moins les Québécois.

Évidemment, il faut être prêt à débourser entre 1000 $ et 1600 $ (et même parfois davantage) pour qu'on vienne livrer votre voiture à la porte de votre condo ou de votre maison mobile. Et à ce prix-là, on ne parle que d'un aller simple.

«Quand tu regardes ça comme il faut, ce n'est pas si cher que ça. C'est 2500 km de moins au compteur, tu n'as pas à dormir deux nuits dans un motel, tu n'as pas d'essence ni de repas au restaurant à payer. Tu ne stresses pas sur la route et s'il y a une tempête de neige, tu l'évites», explique Claude Létourneau, un snowbird de longue date qui a décidé, pour la première fois de sa vie, de faire transporter sa voiture. Dans ce cas, une rutilante Buick Rainier. Ironie du sort, le camion qui transportait le véhicule utilitaire sport de M. Létourneau a justement rencontré une tempête de neige en cours de route.

Rien que dans la grande région de Montréal, près d'une dizaine d'entreprises offrent le transport de véhicule. De la petite entreprise familiale, à la multinationale qui peut aussi envoyer votre voiture par bateau jusqu'à Hong-Kong si vous le désirez. Les entreprises interrogées sont catégoriques : les demandes de transport de véhicules vers la Floride gagnent en popularité d'année en année.

«Nous, ça fait cinq ans qu'on offre le service et je dirais que ça augmente facilement de 5 % par année. Nous nous occupons maintenant d'environ 1000 véhicules à l'aller et au retour», explique Benoît Laporte, de Transport d'auto Élégance, à Laval.

Richard Laberge, propriétaire de Transport A. Laberge de Mont-Saint-Grégoire, avoue devoir refuser des clients. «J'en aurais facilement 1100, dit-il, mais je me limite à 800 parce que je ne veux pas perdre mes autres clients qui me donnent du travail toute l'année.» Selon M. Laberge, ce ne sont pas des frais de transport de 1200 $ qui vont décourager ceux qui cajolent leur voiture. «Les baby-boomers et les retraités québécois ont les moyens de leurs caprices», lance-t-il à la blague.

SeaRail peut également transporter votre véhicule par train. Les frais exigés seraient toutefois un peu plus élevés.

Transitaire Hansen's, une entreprise pancanadienne, confirme elle aussi que la demande est à la hausse. «À partir de septembre, nous avons un camion qui part pour la Floride toutes les semaines. C'est un marché qui augmente tous les ans», affirme Angela, affectée au service à la clientèle.

Selon elle, d'autres tendances se dessinent. «De plus en plus de gens, dit-elle, font transporter leur voiture jusqu'à Vancouver. De là, ils vont passer leurs vacances en Californie ou descendent jusqu'en Arizona.»

Anecdote : les douaniers américains doutent souvent de l'âge des propriétaires du véhicule qui traverse la frontière canadienne. «Les douaniers, explique l'employée de Hansen's, voient la photo de gens de 55 ans sur leur passeport et ils ont de la difficulté à croire que ces gens-là s'en vont passer tout l'hiver en Floride. Pour eux, un snowbird c'est quelqu'un de 65 ans et plus.»

Par ailleurs, le CAA-Québec conseille fortement aux gens désireux d'utiliser ce type de service de faire appel à une entreprise reconnue et qui, surtout, a pignon sur rue.

Il faut également se faire confirmer que le transporteur possède les assurances requises. Enfin, il est bon de faire augmenter la valeur de ses propres assurances.