Et pour clore ce festin automobile, de la musique. Celle du V12 de la Ferrari 275 GTB Competizione Speciale 1965 aux couleurs Francorchamps. Le premier coup de démarreur dure quelques secondes, le temps d'actionner la pompe électrique qui remplit les six carburateurs Weber du gros V12. Au deuxième coup, le toussotement de quelques cylindres signale le réveil imminent de la bête. Au troisième coup, la grand messe, Wagner et La charge des Walkyries, le feu d'artifice! Les 12 cylindres enfin réveillés crachent leur musique d'enfer par les quatre trompettes débouchant sous les portes. Quelques coups d'accélérateur, question d'envoûter la foule, et l'heureux propriétaire, un vénérable enfant de 80 ans, émerge tout en sueur de la diva à la robe jaune qui vient de terminer son bref concert mécanique.

Alain Raymond COLLABORATION SPéCIALE

Et pour clore ce festin automobile, de la musique. Celle du V12 de la Ferrari 275 GTB Competizione Speciale 1965 aux couleurs Francorchamps. Le premier coup de démarreur dure quelques secondes, le temps d'actionner la pompe électrique qui remplit les six carburateurs Weber du gros V12. Au deuxième coup, le toussotement de quelques cylindres signale le réveil imminent de la bête. Au troisième coup, la grand messe, Wagner et La charge des Walkyries, le feu d'artifice! Les 12 cylindres enfin réveillés crachent leur musique d'enfer par les quatre trompettes débouchant sous les portes. Quelques coups d'accélérateur, question d'envoûter la foule, et l'heureux propriétaire, un vénérable enfant de 80 ans, émerge tout en sueur de la diva à la robe jaune qui vient de terminer son bref concert mécanique.

Le silence soudainement assourdissant est brisé par les applaudissements nourris du public, comme si nous venions d'entendre Pavarotti entonner l'immortel Nessum Dorma.

Grazie Cavallino!

Dans ce musée en plein air, à quelques pas des vagues de l'océan Atlantique, se tient tous les ans l'un des plus grands rassemblements de Ferrari de la planète. Le rouge qui tranche si bien avec le vert des plates-bandes luxuriantes est évidemment de rigueur. Mais çà et là, quelques jaunes de l'Écurie Francorchamps, de rares bleus de France et l'occasionnel gris métallique, plus teutonique que latin.

Nous sommes au Concorso d'Eleganza du 16e Cavallino Classic qui se tient tous les ans à Palm Beach, en Floride, sur les terrains du luxueux hôtel The Breakers. Ce concours d'élégance est organisé par le magazine Cavallino, une publication de prestige qui diffuse depuis 28 ans la «parole sacrée» aux aficionados de la marque de Maranello (www.cavallino.com).

Ferraristes fortunés et starlettes bien tournées côtoient les habitués de Maranello ainsi que les simples amateurs venus admirer cette remarquable collection de voitures provenant non seulement des États-Unis, mais aussi d'Amérique latine, du Canada et d'Europe. À les voir ainsi réunies, on se rend compte à quel point la maison de Modène est prolifique. En 60 ans, Ferrari a présenté plus de 250 modèles, tous construits en nombres plus ou moins restreints, sans compter les monoplaces de course. Cette prolifération de modèles s'accompagne d'une grande variété de formes qui témoignent de la créativité débordante des carrossiers et designers italiens en quête constante de beauté esthétique au service de la pureté aérodynamique. Ici, le générique cède la place à la variété et l'on découvre, côte à côte, les sensuels pontons d'une 250 Testa Rossa habillée par Scaglietti et l'élégance intemporelle d'une exclusive 212 Inter noire et crème signée Vignale.

Mais cette année, tous les regards sont tournés vers l'aïeule, l'exquise Ferrari 166 carrossée par Touring, la première véritable Ferrari de route qui célèbre donc ses 60 printemps. Le public adoratif a ainsi droit à plusieurs 166, des barquettes, des berlinettes et une incroyable 166 bleue «dans son jus», à la peinture amplement craquelée par le temps.

En vedette aussi, l'étonnante 250 TR, dont un magnifique exemplaire appartenant à un collectionneur mexicain. Née en 1957, la Testa Rossa souffle cette année ses 50 bougies.

Plus près de nous et témoignant de la maestria technologique de Ferrari, quelques redoutables F40, créées en 1987 pour le 50e anniversaire de la marque et le 89e de son fondateur (Enzo est décédé un an plus tard, en 1988). Ici, fibre de carbone, Kevlar et magnésium se mêlent aux cuirs fins de l'habitacle et de la valise spécialement conçue pour meubler le coffre avant de la bête.