Les deux groupes ont signé mercredi à Pékin un accord de partenariat d'une durée de 25 ans en présence de leurs responsables.

AGENCE FRANCE-PRESSE

Les deux groupes ont signé mercredi à Pékin un accord de partenariat d'une durée de 25 ans en présence de leurs responsables.

«Cela prend du temps pour Chery d'entrer dans les marchés développés des États-Unis et d'Europe. Actuellement, nous n'avons pas assez de ressources pour bâtir un réseau commercial aussi développé (que celui de DaimlerChrysler)», a souligné Ying Tongyao, président de Chery.

«Nous espérons pouvoir éviter de répéter les erreurs d'autres constructeurs asiatiques», a-t-il ajouté.

Chrysler -- qui a encore plongé dans le rouge l'an dernier avec une perte d'exploitation de 1,1 milliard d'euros et qui va être cédé à un fonds d'investissement par sa maison mère, l'allemand DaimlerChrysler -- espère ainsi compenser à moindre frais un trou dans sa gamme, centrée sur les gros 4x4 et autres pick-ups.

Pour son patron Tom LaSorda, le partenariat avec Chery «aura un effet immédiat sur l'offre de Chrysler dans les segments des petites cylindrées».

«Ce partenariat stratégique fait partie d'une nouvelle stratégie qui nous permet d'introduire des produits entièrement nouveaux plus rapidement, avec moins d'investissement», a-t-il ajouté.

Selon l'accord, les voitures produites par Chery seront commercialisées sous la marque Dodge en Amérique du sud et en Europe de l'est d'ici un an puis en Amérique du nord d'ici deux ans, a indiqué LaSorda.

Chery, une société publique basée dans la province de l'Anhui (est), s'est considérablement développée depuis 1997, affichant en 2006 des ventes de 305.200 véhicules, en majorité en Chine et un objectif de 500.000 cette année, selon l'agence officielle Chine Nouvelle.

Pour Jerry Huang, analyste basé à Shanghai pour CSM Asia, ce partenariat «signe la montée d'une nouvelle puissance sur le long-terme, car l'industrie automobile chinoise offre une nouvelle option aux marques internationales de lancer de nouveaux produits à coûts réduits».

Daimler a décidé de se recentrer sur la marque allemande Mercedes et les poids lourds, mettant un point final à une des plus grosses fusions transatlantiques jamais réalisées dans le secteur industriel.

Après le rachat de Chrysler en 1998 et malgré les milliards d'euros engloutis, les Allemands n'ont jamais réussi à redresser véritablement la marque américaine.