Chaque année, 1500 villes de la planète, dans une quarantaine de pays, participent au «Car Free Day». L'utilité de cette manifestation varie considérablement d'une nation à l'autre, car le nombre de véhicules est très différent selon les continents.

Ludovic Hirtzmann COLLABORATION SPéCIALE

Chaque année, 1500 villes de la planète, dans une quarantaine de pays, participent au «Car Free Day». L'utilité de cette manifestation varie considérablement d'une nation à l'autre, car le nombre de véhicules est très différent selon les continents.

Ainsi, une étude de l'UQAM sur les transports en commun souligne: «En 1981, les 59 pays les plus pauvres du monde représentant plus de 60% de la population du globe possédaient moins de voitures que les résidents de Los Angeles». Les choses n'ont guère changé.

L'Europe, initiatrice du projet de Journée sans voitures n'est pas à l'abri des disparités, puisqu'à l'intérieur même de l'Union européenne, le parc automobile est très éclectique. Alors que l'on dénombrait plus de 581 automobiles pour 1000 habitants en Italie, il n'y en avait que 222 en Slovaquie.

Sur le Vieux continent, c'est au Luxembourg qu'il y a le plus d'automobiles, près de deux fois plus qu'en Pologne. L'augmentation du nombre de voitures depuis la chute du Mur de Berlin est cependant considérable dans les ex nations communistes d'Europe de l'Est. Pourtant, avec 759 autos pour 1000 habitants, les États-Unis demeurent champions toutes catégories. Au Québec, toujours selon l'étude de l'UQAM précitée, il y aurait 504 voitures pour 1000 habitants.

Moins de voitures à Montréal

Plus surprenant, c'est dans l'île de Montréal que l'on note le plus faible ratio d'autos par habitant au Québec, soit 395 autos par 1000 habitants en 1998. Pour autant, si l'on en croit le Ministère des transports du Québec, d'ici 2016, le nombre des déplacements en automobile devrait augmenter de plus de deux millions par jour, soit une croissance de 25%.

Dans certains pays, le nombre d'automobiles est proportionnel à la faiblesse des infrastructures. En Afrique, au Burkina Faso, moins d'un tiers des routes sont pavées. En Ouganda, la plupart des voitures que l'on croise sont des voitures d'occasion importées du Japon conduites par des étrangers et que l'on dénombre sur les doigts de la main dès que l'on quitte la capitale Kampala. En Israël, si l'on enlève les véhicules militaires, il ne reste plus que 310 voitures particulières par 1000 habitants, selon le site web Israël Valley.

Au Tibet, l'Agence de presse officielle chinoise révèle qu'il y a 50 ans, la capitale chinoise Lhassa ne comptait qu'une voiture, d'origine britannique, celle du Dalaï-lama. Depuis, leur nombre a explosé pour atteindre 60 000. Lhassa connaît ses premiers embouteillages, bien qu'il n'y ait encore qu'une voiture pour 13 habitants.

L'évolution est tout aussi vraie en Chine. Tous ceux qui sont allés en Chine à la fin des années 1980 se souviennent alors de l'absence quasi-totale de voitures. Selon le site Internet lesvoitureschinoises.com, alors que l'on comptait environ 820 000 autos dans la République populaire de Chine en 1990, il y en aurait 40 fois plus aujourd'hui. Dans la seule capitale chinoise, Pékin, il y a actuellement plus de trois millions d'automobiles.

À moins d'un an des Jeux olympiques, cela inquiète la municipalité qui a décidé d'interdire à 1,3 million de voitures de circuler pendant quatre jours en août dernier pour mesurer les conséquences sur la qualité de l'air. Dans une ville où 1000 nouveaux véhicules sont immatriculés chaque jour, cela n'augure rien de bon pour les athlètes. En 2000, la Chine a lancé sa propre journée sans voitures à Chengdu, ville d'une douzaine de millions d'habitants!