Le régulateur de vitesse est un accessoire qui s'est propagé à la vitesse de l'éclair dans l'industrie automobile. On le retrouve aujourd'hui dans tous les types de véhicules, du gros VUS de luxe à la petite sous-compacte deux portes. Mais ce n'est pas fini. La prochaine génération du régulateur pourrait être plus qu'une commodité : il pourrait sauver des vies.

Alain McKenna COLLABORATION SPéCIALE

Le régulateur de vitesse est un accessoire qui s'est propagé à la vitesse de l'éclair dans l'industrie automobile. On le retrouve aujourd'hui dans tous les types de véhicules, du gros VUS de luxe à la petite sous-compacte deux portes. Mais ce n'est pas fini. La prochaine génération du régulateur pourrait être plus qu'une commodité : il pourrait sauver des vies.

Il y a le régulateur de vitesse traditionnel, celui qu'on active à la pression d'un bouton et qui tente de garder la vitesse du véhicule, déterminée par le conducteur, aussi constante que possible. Dans les conditions idéales (lire : quand il n'y a aucun autre véhicule en vue), cet accessoire est utile pour économiser un peu de carburant, en limitant les variations de la vitesse du véhicule et, du même coup, du régime du moteur.

Il adoucit aussi la conduite de certains automobilistes qui, le pied nerveux, accélèrent, ralentissent, accélèrent à nouveau.

En réalité, l'utilité du régulateur de vitesse est grandement limitée par la présence devant soi d'autres véhicules moins rapides. Il faut alors le désactiver et adapter sa vitesse à celle de la circulation environnante.

Comble de la paresse, il existe depuis quelques années un nouveau type de régulateur, que les as du marketing de l'industrie automobile ont pompeusement surnommé le «régulateur de vitesse intelligent». À l'aide d'un capteur radar dissimulé dans le pare-chocs avant de la voiture et d'un processeur électronique, ce régulateur est en mesure de détecter la présence et, mieux encore, la vitesse du véhicule qui le précède, afin d'ajuster la vitesse de son propre véhicule pour garder une distance sécuritaire en tout temps. Certains systèmes utilisent un signal laser au lieu d'un signal radar.

Ce type d'appareil est présentement offert par plusieurs marques haut de gamme : GM, Honda, Nissan, Toyota et Volkswagen.

Plusieurs voient cette évolution comme un pas de plus vers la voiture entièrement automatisée. Après le régulateur de vitesse, le pilote automatique ? Pas si sûr. Passer d'une voiture qui ralentit en présence d'un objet devant lui à une voiture qui se dirige toute seule demande de tenir compte d'un nombre bien plus important de facteurs qu'on peut le penser au premier abord.

Plus qu'une commodité

Néanmoins, le potentiel d'un système de la trempe du régulateur de vitesse adaptatif est grand, tant du côté de la sécurité active que passive. La sécurité active comprend les dispositifs de sécurité qui permettent d'identifier les risques d'accident avant qu'ils ne se produisent. Par opposition, la sécurité passive tente de minimiser les dégâts une fois qu'il y a impact.

À ce jour, au moins deux constructeurs automobiles utilisent ces nouveaux systèmes dans la sécurité de certains de leurs produits. Il s'agit de Mercedes-Benz et de Lexus. La Mercedes-Benz Classe S, par exemple, est munie de trois systèmes de sécurité (appelés «Pre-Safe») opérant ensemble à partir des données recueillies par le radar frontal.

Si la voiture est trop près du véhicule qui la précède, ou si elle s'approche trop rapidement de ce dernier, un signal avertit le conducteur afin qu'il corrige la situation. Advenant le cas où il ne réagit pas immédiatement, un contrôleur électronique calcule quelle force de freinage sera nécessaire afin d'éviter la collision et la mettra en application dès que le conducteur touchera à la pédale de frein, même s'il n'appuie pas à fond.

Le second système ajoute à cette précaution un freinage automatique équivalent à environ 40 % de la force maximale, si une collision est sur le point de se produire. Sans pression de la pédale. Dans ses essais, Mercedes-Benz a découvert que cela réduisait substantiellement le nombre de collisions frontales et, incidemment, les risques de blessures des passagers.

Enfin, un troisième système tente de minimiser les dommages aux occupants en cas de collision. C'est là qu'on passe à la sécurité passive : si la voiture ralentit brutalement, le système tend les ceintures et gonfle le coussin des sièges afin de retenir les passagers, tant à l'avant qu'à l'arrière.

Le système de Lexus, appelé «Pre-collision system», ou PCS, fonctionne de façon similaire. Dans les deux cas, ils accroissent sensiblement le niveau de sécurité de l'automobile dans des situations critiques. Sans doute que les autres grands constructeurs d'automobiles suivront cette voie sous peu.