L'Espagnol Jorge Lorenzo (Yamaha) a remporté dimanche son premier Grand Prix des États-Unis, disputé sur le circuit de Laguna Seca (Californie), devant l'Australien Casey Stoner (Ducati) et le phénomène italien Valentino Rossi (Yamaha).

Romain Raynaldy AGENCE FRANCE-PRESSE

Lorenzo, dorénavant largement en tête du championnat du monde avec 72 points d'avance sur Pedrosa, a fini par conjurer la malédiction qui l'avait fait chuter deux fois à Laguna Seca en deux participations (2008 en course et 2009 aux essais qualificatifs), et accroche un onzième succès à son palmarès en MotoGP, le sixième cette saison.

Ayant bouclé ses 32 tours en 43 min 54 sec 873/1000, avec plus de 3 secondes et demie d'avance sur Casey Stoner, Lorenzo s'est offert une petite mise en scène pour marquer sa victoire américaine.

Vêtu d'une combinaison argentée à la mode astronaute, il est venu planter un drapeau à son nom sur le «corkscrew» (le tire-bouchon), la partie la plus célèbre et la plus délicate du circuit, un étroit et spectaculaire gauche-droite en descente dont l'entrée se fait à l'aveuglette.

Pedrosa à terre

Sa victoire a cependant été favorisée par la chute au 11e tour de son compatriote et principal rival au Championnat, Dani Pedrosa (Honda), vainqueur en 2009 et qui faisait la course en tête depuis le départ.

«Dani freinait et accélérait tellement fort que je savais que si je le lui mettais la pression, peut-être qu'il ferait une erreur. Finalement (l'erreur) est arrivée, et après, ça a été beaucoup plus facile pour moi jusqu'à la fin», a d'ailleurs reconnu Lorenzo.

Laguna Seca «a été très douloureux pour moi les années précédentes, à cause de mes chutes. C'est pour cela qu'il était important pour moi de finir la course aujourd'hui», a-t-il rappelé.

Casey Stoner, pour sa part, ne cachait pas sa déception. «C'est vraiment dommage car je sentais bien la moto sur la plus grande partie du circuit, mais j'ai eu des problèmes avec l'avant (de la moto) sur deux virages», a-t-il dit.

Mais la victoire de Lorenzo, sur un circuit où l'habileté des pilotes est plus importante que la puissance des moteurs, a presque été éclipsée par le phénomène italien Valentino Rossi.

Rossi sur le podium

Moins de deux mois après sa double fracture à la jambe droite en Italie, le septuple champion du monde en MotoGP, vainqueur à Laguna Seca en 2008 et 2e en 2009, a réussi l'exploit, après sa belle quatrième place la semaine dernière en Allemagne, à se hisser sur le podium, à 13 sec 420/1000 de Lorenzo, en dépassant l'Italien Andrea Dovizioso (Honda) au 27e tour.

«C'était très important pour moi d'être de retour sur le podium aussi vite», a-t-il déclaré. «Cela n'a pas été simple, car ce circuit est l'un des plus difficiles physiquement, et j'ai pas mal souffert pendant les essais».

L'exploit a ému jusqu'aux programmateurs, qui ont par erreur lancé l'hymne italien pendant le cérémonie du podium, au lieu de l'espagnol...

Il s'agit de la 6e victoire cette saison de Lorenzo, 23 ans, et la 11e de sa carrière dans la catégorie reine.

Abstraction faite de la victoire du pilote Yamaha, les Espagnols n'étaient pas à la fête, dimanche, avec les chutes d'Alvaro Bautista (Suzuki), Dani Pedrosa (Honda) et Aleix Espargaro (Ducati), et l'abandon d'Hector Barbera (Ducati).

Ni Nicky Hayden (Ducati), vainqueur à Laguna Seca en 2005 et 2006, ni Ben Spies (Yamaha), pourtant trois fois vainqueur en superbike US sur cette piste, n'ont réussi à offrir un podium aux Etats-Unis. Les deux Américains se classent respectivement 5e et 6e, devant leur compatriote Colin Edwards (Yamaha), à la septième place.