Voilà pourquoi, malgré une hausse de 300 millions de dollars de l'excédent commercial à hauteur de 4,98 milliards de dollars au cours du dernier mois de l'année, le solde des échanges internationaux du Canada aura été l'an dernier le plus faible depuis 1999, indiquait hier Statistique Canada.

Rudy Le Cours

Voilà pourquoi, malgré une hausse de 300 millions de dollars de l'excédent commercial à hauteur de 4,98 milliards de dollars au cours du dernier mois de l'année, le solde des échanges internationaux du Canada aura été l'an dernier le plus faible depuis 1999, indiquait hier Statistique Canada.

À hauteur de 53,6 milliards, le surplus équivaut tout de même à 3,7% de la taille de notre économie exprimée en dollars courants. En comparaison, le déficit abyssal de 763,6 milliards US des États-Unis représente 5,8% de son économie.

Les résultats canadiens et américains de fin d'année ont étonné quelque peu les experts des deux côtés de la frontière. Surprise au nord, déception au sud, il n'en fallait pas davantage pour tonifier le huard qui a gagné 66 centièmes contre le billet vert et terminé la séance à hauteur de 85,74 cents US.

Si les Américains sont incapables de limiter leurs déficits, leur monnaie se remettra à faiblir à moyen terme.

En décembre, la valeur des ventes de marchandises canadiennes à l'étranger a progressé de 3,8% alors que celle des biens achetés outre-frontière progressait de 3,6%. Le surplus de tout près de 5 milliards était le meilleur des 10 derniers mois.

L'approvisionnement des concessionnaires américains en nouveaux modèles s'est poursuivi en fin d'année, ce qui a propulsé les expéditions à l'étranger du secteur automobile de 8,4%. Il s'agissait de la troisième hausse mensuelle d'affilée, mais il ne faudrait pas en conclure que le pire est passé dans cette industrie qui vit des changements structurels.

«En janvier aux États-Unis, la production automobile a ralenti, note en entrevue Stéfane Marion, de la Financière Banque Nationale. Comme la production est intégrée à l'échelle du continent, cela va se répercuter sur l'industrie canadienne.»

Heureusement, les autres grands secteurs progressaient aussi: biens industriels, agricoles, forestiers ont montré du tonus alors que celui des machines et équipement, le plus important en valeur en 2006, parvenait à se maintenir.

Le surplus est d'autant plus impressionnant qu'il se matérialise au moment où les importations canadiennes ont atteint un sommet de 35,4 milliards. En décembre, les Canadiens se sont montrés friands de tout. Les achats de machinerie et d'équipement étrangers ont dépassé la barre des 10 milliards pour la première fois depuis novembre 2000.

«C'est de bon augure, se réjouit David Tulk, économiste chez Banque TD Groupe financier. Les usines canadiennes tirent profit d'un dollar canadien fort pour s'équiper afin d'accroître leur productivité.»

Exprimé en volume, la balance commerciale s'est nettement redressée au quatrième trimestre au point où elle pourrait avoir contribué à la croissance pour la première fois en cinq trimestres. «Dans l'ensemble et compte tenu des données révisées, la performance du secteur canadien des exportations paraît meilleure qu'on ne l'avait cru», résume Marc Lévesque, stratège en chef chez TD Valeurs mobilières.

2006, un millésime de transition

L'an dernier, tant la valeur des importations que des exportations a atteint des sommets, témoignant de la vitalité de l'économie canadienne. La progression près de quatre fois plus rapide des achats à l'étranger a grugé cependant l'excédent.

Les ventes à l'étranger ont progressé même si les États-Unis ont moins acheté de biens canadiens pour la première fois en trois ans.

Le Canada vend donc plus ailleurs, en fait un peu plus partout ce qui lui a permis de réduire son déficit commercial auprès des pays de l'Union européenne et des autres membres de l'Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) en particulier.

Le repli des ventes aux États-Unis s'explique à la fois par le recul des ventes d'énergie, de gaz naturel en particulier, et par la présence de plus en forte de la Chine sur le marché américain. L'empire du Milieu a doublé l'an dernier le Mexique comme deuxième partenaire commercial des États-Unis et se rapproche rapidement du Canada.

Outre les produits énergétiques, le Canada a aussi moins vendu à l'étranger des produits forestiers et de l'automobile que les Américains achètent en abondance depuis des années. En revanche, les expéditions de biens industriels et de machinerie ont fortement progressé.

Du côté des importations, seuls les produits forestiers accusent une baisse.